jeudi 04 juin 2020
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Le secteur de l’éthanol en crise malgré la consommation de gel hydroalcoolique

Le secteur de l’éthanol en crise malgré la consommation de gel hydroalcoolique

Partout dans le monde les fabricants d’éthanol subissent de plein fouet l’effondrement de la demande pétrolière, lié au confinement, face au coronavirus. La consommation accrue de gel hydroalcoolique est très loin de compenser les pertes du secteur.

Les fabricants d’éthanol à base de sucre ou de céréales ont réorienté leur production pour aider les hôpitaux et les pharmacies à se fournir en gel hydroalcoolique, une denrée devenue rare depuis l’apparition du Covid-19. En France, un changement express de la réglementation a permis aux géants du sucre Tereos et Cristal Union de produire de l’alcool de qualité pharmaceutique à partir de leur sirop de sucre. Aux États-Unis les fabricants d’éthanol à base de maïs s’y sont mis à leur tour. Ils fournissent les usines de gel hydroalcoolique, dont la consommation a triplé dans le pays.

Les gels hydroalcooliques : 1 % seulement du marché de l’éthanol

Mais les quantités d’éthanol écoulées vers ce marché pharmaceutique sont négligeables par rapport à celui des biocarburants, qui lui, s’effondre. Les gels hydroalcooliques pèsent moins de 1 % sur le marché de l’éthanol. Ils n’empêchent donc pas le secteur de subir de plein fouet la quasi-disparition du trafic routier, face à l’épidémie.

Le trafic routier à l’arrêt pèse beaucoup plus

Étant donné que l’on a un minimum de 10 % d’éthanol dans l’essence selon les pays, on observe une chute de la consommation d’éthanol de 30 % en Europe, de 50 % au Brésil, de 65 % aux États-Unis, où le prix de l’éthanol est passé de 1,4 dollar le gallon à moins de 0,9 dollar en quelques semaines. Les stocks américains d’éthanol sont à leur plus haut niveau de l’histoire, l’équivalent de 25 millions de barils.

Fermetures probablement définitives d’usines

Le conflit commercial entre Washington et Pékin avait déjà porté un coup à ce secteur, avec la fin des exportations d’éthanol vers la Chine. La rupture de l’alliance entre l’Opep et la Russie avait ensuite entraîné le prix des carburants vers le bas. Le coronavirus provoque désormais la fermeture d’usines d’éthanol qui ne se relèveront pas.

Les cours du maïs en baisse contrairement aux autres céréales

À noter qu’en amont, les producteurs de maïs, la matière première de l’éthanol aux États-Unis sont les seuls à voir le cours de leur céréale piquer du nez à la bourse de Chicago, alors que les cours du blé et du soja redressent la tête face à une demande alimentaire mondiale en hausse.

rfi

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