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Les chaussures à base de pneu, ça marche, et même très bien !

Les chaussures à base de pneu, ça marche, et même très bien !
Bethlehem Tilahun Alemu, la fondatrice de SoleRebels, explique que ses parents ont toujours été sa source d'inspiration. Ils lui ont enseigné « la valeur du travail, de la communauté et de l'éducation »

Bethlehem Tilahun Alemu a grandi à Zenabwork, un quartier pauvre d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Parmi les habitants, beaucoup étaient des artisans très doués, capables de fabriquer des chaussures à partir de pneus de voitures et de chambres à air. Mais ils n’avaient ni emploi ni salaire régulier.

Ailleurs dans le pays, Bethlehem a vu que d’autres ressources, telles que le café et le cuir, étaient exploitées par des sociétés internationales et exportées sur les marchés étrangers. Alors, elle s’est mise à chercher un moyen de créer des emplois chez elle, à Zenabwork, et de garder les profits à proximité. Ce dont Zenabwork avait besoin, selon elle, ce n’était pas de charité ni d’aide humanitaire, mais de commerce.

« Ce qui me passionne avant tout, c’est de pouvoir partager la culture éthiopienne avec le monde et trouver des façons intéressantes de maintenir le dynamisme et la pertinence des diverses cultures », indique-t-elle.

C’est cette même passion qui l’a menée à créer SoleRebels, une entreprise de chaussures lancée grâce à un capital d’amorçage obtenu auprès de sa famille. Au départ, l’affaire compte seulement cinq employés. Les chaussures sont fabriquées à partir de matériaux qu’on trouve à Zenabwork : jute et fibre de koba. La gamme s’inspire de modèles traditionnels comme la Selate, la fameuse chaussure que Bethlehem a connue dans son enfance, aux semelles faites de pneu recyclé.

Alors que beaucoup de fabricants dans le monde découvraient les avantages d’une production respectueuse de l’environnement, les habitants de Zenabwork, eux, étaient déjà experts du recyclage, un moyen de tirer profit au maximum du peu de ressources à leur disposition. Les « méthodes traditionnelles zéro-émissions » de SoleRebels sont les mêmes que celles utilisées par ses compatriotes depuis des siècles, affirme Bethlehem.

Bethlehem Tilahun Alemu, cofondatrice de SoleRebels, en 2011

Bethlehem Tilahun Alemu, cofondatrice de SoleRebels, en 2011

Dans l’entreprise installée actuellement à Zenabwork, 150 artisans conçoivent les chaussures SoleRebels. La société se targue d’être le seul fabricant de chaussures certifié par la World Fair Trade Organization (WFTO). Elle paie ses employés un salaire jusqu’à quatre fois supérieur au salaire minimum ; elle leur fournit une couverture médicale et un moyen de transport.

Avec environ 15 millions de dollars de recettes annuelles, SoleRebels est la première marque africaine de produits de consommation à avoir lancé des boutiques dans le monde entier – actuellement dans 55 pays, pour être précis. L’un de ses derniers magasins s’est ouvert dans un centre commercial luxueux en plein cœur de la Silicon Valley, bastion de l’entrepreneuriat.

« Pour moi, les entrepreneurs qui réussissent vraiment sont ceux qui ne se contentent pas d’avoir une idée : ils la mettent en œuvre à la perfection, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle devienne une réalité, qui vit et qui respire, estime-t-elle. Les meilleurs entrepreneurs donnent vraiment l’impression de vivre leur entreprise. »

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