dimanche 08 décembre 2019
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Les cofondateurs de Google lâchent les rênes de l’entreprise

Les cofondateurs de Google lâchent les rênes de l’entreprise

Larry Page quitte le poste de directeur général et Sergey Brin celui de président d’Alphabet. Ils sont remplacés par Sundar Pichai, le PDG de Google. L’annonce met fin à une situation problématique, les deux fondateurs étant de plus en plus en retrait.

Après avoir créé le moteur de recherche le plus puissant au monde il y a vingt-et-un ans et l’avoir transformé en la troisième plus grosse capitalisation boursière,  le duo emblématique ayant fondé Google lâche les rênes du géant du numérique. Larry Page quitte le poste de directeur général et Sergey Brin, celui de président d’Alphabet, la maison-mère de l’entreprise de Mountain View. Les deux hommes n’ont que 46 ans tous les deux.

La création en 2015 de ce holding  avait déjà acté leur retrait de la gestion quotidienne de Google. Mais leur départ marque définitivement la fin d’une ère, après  celui d’un autre représentant de la vieille garde, Eric Schmidt , il y a deux ans.

Les deux dirigeants sont remplacés par  Sundar Pichai, 47 ans, un ingénieur recruté par Google il y a quinze ans et nommé à sa tête en 2015 . Déjà responsable de 99 % du chiffre d’affaires d’Alphabet, le quarantenaire né en Inde poursuit son ascension en récupérant sous son ombrelle les autres entités du groupe, des projets ambitieux dans les voitures autonomes (Waymo), les drones (Wing) ou la santé (Verily, Calico) aux fonds de capital-risque.

« Parents fiers »

« Avec Alphabet désormais bien établi, et Google et les autres paris opérant efficacement comme des entreprises indépendantes, c’est un moment naturel pour simplifier notre structure de management. Nous n’avons jamais été du genre à rester accrochés à des rôles quand nous pensons qu’il y a une meilleure manière de diriger la société », justifient Larry Page et Sergey Brin dans une lettre publiée sur le site de l’entreprise.

« Cela a été un privilège immense d’être profondément impliqués dans la gestion quotidienne de la société pendant aussi longtemps, mais nous estimons qu’il est temps d’assumer le rôle de parents fiers de leur enfant – en offrant des conseils et de l’amour, mais pas en étant dans son dos en permanence », précisent les deux cofondateurs.

Tous deux restent cependant membres du conseil d’administration de la société et ses deux plus gros actionnaires. Les quarantenaires ayant fondé l’entreprise quand ils étaient encore étudiants à Stanford continueront de contrôler son destin, car ils possèdent plus de la moitié des droits de vote.

Fantômes

L’annonce met fin à une situation qui devenait problématique, les deux fondateurs ayant pris de plus en plus de distance au fil des années. Depuis 2013, Larry Page n’était ainsi plus présent à aucun lancement de produit ou aux conférences téléphoniques sur les résultats trimestriels, rapporte Bloomberg. La création d’Alphabet en 2015 leur avait permis de se détacher définitivement du coeur de métier pour se consacrer à la R & D.

Mais ces deux dernières années, ils se sont transformés en fantômes. Larry Page s’est surtout consacré à « X », la division la plus futuriste d’Alphabet, et s’est passionné pour des start-up de voitures volantes hors du groupe, tout en passant de plus en plus de temps sur son île privée dans les Caraïbes.

Quid des « moonshots » ?

Ses absences répétées aux assemblées des actionnaires, mais aussi aux convocations par les pouvoirs publics, ont commencé à faire grincer des dents. Cette attitude a donné aux élus un sentiment d’arrogance malvenu, alors que l’entreprise fait face à une surveillance accrue des autorités américaines, qui ont ouvert des enquêtes sur ses pratiques anticoncurrentielles. En septembre 2018, les sénateurs américains avaient bien mis en évidence un écriteau « Google » devant la chaise vide à côté de Sheryl Sandberg, la numéro 2 de Facebook, et Jack Dorsey, le PDG de Twitter, Larry Page ayant refusé l’invitation à  l’audition organisée par un comité de la Chambre haute sur la supervision des plateformes numériques .

L’annonce renforce les doutes sur l’avenir des « moonshots », des projets pensés davantage par Larry Page et Sergey Brin que par Sundar Pichai. Ils sont déjà remis en cause en raison de leurs résultats mitigés et de la nécessité, pour la société, de faire face à des questions plus pressantes.

Anaïs Moutot
lesechos

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