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Les chiffres des énergies renouvelables sur le continent africain

Les chiffres des énergies renouvelables sur le continent africain
Paradoxalement, alors que 645 millions d’Africains vivent sans électricité (soit environ 50 % de la population totale du continent), les ressources en énergies renouvelables demeurent inégalement exploitées. Quels sont les chiffres des énergies propres sur le continent ?

Constat, potentiel, bonnes pratiques et perspectives : faisons le point sur l’usage des énergies renouvelables en Afrique, qu’elles soient hydraulique, solaire ou éolienne.Des énergies renouvelables encore sous-exploitées

Malgré d’importantes ressources en énergies renouvelables, plusieurs pays tels que l’Afrique du Sud ont majoritairement recours au charbon. Et même si dans certains autres, tels que le Kenya, le mix énergétique est beaucoup plus varié (38 % d’hydroélectricité, 31 % de géothermie et 29 % de solaire thermique), à l’échelle du continent, l’exploitation des énergies renouvelables reste largement minoritaire.

Ainsi, les réserves d’énergie hydraulique, 1 100 TWh, ne sont exploitées qu’à 8 %, tandis que le potentiel en énergie géothermique de la vallée du Rift, estimé à 9 GW, n’est exploité qu’à 6 %.

Baisse des coûts dans le solaire

L’Afrique dispose de sérieux atouts en matière d’énergie solaire :

  • L’ensoleillement moyen des pays africains est deux fois plus élevé qu’en Europe, avec une moyenne oscillant entre 1 750 kWh/m2/an et 2 500 kWh/m2/an contre 1 150 kWh/m² en Allemagne.
  • Pas moins de sept des dix pays les plus ensoleillés au monde sont africains, dont le Tchad, l’Égypte et le Kenya.

Or, depuis 2012, on constate une forte baisse des coûts d’investissement dans les grandes centrales photovoltaïques (-61 %). Autre bonne nouvelle, avec plus de 150 entreprises proposant des solutions de solaire off-grid*, les énergies renouvelables pourraient quadrupler d’ici à 2030 et atteindre 22 % du mix énergétique africain.

De nombreux projets innovants

Parmi les initiatives les plus enthousiasmantes, le projet hydraulique de « Grand Inga » en République démocratique du Congo pourrait produire jusqu’à 40 000 MW et fournir plusieurs pays en énergie.

Au Sénégal, après une première centrale solaire d’une capacité de 20 MW, la seconde structure construite à Santhiou-Mekhe, dans la région de Thiès, apporte une capacité supplémentaire de 30 MW au réseau électrique de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), l’opérateur public.

En parallèle, au Burkina Faso, la compagnie publique Sonabel, a récemment inauguré une centrale solaire de 33 MW à Zagtouli, près de Ouagadougou.

Des chiffres qui donnent de l’espoir

Certains pays misent de manière remarquable sur les énergies solaires ou hydrauliques. C’est le cas de l’Éthiopie, dont la production d’électricité repose à 93,90 % sur les énergies renouvelables, suivie par la Zambie (88,86 %), le Mozambique (87,63 %) ou encore la Tanzanie (85,62 %).

En Éthiopie par exemple, le barrage de Gibe III, inauguré en 2016, génère 1 870 MW au total, tandis qu’un second barrage en construction, le barrage de la Renaissance, disposera d’une capacité de production électrique de 6 000 MW.

Ces exemples sont très encourageants, cependant, d’après la Banque mondiale, malgré les ressources importantes dont dispose le continent, de nombreux obstacles demeurent au développement des énergies renouvelables. Parmi eux, on trouve notamment les coûts de transaction élevés, ainsi que la fragmentation du marché.

Énergie hors réseau

 afrique.latribune

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