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Le secrétaire au Trésor américain fait planer la menace d’un krach de Wall Street

Le secrétaire au Trésor américain fait planer la menace d’un krach de Wall Street

Alors que les indices battent chaque jour des records, Steve Mnuchin a enjoint le Congrès d’accélérer l’adoption de la réforme fiscale.

Votez les baisses d’impôts, sinon la Bourse va s’effondrer : voilà une menace qu’on ne risque pas d’entendre de la bouche d’un ministre de l’économie en France. « Il n’y a aucun doute sur le fait que la hausse des marchés actions s’explique par des attentes sur les baisses d’impôts et la réforme fiscale, a déclaré le secrétaire au Trésor américain, Steve Mnuchin, dans un entretien à Politico. Si la réforme passe, le marché continuera de grimper. Mais je suis sûr que si elle ne passe pas, vous allez voir une inversion significative de ces gains ». Un avertissement clairement destiné aux élus du Congrès, incapables de dégager le moindre consensus sur une réforme fiscale qui constitue la colonne vertébrale du programme de Trump.

Près de six mois se sont écoulés depuis que la Maison blanche a présenté la première mouture de ses baisses d’impôts, fin avril. Mais aucun texte n’a encore été rédigé par le Congrès, à qui il appartient aux Etats-Unis d’écrire les lois de finance en s’inspirant ou non des propositions de la Maison blanche.

Depuis la victoire de Trump, la perspective de baisses d’impôts massives, notamment pour les entreprises (dont l’impôt sur les sociétés serait ramené de 35 à 20 %) a clairement soutenu la progression de Wall Street. Trump salue d’ailleurs régulièrement les performances de la Bourse – l’indice S & P 500 a pris 20 % de puis les élections et le Dow Jones a passé le cap de 23.000 points mardi – s’attribuant la paternité de chaque nouveau record. « Les Etats-Unis ont gagné 5.200 milliards de dollars de capitalisation boursière depuis le jour de l’élection ! », a-t-il tweeté lundi. Mais d’autres facteurs contribuent à expliquer la hausse des marchés, dont les bons résultats des entreprises américaines, le dynamisme du marché de l’emploi, ou la politique monétaire de la Fed qui reste très accommodante.

Trente ans du « lundi noir » de 1987

Les propos du secrétaire au Trésor ont néanmoins trouvé un écho particulier à la veille de l’anniversaire du « Black monday », ce lundi noir d’octobre 1987 marqué par la chute de l’indice Dow Jones la plus importante de son histoire (-22,6 %) en une journée. A l’approche des trente ans du krach, les commentateurs jouent depuis quelques jours à se faire peur en imaginant que l’histoire puisse se répéter. Ce qui n’a sans doute pas échappé à Steve Mnuchin, ancien banquier chez Goldman, qui n’ignore pas non plus que la moitié des Américains possèdent des actions.

Après avoir promis que la réforme serait bouclée avant la fin de l’été, le secrétaire au Trésor s’est hasardé à prédire qu’elle serait adoptée avant la fin de l’année. Mais Trump lui-même fait désormais preuve de prudence. « J’aimerais bien qu’elle passe cette année, a-t-il admis lundi . Mais n’oubliez pas qu’il a fallu des années à l’administration Reagan pour réformer les impôts – moi je ne suis là que depuis neuf mois ».

Elsa Conesa
lesechos

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