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Le secteur industriel à l’arrêt : Bank Al-Maghrib a dévoilé les résultats d’une activité en stagnation

Le secteur industriel à l’arrêt : Bank Al-Maghrib a dévoilé les résultats d’une activité en stagnation

Dans sa note de conjoncture relative au mois de décembre dernier, Bank Al-Maghrib a révélé un secteur industriel dont l’ensemble des résultats marquent une stagnation. Exception faite des industries mécaniques et métallurgiques, qui ont vu leur taux d’utilisation des capacités (TUC) progresser de deux points pour se situer autour de 67%.

Secteur clé de l’industrie marocaine en représentant 42 % de l’emploi et 34 % du secteur manufacturier, l’industrie du «textile et cuir» se situe à hauteur de 73%. Les détails des ventes montrent une stagnation générale de l’industrie textile, un repli dans l’industrie du cuir et de la chaussure et une stagnation dans celle de l’habillement et des fourrures. En cause, la féroce concurrence asiatique malgré la proximité du pays avec l’Europe.

Le statut dont jouit le Maroc comme exportateur net, rendu possible notamment par la proximité des marchés européens, ainsi que le flux d’investissements en provenance du continent, participent fortement au bon résultat de l’industrie agroalimentaire marocaine que ce soit les biscuits, boissons, conserves, produits laitiers et dérivés, oléagineux, poissons et produits de mer, transformation de légumes et fruits. Cependant, Bank Al-Maghrib dévoile un TUC qui s’est stabilisé à hauteur de 68 %, et ce en dépit des bonnes cadences de vente à l’étranger.

Concernant les branches chimiques et para-chimiques, elles éprouvent beaucoup de difficulté à améliorer les résultats de leurs activités. La note de conjoncture dévoile une stagnation de ces expéditions tant sur le marché local qu’étranger, pour un TUC stagnant à 49%. A noter que cette branche est dominée par la valorisation des phosphates. Les ports de Safi et de Jorf Lasfar ont une industrie pétrochimique extrêmement développée, sans oublier que l’industrie chimique est également florissante à Tanger et Nador grâce à une sidérurgie extrêmement développée.

S’agissant des industriels mécaniques et métallurgiques, leurs ventes auraient connu une hausse, sur le marché local et étranger. Cette tendance s’est confirmée au sein des principales sous-branches, même si un repli fut observé dans le travail des métaux. Le carnet de commandes se situe à un niveau inférieur à la normale.

Pour ce qui est des perspectives, le moins que l’on puisse dire c’est qu’elles sont assez contrastées.
Les agro-industriels attendent une amélioration de la production au même titre que les ventes. Pareil pour les industries textiles et cuir. A contrario, près de la moitié des entrepreneurs pratiquant dans les branches de la chimie et parachimie déclarent un manque de visibilité quant à l’évolution future de l’activité. Le flou s’empare également des deux tiers des industriels de la mécanique et métallurgie.
Malgré des atouts indéniable, tels que l’offshoring, la localisation géographique, la proximité en fuseau horaire et l’atout linguistique, qui font du Maroc une destination attrayante pour de nombreux groupes européens, le Royaume a beaucoup de difficultés pour développer ce secteur qui représente près de 28 % du PIB, 21 % de l’emploi et dont la production est dirigée notamment vers la manufacture textile et l’agroalimentaire. Ces deux pôles constituaient les trois quarts des exportations jusqu’en 2002. Le nouveau plan d’accélération industrielle 2014-2020, dédié à créer des écosystèmes industriels en fédérant des petites et moyennes entreprises autour de locomotives industrielles espère concrétiser cette volonté née il y a plusieurs décennies, plus précisément depuis l’indépendance, lorsque le Maroc s’était lancé dans d’importants investissements pour développer et doter le pays d’infrastructures industrielles de base.

libe.ma

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