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Les chercheurs d’opales

Les chercheurs d’opales

Longtemps considérée comme porteuse de malchance, l’opale est devenue une pierre très recherchée. Les dernières créations de la Place Vendôme témoignent de cet intérêt tandis que les joailliers-créateurs ont depuis longtemps investi sur cette pierre aux reflets exceptionnels.

Secrets d’histoire
Au Moyen-Âge, on lui attribuait le pouvoir magique de devenir invisible et cette pierre était associée aux voleurs. Mais c’est surtout en France au XIXe siècle que la pierre prend des pouvoirs maléfiques car elle était associée à différentes péripéties. La vérité est en fait surtout liée au fait que cette pierre est extrêmement fragile et que les sertisseurs devaient payer à l’époque le bris de cette pierre. La fragilité de la pierre est due à sa structure, composée d’une succession de couches de sphérules siliceuses sur un fond d’argile. Les couleurs varient selon la densité de ces sphérules et l’indice de réfraction de l’opale varie selon la teneur en eau de la pierre. C’est d’ailleurs pourquoi elle doit être conservée dans un endroit humide. Et plus l’opale a d’iridescence, plus elle est recherchée. De grandes personnalités historiques en portaient comme Joséphine de Beauharnais qui possédait une opale de feu exceptionnelle ou la Reine Victoria qui contribua à la promotion des opales d’Australie.

Les principaux gisements L’Australie offre une diversité exceptionnelle d’opales. Les premières pierres furent découvertes en 1875 dans le Queensland par des fermiers qui eurent tout d’abord du mal à vendre ces pierres tant elles étaient belles ! A Londres, les négociants pensaient que les pierres n’étaient pas naturelles tant les couleurs étaient incroyables. Mais rapidement à Londres et à New York, la mode fut lancée et de nouveaux gisements furent découverts en Australie dans les Nouvelle-Galles du Sud à White Cliffs. Ces opales très blanches et extrêmement irisées furent baptisées « opales arlequine » rappelant l’habit de l’arlequin. Dans la même région, on découvrit en 1902 à Lightning Ridge les premières opales noires aux reflets bleus et vert sombre. Le bloc d’opale le plus imposant fût trouvé en Australie et pesait 61,3 kg que l’on divisa en 3 blocs. Grande découverte du salon de Baselworld, le designer Arun Bohra appartient à la 8ème génération de joailliers royaux en Inde. Depuis 1841, sa famille élabore les somptueuses parures des Maharadjas. Installé à Beverly Hills aux Etats-Unis, il lance sa propre marque « Arunashi » et propose des bijoux fastueux mais revisités de façon plus moderne sur titane. Le résultat est spectaculaire comme ce papillon constellé d’opales d’Australie, de saphirs et d’émeraudes. http://www.arunashi.com

La créatrice Ornella Iannuzzi s’associe au joaillier parisien Capet pour créer sa nouvelle collection de joaillerie « prêt-à-porter » nommée “ Rock It! ». Elle utilise la forme cristalline du dodécaèdre qu’elle associe à des opales d’Australie et des diamants. http://www.ornella-iannuzzi.com Marchak qui souhaite donner une nouvelle impulsion à la marque en valorisant la culture russe revisite les contes et légendes comme la figure mythique de « l’Oiseau de feu », orné de 3 somptueuses opales noires d’Australie. www.marchak.fr

Les découvertes plus récentes d’importants gisements en Ethiopie relance l’intérêt pour cette gemme aux feux colorés uniques. Le gisement d’Ethiopie est de type volcanique. Les opales de Mezezo sont connues depuis plus de 10 ans pour les variétés brunes ou hydrophanes aux feux extraordinaires. D’autres gisements, comme le Wollo plus récemment redécouvert, produisent des opales précieuses : blanches, de feu, cristal et parfois noires, d’une qualité exceptionnelle. L’Ethiopie, renvoyant les détracteurs à leur mauvaise foi, entre dans le cercle restreint des pays producteurs d’opale gemme.

C’est l’opale d’Ethiopie de Mezezo qui a séduit le joaillier Marc Alexandre pour son pendentif « Dragonne » qu’i la présenté au salon Mineral & Gem de Sainte-Marie-aux-mines. Il a lui même taillé l’opale de plus de 18 carats en forme d’œuf, que la dragonne protège précieusement de ses longues griffes. http://www.marc-alexandre.com

Le strasbourgeois Eric Humbert, grand amoureux des opales, a créé sa parure « Komodo » en hommage au dragon du Komodo de sa collection « Ethiopian’s Dream », avec deux cabochons rappelant le regard captivant de cet animal ancestral aux reflets flamboyants des opales d’Ethiopie. www.eric-humbert.com

Autre type d’opale noble, « l’opale de feu » est connue pour sa couleur orange vif que l’on trouve au Mexique. À la différence des opales d’Australie, le type de gisement au Mexique est volcanique. Bien connue des Aztèques, cette pierre était appelée la pierre du colibri en hommage aux couleurs de l’oiseau. Aux Etats-Unis, le Musée d’histoire naturelle de Chicago possède le « Dieu du Soleil », une des opales de feu retrouvée sur un temple mexicain du XVIe siècle.

La créatrice Ximena Alarcon Cavrois (XAC) s’inspire du Mexique son pays natal pour créer des bijoux qui reflètent la richesse de son parcours et de son environnement multiculturel. Les formes géométriques ou les constructions pyramidales sont influencées aussi bien par l’art des Mayas et Aztèques que par des architectes Mexicains comme Luis Barragán avec la bague « Casa Gilardi », ornée d’une lumineuse opale de feu. www.xac-ximena.com

Beaucoup moins connus, les gisements du Brésil dévoilent d’étonnant spécimens comme l’explique le joaillier Ledecky installé à Gérardmer et présentant ses créations au dernier salon Mineral & Gem de Sainte-Marie-aux-mines. « J’ai découvert l’incroyable diversité des opales du Nord du Brésil de la région de l’Etat de Piaui et j’ai même investi dans une mine. Ces pierres présentent des effets arlequins comme les opales d’Australie ou même des couleurs noires exceptionnelles. D’ailleurs après la 2nd guerre mondiale, ces opales ont été vendues comme des opales d’Australie ». Il présente ses précieuses découvertes dans un film personnel, réalisé par son fils, présentant une opale de près de 3 kilos ! :

https://www.youtube.com/watch?v=xcaPNE3eZwE

Dossier réalisé par Kyra Brenzinger
guide-joailliers.com

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