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Les banques européennes affichent des profits au plus haut depuis 2011

Les banques européennes affichent des profits au plus haut depuis 2011

Les dix plus grandes banques du Vieux Continent ont dégagé un bénéfice net global de 11,4 milliards d’euros, au deuxième trimestre 2015. La politique monétaire accommodante de la BCE commence à se faire sentir sur la demande de crédits.

D’une crise grecque à l’autre, les banques européennes, qui viennent de clore leur “saison des trimestriels”, ont bien changé. En 2011, marchés et régulateurs les exhortaient à réduire leur exposition aux pays à risque de la zone euro, alors en pleine crise des dettes souveraines. Sous peine, sinon, de déclencher une nouvelle crise bancaire. Quatre ans et moult réductions de leurs bilans plus tard, les dix plus grandes banques européennes, en termes d’actifs, ont dégagé un bénéfice net global de 11,4 milliards d’euros, au deuxième trimestre. Il faut remonter à 2011, précisément, pour retrouver pareil niveau de résultat, selon les données de l’agence Bloomberg.

La Société générale, avec un bénéfice net de 1,35 milliard d’euros, affiche même sa meilleure performance depuis 2007, avant l’éclatement de la crise financière. Et chacune des dix plus grandes banques européennes a enregistré au moins une croissance à deux chiffres de son résultat net. “Les résultats des banques européennes ont été bons, au deuxième trimestre. Certes, ils ont bénéficié de pas mal d’éléments exceptionnels, comme des cessions d’actifs, mais ils sont clairement à un bon niveau, en particulier grâce à un coût du risque [provisions pour risques d'impayés ; Ndlr] en forte baisse dans beaucoup de pays”, confirme Jérôme Legras, responsable de la recherche au sein de la société de gestion Axiom Alternative Investments.

Une reprise progressive de la croissance en Europe

Si le coût du risque a autant diminué, c’est grâce à une amorce de reprise économique au sein de la zone euro. “Le climat économique s’améliore progressivement en Europe”, a affirmé Frédéric Oudéa, directeur général de la Société générale, lors d’une conférence téléphonique, le 5 août. “Après une stagnation de 2012 à 2014, l’activité économique est un peu meilleure en France, où nous prévoyons une hausse de 1,2% du PIB, cette année”, renchérit François Pérol, président du directoire de BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne). Conséquence de cette amélioration de la conjoncture économique, les crédits sont enfin repartis à la hausse depuis mars, après des mois de recul. Au 30 juin, les encours de crédit des Banques Populaires et des Caisses d’épargne affichaient ainsi une hausse de 2,7% par rapport à l’année précédente.

Une progression qui ressort à 2,2% pour le Crédit agricole, en France, et à 1,3% et à 0,8%, respectivement, pour les réseaux de la Société générale et de BNP Paribas dans l’Hexagone. Preuve que la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE commence enfin à alimenter la demande de crédit. Moins chez les entreprises, cependant, que chez les ménages, comme le montrent le rebond du crédit à la consommation et l’accélération du crédit immobilier, la faiblesse des taux ayant entraîné une vague de renégociations de prêts à l’habitat. Une faiblesse des taux longs sur lesquelles les banques avaient alerté en début d’année, redoutant les conséquences de l’aplatissement de la courbe des taux sur la marge d’intérêt tirée de leur activité de transformation [les banque se financent à court terme et prêtent à long terme ; Ndlr].

La question de l’environnement de taux

“L’évolution des taux a des conséquences à long terme sur la profitabilité des banques. Sur un trimestre, cela ne va quasiment rien changer. Il y a ainsi eu un effet négligeable des taux sur les résultats opérationnels des banques, au deuxième trimestre”, indique Jérôme Legras, chez Axiom. Mais quid des prochains mois ? “La remontée des taux longs (observée depuis début mai) aura un effet plutôt positif sur la marge d’intérêt des banques. Par ailleurs, elle ne devrait pas peser sur les volumes de crédit. D’abord, parce que les taux, comme les volumes, partent d’un niveau très bas. Ensuite, parce que la remontée des taux est plutôt le signe d’un redémarrage de l’économie”, poursuit Jérôme Legras.

La banque de détail n’a pas été le seul moteur des résultats trimestriels des établissements européens. La banque de financement et d’investissement (BFI) en a été un autre, qui a notamment profité de la volatilité sur les marchés engendrée par la crise grecque. Enfin, les banques européennes doivent également leurs bons résultats au tour de vis donné à leurs frais de gestion. Lequel va se poursuivre, face à la hausse des coûts engendrée par la réglementation et par les litiges, sans oublier la nécessité d’une plus grande compétitivité face aux “pure players” de la finance digitale : la Société générale a annoncé un nouveau plan d’économies de 850 millions d’euros, et, d’après Bloomberg, BNP Paribas plancherait sur une réduction de 20% des coûts de sa BFI, d’ici à 2019.

Christine Lejoux
latribune.fr

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