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Les Bourses en Europe reculent, les taux et le commerce pèsent

Les Bourses en Europe reculent, les taux et le commerce pèsent

Les principales Bourses européennes baissent nettement mercredi en début de séance, dans le sillage de Wall Street et des marchés asiatiques et dans un climat de marché assombri par la tendance à l’inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis comme par les doutes sur la capacité de Washington et Pékin à faire la paix sur le front du commerce.
À Paris, l’indice CAC 40 abandonne 1,14% à 4 955,72 points vers 08h30 GMT. À Francfort, le Dax perd 1,05% et à Londres, le FTSE cède 1,04%.

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro perd 1,07%, le FTSEurofirst 300 1,25% et le Stoxx 600 1,02%.

La tendance pourrait évoluer avec la publication des résultats définitifs des enquêtes auprès des directeurs d’achat (PMI) sur l’activité des services au sein de la zone euro, un indicateur très surveillé dans un contexte de tassement de la croissance dans l’union monétaire.

La Bourse de New York, dont les indices de référence ont décroché mardi de plus de 3%, fera une pause en hommage à l’ancien président George H.W. Bush.

VALEURS :

Tous les indices sectoriels européens reculent dans les premiers échanges, notamment les valeurs technologiques (-1,48%) et bancaires (-1,52%), sensibles respectivement à la thématique commerciale et aux mouvements des rendements obligataires.

STMicroelectronics et Deutsche Bank cèdent respectivement 1,73% et 1,05%.

La plus forte baisse de l’indice parisien SBF 120 est pour Tarkett, qui chute de 5,87% après un abaissement de deux crans de la recommandation de JPMorgan, désormais à “sous-pondérer” sur la valeur, selon des traders.

Dégradé lui aussi par JPMorgan, Saint-Gobain (-3,11%) accuse le recul le plus marqué du CAC 40.

Contre la tendance, le groupe pharmaceutique britannique Shire prend 2,77% après l’approbation de son rachat par les actionnaires du japonais Takeda.

A WALL STREET

Wall Street a souffert mardi, les investisseurs craignant que les signes d’inversion de la courbe des taux n’annoncent une entrée en récession à plus ou moins court terme.

L’enthousiasme observé lundi en première réaction à l’annonce pendant le week-end d’une trêve de trois mois dans le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine n’a pas tenu longtemps. Donald Trump a contribué mardi à le faire retomber en n’excluant pas la possibilité d’une prolongation de cette trêve, ce qui éloignerait la perspective d’un accord.

“La chute du marché hier (mardi) à Wall Street et l’aplatissement de la courbe des taux montrent que les craintes concernant la croissance sont désormais la préoccupation numéro un des investisseurs, bien que les dernières données de l’indice manufacturier ISM soient plutôt bonnes”, écrit Tai Hui, responsable de la stratégie de marché pour JPMorgan Asset Management.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a fini en baisse de 0,53% après avoir réduit sensiblement ses pertes sur des achats à bon compte. Il a perdu en séance jusqu’à 1,48%.

L’indice MSCI regroupant les valeurs d’Asie et du Pacifique (hors Japon) abandonne plus de 1%.

L’indice SSE composite de la Bourse de Shanghai a cédé pour sa part 0,6% malgré l’annonce d’une accélération de la croissance du secteur des services chinois, au plus haut depuis cinq mois.

TAUX

Sur le marché obligataire, les signes d’inversion de la courbe des taux, liés à la crainte de voir la fin du long cycle d’expansion aux Etats-Unis, sont au coeur des inquiétudes des investisseurs.

Les analystes s’attendent à une inversion prochaine de la courbe entre les taux des emprunts à deux et dix ans, un signe considéré comme annonciateur d’une entrée en récession à un horizon de 12 à 18 mois, même si certains estiment que cette courbe a perdu de son caractère prédictif.

L’aplatissement de la courbe américaine joue sur le marché européen: le rendement du Bund allemand à dix ans est tombé en début de séance à 0,248%, son plus bas niveau depuis six mois.

Le marché obligataire américain restera fermé ce mercredi.

CHANGES

La baisse des rendements des Treasuries, avec le 10 ans désormais autour de 2,9%, a logiquement affaibli le dollar, qui tente de repartir mercredi face à un panier de devises de référence.

La livre sterling reste sous pression après le camouflet infligé mardi à Theresa May par les députés britanniques, qui ont estimé par un vote que son gouvernement était coupable d’”outrage au Parlement” pour avoir refusé de publier la totalité de l’avis juridique sur le projet d’accord de sortie de l’Union européenne.

Dans la foulée, les parlementaires nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (DUP) ont fait savoir qu’ils voteraient contre l’accord en l’état.

L’Italie reste également dans l’actualité: le président du Conseil, Giuseppe Conte, s’est dit prêt à modifier légèrement certaines des mesures du projet de budget 2019 afin de sortir du blocage avec la Commission européenne. Quant au ministre de l’Economie, Giovanni Tria, il envisagerait de démissionner après la ratification par le Parlement du budget 2019, selon le Corriere della Sera.

Dans ce contexte, l’euro perd un peu de terrain, autour de 1,1330 dollar.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont repartis à la baisse alors que les tensions commerciales menaçent de réduire encore la demande, alimentant les craintes entourant la surabondance de l’offre.

Les deux contrats de référence perdent autour de 2%, autour de 52 dollars pour le baril de brut léger américain et de 61 dollars pour le Brent.

Marc Angrand
zonebourse

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