lundi 22 juillet 2019
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Les banques françaises emploient 18.000 personnes de moins qu’en 2011

Les banques françaises emploient 18.000 personnes de moins qu’en 2011

Le nombre de salariés du secteur bancaire s’est réduit de 1 % en 2018, une baisse comparable à celle observée en 2017. Cette réduction des effectifs est toutefois moins rapide en France que dans d’autres pays européens. Les recrutements se concentrent sur les profils les plus formés.

Lentement mais sûrement la baisse des effectifs se poursuit dans le secteur bancaire. Selon  la dernière étude de l’Association française des banques (AFB), le secteur ne comptait plus que 362.800 salariés à fin 2018, soit 1 % de moins qu’en 2017. Au global, la banque représente toujours 1,9 % de l’emploi salarié privé en France, mais le secteur emploie 18.200 personnes de moins qu’en 2011, date à laquelle ses effectifs ont commencé à fondre.

« On ne voit pas d’évolutions qui laissent à penser que la banque sera la sidérurgie de demain [comme le prédisait le rapport Nora-Minc en 1978, NDLR] mais depuis 2011, on observe une érosion lente et continue des effectifs d’environ 1 % par an. Le secteur n’est donc plus créateur net d’emplois », confirme Marie-Anne Barbat-Layani, la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). De fait, en 2018, 42.300 personnes ont rejoint le secteur bancaire et 45.400 l’ont quitté.

Digitalisation à marche forcée

Les causes de ces départs sont bien connues : sur fond de digitalisation à marche forcée les banques automatisent de plus en plus de processus. La baisse des effectifs est toutefois moins rapide en France que dans d’autres pays européens. « En moyenne, les effectifs du secteur en zone euro ont chuté de 2,7 %, en 2018 et de 3,3 % en 2017. En France sur les mêmes périodes, on observe une érosion de 1 % et 1,2 % », rappelle l’AFB. Jusqu’à présent, les banques françaises sont parvenues à amortir les vagues de suppressions de postes par les nombreux départs en retraite des baby-boomeurs. Un phénomène qui devrait encore perdurer quelque temps : « les départs en retraites devraient être encore nombreux au cours des deux à trois prochaines années », explique Marie-Anne Barbat-Layani.

Année après année, ces vagues sont toutefois moins fortes : en 2018, 25 % des départs en CDI dans le secteur étaient liés à un départ en retraite contre 38,8 % en 2015. A l’avenir, les banques qui voudraient continuer de faire baisser leurs effectifs pourraient donc avoir davantage recours à des plans de départs.  Société Générale s’y est par exemple résolu ces derniers mois pour faire mincir sa banque de financement et d’investissement.

Une sophistication des métiers

Il ne faut pas s’y méprendre, en dépit de ce contexte, en 2018, les banques ont continué d’embaucher : 22.500 personnes pour les réseaux mutualistes, comme Crédit Agricole ou les Caisses d’Epargne, et 19.800 pour les banques dites « commerciales », comme Société Générale ou BNP Paribas. Mais les nouveaux venus ne viennent pas remplacer poste pour poste ceux qui partent : « le niveau de formation des profils recrutés continue de s’élever. C’est l’une des évolutions les plus importantes du secteur ces dernières années : 63 % des embauches se font désormais à BAC + 4 ou plus contre seulement 52 % il y a quatre ans », explique Marie-Anne Barbat-Layani.

« Les besoins sont très nombreux dans les métiers de l’informatique, des risques, de la conformité, dans les forces de vente ou encore les métiers de la finance verte », explique Béatrice Layan, responsable de l’Observatoire des Métiers de la Banque à la Fédération Bancaire Française (FBF).

De plus en plus de cadres

Une évolution qui déforme le profil du secteur : désormais seuls 35,4 % des salariés des banques françaises sont des techniciens. Ils étaient 45,1 % dans ce cas en 2012 pour 54,9 % de cadres. Dans ce contexte, la formation des salariés entrés dans la banque avec un BAC, voir un BAC +2, est clé : « 12,6 % des techniciens ont bénéficié d’une promotion dans le secteur bancaire en 2018. C’est un niveau assez stable par rapport aux années précédentes, mais c’est clairement un enjeu pour le secteur », confirme Marie-Anne Barbat-Layani.

Sharon Wajsbrot

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