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Les Bourses portées par les banques mais freinées par l’euro

Les Bourses portées par les banques mais freinées par l’euro

Les Bourses de la zone euro ont terminé vendredi en hausse, soutenues par la progression des valeurs bancaires de l’union monétaire sur fond de spéculations concernant une réglementation moins stricte que prévu sur les créances douteuses, ce qui profiterait en particulier aux établissements italiens.
La séance a été marquée en outre par une forte progression de l’euro, qui a touché un pic de deux mois face au dollar, porté par le dynamisme de l’économie européenne, tandis que le billet vert souffrait des interrogations sur l’inflation aux Etats-Unis.

La vigueur de la monnaie unique a freiné les indices mais n’a pas empêché Paris et Francfort de finir dans le vert.

À Paris, le CAC 40 a pris 0,20% (10,92 points) à 5.390,46 points, Société Générale (+1,53%), Crédit Agricole (+1,44%) et BNP Paribas (+1,06%) figurant parmi ses plus fortes progressions.

À Francfort, le Dax a pris 0,39% mais à Londres, le FTSE qui n’a pas profité d’un mouvement touchant les seules banques de la zone euro et a été pénalisé en outre par la vigueur de la livre sterling, a perdu 0,10%.

L’EuroStoxx 50 de la zone euro a pris 0,26%, l’indice large Stoxx 600 et l’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reculant respectivement de 0,13 et 0,09%.

Sur l’ensemble de la semaine, le CAC 40 a pris 1,34%, le Dax 0,51%, le FTSE 0,44% et le Stoxx 600 0,73%, le rebond des actions se confirmant après un récent mouvement de consolidation.

LES BANQUES ITALIENNES EN FORME

La hausse du secteur bancaire de la zone euro a été stimulée en premier lieu par les banques italiennes, qui ont profité de plusieurs informations de presse selon lesquelles le Conseil européen et le Parlement européen envisageraient une réglementation moins stricte sur les créances douteuses que celle proposée par le Banque centrale européenne.

BPER Banca (+5,86%), Banco BPM (+4,81%), et Ubi Banca (+2,51%) figurent ainsi dans le peloton de tête du Stoxx 600.

L’indice sectoriel des banques de la zone euro a gagné 1%.

La BCE a proposé en octobre de nouvelles directives visant à obliger les banques à constituer de nouvelles provisions pour leurs “prêts non performants” (non performing loans, NPL). Elle compte donner sept années aux banques pour provisionner les nouvelles créances douteuses garanties et deux ans pour les créances non garanties.

Cette réglementation aurait un fort impact sur le secteur bancaire italien, handicapé par l’accumulation de plus de 200 milliards d’euros de créances douteuses, soit un quart de l’ensemble des NPL des banques de la zone euro.

Contraintes d’augmenter leurs provisions sur leurs prêts à risque, les banques italiennes pourraient freiner la distribution de crédit et être obligées de lever de l’argent frais.

ALTICE PLONGE ENCORE

A la baisse du côté des actions, Altice a encore perdu 4,74%, le plus net repli du Stoxx 600, touchant un plus bas depuis avril 2014 à 7,48 euros. Le titre a perdu plus de moitié de sa valeur depuis le début du mois et la publication de résultats trimestriels jugés sévèrement par les investisseurs.

A Francfort, le Dax a été porté notamment par BASF, qui a pris près de 3%, la plus forte hausse de l’Eurofirst 300, après avoir annoncé vendredi qu’il discutait de la fusion de sa division hydrocarbures Wintershall avec DEA, le groupe de l’homme d’affaires russe Mikhaïl Fridman.

Sur le marché des changes, l’euro gagne plus de 0,7%, ayant franchi le seuil symbolique de 1,19 dollar pour la première fois depuis le 25 septembre.

La monnaie unique européenne a bénéficié pour la troisième séance consécutive de la publication d’indicateurs économiques meilleurs qu’attendu dans la zone euro, notamment en Allemagne.

Le dollar, lui, est au contraire pénalisé par les doutes persistants sur la remontée de l’inflation américaine. En repli de 0,55%, l’”indice dollar”, qui mesure l’évolution du billet vert face à un panier de devises de référence, est tombé sous 93 pour la première fois depuis le 13 octobre.

Du côté des indicateurs, la confiance des entreprises allemandes s’est notamment améliorée contre toute attente en novembre, atteignant même un niveau sans précédent, augurant d’une solide performance de l’économie allemande au quatrième trimestre malgré un contexte politique pour le moment troublé.

Le marché pétrolier reste orienté à la hausse, ce qui permet au brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) d’afficher un nouveau plus haut de plus de deux ans à 58,69 dollars le baril. Le Brent, lui, se stabilise autour de 63,50 dollars.

Si la fermeture temporaire de l’oléoduc nord-américain Keystone reste le principal facteur de soutien aux cours, les investisseurs se positionnent aussi dans l’attente de la réunion de pays producteurs jeudi prochain à Vienne, qui pourrait prolonger l’accord d’encadrement de la production.

A l’heure de la clôture en Europe, Wall Street évolue en hausse modérée avec les valeurs de la distribution en première ligne en ce “Black Friday” qui marque le début de la période des achats de fin d’année.

Fermée jeudi pour la fête de Thanksgiving, la Bourse de New York a rouvert seulement pour une demi-séance et fermera à 18h00 GMT.

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