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L’économie américaine s’est contractée au premier trimestre

L’économie américaine s’est contractée au premier trimestre

Depuis la crise financière, l’économie américaine ne peut s’empêcher de faire du yo-yo.

Les Etats-Unis ont mal commencé l’année. Le pays, qui a traversé le second semestre 2014 au meilleur de sa forme, a complètement calé depuis. La croissance s’est contractée de 0,7% sur les trois premiers mois de l’année, un chiffre qui contraste fortement avec ceux des deux trimestres précédents (5 % et 2,2 %). Elle anéantit pratiquement tout espoir de voir la Réserve fédérale relever les taux d’intérêt au mois de juin. « Il n’y a plus rien à attendre avant septembre. Et encore, cela suppose que l’économie redémarre dans les prochains mois », pense Chris Wiliamson, économiste en chef chez Markit.

Le scénario a comme un air de déjà-vu. Depuis la crise financière, l’économie américaine ne peut s’empêcher de faire du yo-yo. Elle affiche un grand dynamisme pendant deux ou trois trimestres , avant de retomber comme un soufflé ensuite. La panne annoncée vendredi matin tient à plusieurs facteurs : comme l’an dernier, le froid polaire a paralysé une bonne partie du pays. Les Américains sont restés enfermés chez eux, plutôt qu’aller au restaurant et dans les magasins. La consommation, qui reste le grand moteur de l’économie, a progressé d’un petit 1,8 %, loin des 4,4 % du trimestre précédent.

L’essence a beau rester incroyablement bon marché, elle n’a plus l’effet bénéfique que l’on pouvait observer au cours des trimestres précédents : « Quand le prix de l’essence baisse, les Américains se mettent à rouler davantage. Mais ils ne vont pas rouler 12 heures par jour. Au bout d’un moment, ils atteignent un plafond et l’effet prix n’agit plus », explique Ethan Harris, économiste en chef chez Bank of America. Loin d’être positive, la chute des prix du pétrole semble même devenir un point noir pour l’économie du pays : les compagnies pétrolières mettent leurs projets en sommeil. Elles ont réduit leurs investissements de près de moitié au cours du dernier trimestre (-48,7 %).

Les exportateurs font eux aussi grise mine. La flambée du dollar rend leurs produits particulièrement chers aux yeux des Européens et des Asiatiques. Le dollar a encore progressé de 11 % par rapport à l’euro ces trois derniers mois. « Le bénéfice d’un pétrole peu cher s’est tari. L’inconvénient du dollar fort, quant à lui, se fait pleinement sentir », résume Michael Gapen, économiste en chef chez Barclays. Les exportations ont effectivement plongé de 7,6 % sur les trois derniers mois, coûtant plus de 1 point de croissance au pays.

Lucie Robequain
lesechos.fr

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