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Les chauffeurs d’Uber participent à la mort (à venir) de leur métier

Les chauffeurs d’Uber participent à la mort (à venir) de leur métier
Uber sans chauffeur serait-il le seul avenir possible d’Uber ?

 

 

Uber teste ses voitures autonomes à Pittsburgh, aux États-Unis. Dans la course aux voitures sans chauffeur, la société américaine a enclenché le turbo.

En mai 2014, le cofondateur d’Uber, Travis Kalanick – à 40 ans, l’une des plus grandes fortunes du monde– tweetait :

« La transition vers les voitures autonomes prendra plusieurs décennies. Soufflons un peu, et reparlons-en en 2035. »

Drivers on @uber_nyc making $90k/yr Driverless car is a multi-decade transition. Let’s take a breath and I’ll see you in the year 2035

— travis kalanick (@travisk) May 28, 2014

Une prédiction complètement foirée. Deux ans plus tard, en ce mois d’août 2016, Uber teste son service de voiture autonome en situation réelle. La société a choisi la ville de Pittsburgh en Pennsylvanie, un haut-lieu de la recherche en robotique aux États-Unis.

Pour la première fois, vendredi dernier, les habitants de Pittsburgh ont découvert à quoi ressemblait un Uber autonome.

Pittsburgh has self-driving Ubers ! ! ! ! I have never wanted so badly to enter a strange car pic.twitter.com/VP9bPJ0T3r

— Helen Rosner (@hels) August 26, 2016

Traduction du tweet :

« Des voitures autonomes Uber à Pittsburgh ! ! ! Je n’ai jamais eu autant envie d’entrer dans une si étrange voiture »

Super fancy @Uber-mobile in downtown Pittsburgh today. pic.twitter.com/uo7GbMQ8jn

— Dave DiCello (@DaveDiCello) August 24, 2016

« Superbe et luxueuse “Uber-mobile” dans le centre-ville de Pittsburgh aujourd’hui. »
La course à l’autonomisation

La course à l’autonomisation des voitures ne se joue pas sur circuit mais dans des centres de recherche. À ce jeu-là, Uber n’apparaissait pas comme un concurrent sérieux.

Mais depuis deux ans, la start-up n’a eu de cesse de recruter les meilleurs ingénieurs du secteur, rapporte le site Bloomberg (qui consacre un dossier spécial à ce sujet). Le but ultime de l’entreprise : remplacer tous les chauffeurs Uber par des voitures autonomes. Rien qu’aux États-Unis, c’est la mort présumée d’environ 160 000 chauffeurs.

Uber a adopté une stratégie totalement opposée aux leaders des voitures autonomes – Google et sa Google Car, et Tesla et ses Model. Pas question pour l’entreprise de développer sa propre voiture, Uber noue des partenariats avec les constructeurs automobiles désireux de ne pas rater ce virage technologique.

C’est donc une voiture Volvo équipée de nombreux capteurs qu’on retrouve dans les rues de Pittsburgh. Le partenariat entre les deux sociétés atteint les 300 millions d’euros. Il devrait accoucher, d’ici 2021, à la conception d’une voiture sans chauffeur capable de circuler, justement, sans chauffeur.

Participer à sa mort prochaine

On aurait pu le voir venir, pourtant. Depuis un an et demi, Uber collecte des données sur les routes sur lesquelles circulent ses chauffeurs circulent, rapporte Bloomberg. Les cartes GPS sont continuellement comparées à la réalité et ses obstacles (piétons, arbres, vélos, chiens etc.). Les bases de données, remplies à chaque nouveau kilomètre parcouru, prédisposent Uber à être un concurrent sérieux, très sérieux.

C’est aussi une triste ironie. Les chauffeurs d’Uber participent à la mort prochaine de leur métier. Mais grand prince qu’il est, Uber a mis en place un compte d’épargne retraite à destination de ses conducteurs.

Pour l’instant, à Pittsburgh, la voiture autonome ne l’est pas vraiment, explique le Scientific American. Un chauffeur et un ingénieur demeurent dans la voiture. Celle-ci signale quand le conducteur doit reprendre la main sur le volant.

Selon Bloomberg, le bip retentirait souvent à l’approche d’un pont. Effectivement, contrairement à une route en ville, entourée d’arbres, de devantures de commerces, d’immeubles, de passages piétons… un pont dispose de peu d’éléments environnementaux contextuels. Le système embarqué n’a plus assez d’informations sur son environnement pour garantir la sécurité de son(ses) passager(s). Le chauffeur Uber doit alors reprendre la main.
Le monde va changer plus vite qu’on croit

Uber en lice dans la course à l’autonomisation est une nouvelle importante pour trois raisons :

Aujourd’hui, les voitures autonomes sont réservées à une élite économique capable de débourser plusieurs dizaines de milliers de dollars pour s’offrir un « Model » de chez Tesla. Un « Uber », tout le monde peut en prendre un. Si la société respecte son planning (2021), il y a des chances que votre premier contact avec une voiture sans chauffeur provienne des services d’Uber.
A ce titre, si la société se foire et qu’elle lance trop tôt son produit, elle pourrait endommager la démocratisation annoncée de la voiture autonome. D’autant que Tesla a déjà eu des accidents avec ses voitures autonomes, chaque accident faisant office de mauvaise presse pour la technologie toute entière.
Enfin, en s’appuyant sur le partenariat des constructeurs automobiles, Uber montre que ces dinosaures ne sont pas encore à l’état de fossiles. A moins qu’Uber n’ait pas eu le choix. Cette semaine, la start-up a annoncé à ses actionnaires des pertes très importantes – plus d’un milliard en six mois.
Uber sans chauffeur serait-il le seul avenir possible d’Uber ?

 

 

 

nouvelobs.com

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