jeudi 19 septembre 2019
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Les actifs non cotés séduisent les fonds souverains

Les actifs non cotés séduisent les fonds souverains

Les fonds souverains voient dans les actifs non cotés (capital investissement, jeunes pousses et licornes de la technologie, immobilier, infrastructures) de nouvelles sources de rendement à long terme. Certains s’intéressent aussi aux crypto-actifs.

Depuis 2009, les fonds souverains ont investi 433 milliards de dollars dans les actifs non cotés (capital investissement, capital-risque, immobilier, infrastructures), qui pèsent désormais autour de 16 % de leurs capitaux, selon le rapport (1) conjoint du Sovereign Investment Lab de l’université Bocconi et du Boston Consulting group. Déçus par les performances des actions cotées et échaudés par leur volatilité, les fonds d’investissement étatiques sont allés chercher hors des marchés des rendements plus attrayants et réguliers. La réduction de moitié du nombre d’actions cotées à Wall Street depuis la crise a réduit les opportunités. Les actifs non cotés sont adaptés à ces investisseurs de long terme que sont les fonds souverains. Ils leur permettent de se libérer du joug et du court-termisme des marchés.

En 2018, les fonds ont réalisé près de 200 transactions dans le non coté contre seulement une trentaine sur les marchés boursiers. Sur les 10 dernières années, les actions non cotées ont représenté 60 % des montants investis dans les actifs alternatifs, suivies par l’immobilier (26 %), les groupes technologiques et les jeunes pousses (8 %) et les infrastructures (6 %). L’intérêt pour l’immobilier avait atteint son apogée en 2015, avec une transaction sur deux, avant de décliner au bénéfice de la technologie et des nouvelles industries disruptives (sciences de la vie…), et qui attirèrent 40 % de leurs investissements l’année suivante.

Certains ont fait le pari de la réussite des cryptos et de la blockchain. Au travers de son activité de capital-risque, Mubadala, un des fonds souverains d’Abou Dabi, vient d’acquérir une participation dans Midchains, qui projette de lancer sa « bourse » des cryptos-monnaies dans l’émirat cette année. Basil Al Askary, un des deux cofondateurs de la société, était un ancien de Mubadala. Le fonds souverain de Singapour, Government of Singapore Investment Corporation, a investi dans le groupe financier Coinbase, selon l’agence Bloomberg.

Co-investissements privilégiés

Pour limiter les risques liés à ces placements, nouveaux, et peu liquides, ils ont choisi d’investir à plusieurs, associés à des fonds de capital investissement ou d’autres fonds souverains. En une décennie, la proportion de telles transactions réalisées a grimpé de 19 % à 61 %, alors que les investissements effectués en « solo » ont chuté de 69 % à 21 %. C’est quand ils investissent hors de leurs frontières (Chine, Inde, Russie, Afrique…), où les risques sont plus élevés, que les fonds souverains sont plus enclins à s’associer avec d’autres investisseurs institutionnels, notamment locaux.

Dans 8 cas sur 10, les fonds souverains effectuent des acquisitions sur les actifs non cotés à l’étranger afin de diversifier leur patrimoine et leur économie. L’Europe, l’Asie-Pacifique et l’Amérique du Nord ont attiré les trois quarts des investissements (nombre d’opérations et montant) des fonds durant les 10 dernières années. En 2018, le Vieux Continent et l’Asie ont concentré 80 % des placements dans les actifs non cotés. Ces trois dernières, la Chine et l’Inde ont connu un regain d’intérêt de la part des fonds d’investissement étrangers. L’Afrique reste encore peu défriché par les fonds souverains.

Nessim Aït-Kacimi
lesechos

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