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Les BRICS à la recherche d’un partenariat renforcé

Les BRICS à la recherche d’un partenariat renforcé

Une conférence à Bruxelles précise les positions après le sommet.
Le test de la bombe H en Corée du Nord a éclipsé, dans l’actualité, le 9e sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) qui s’est tenu cette semaine à Xiamen (Chine). Bruxelles a accueilli vendredi une conférence qui apporte un peu de lumière sur ce sommet.

Sur pied de guerre

Réunis en 2001 sous le sigle BRIC par un économiste de Goldman Sachs en tant que pays émergents où l’on pouvait investir, les quatre premiers du quintet ont commencé à développer leurs relations vers des objectifs communs en 2006, avant d’inviter l’Afrique du Sud (même si son économie est beaucoup plus petite) à les rejoindre en 2010 afin d’avoir un Africain parmi eux et faire ainsi de leur émergence économique une déclaration politique. A cinq, les BRICS représentent en effet 43 % de la population mondiale et près de la moitié de la croissance économique au cours des dix dernières années.

En dix ans, les BRICS ont essentiellement réussi à mettre sur pied la New Development Bank, qui a commencé ses opérations en juillet 2015, afin de diminuer leur dépendance à la Banque mondiale, contrôlée par les Occidentaux. Malgré le thème du sommet de Xiamen cette semaine – “un partenariat plus fort pour un avenir plus brillant” -, ses membres peinent à resserrer leurs liens, quand ils ne sont pas l’un face à l’autre sur pied de guerre, comme l’étaient encore la Chine et l’Inde le mois dernier.

Lors de la conférence de Bruxelles – organisée par les ambassades des cinq pays membres, l’Institut Egmont, la Brussels Academy for China and European Studies et l’Institut Confucius de la VUB – l’ambassadeur du Brésil, Antonio José Vallim Guerreiro, a admis les grandes différences (“l’histoire, la culture, les priorités, la diplomatie, les systèmes politiques”…) qui séparaient les membres des BRICS. Mais il a souligné qu’ils avaient en commun une “autonomie” économique suffisante pour avoir la “capacité de décider pour nous-mêmes, parce que nous sommes moins soumis aux pressions extérieures” que d’autres pays. En outre, “nous ne nous considérons pas comme des parangons de vertu” faisant la leçon aux autres; “nous ne nous mêlons pas des affaires intérieures des autres pays”, une allusion aux Etats-Unis et à l’Union européenne.

Illustrant l’absence de vision commune, l’expert sud-africain David Evan Malcomson assurera, quant à lui, que les BRICS ne se construisent “pas par opposition à quelque chose d’autre”.

Un nouveau modèle de gouvernance

L’exposé de l’expert russe, Vladimir Petrovskiy, chercheur à l’Institut des études extrême-orientales de l’Académie des sciences de Moscou, a été le plus informatif et apprécié du public. Selon lui, les BRICS doivent, pour devenir la voix des économies émergentes, offrir un nouveau modèle de développement économique et un nouveau modèle de “gouvernance globale”.

Pour y arriver, ils doivent décider s’ils veulent que les structures mises sur pied offrent aux cinq membres des BRICS une simple “plateforme de discussion” ou deviennent “une véritable organisation internationale”. Il leur faut, juge-t-il, “parler d’une seule voix pour devenir plus actifs dans l’économie et les politiques globales”. Pour l’économie, il faut, dit M. Petrovskiy, obtenir plus de voix pour les membres des BRICS au sein du FMI et de la Banque mondiale; mieux promouvoir leurs monnaies; renforcer le développement; les présidents de leurs banques centrales devraient plus travailler ensemble.

Pour le politique, M. Petrovskiy recommande plus de coordination; plus de consultations sur les Affaires étrangères; obtenir des sièges au Conseil de sécurité pour les trois membres qui n’en ont pas; développer l’institutionnalisation des BRICS.

Marie-France Cros
lalibre.be

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