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Les conséquences de la chute du pétrole selon Dorval Finance

Les conséquences de la chute du pétrole selon Dorval Finance

Présentant ses perspectives 2015, Dorval Finance analyse notament les conséquences à attendre de la chute du pétrole. Entre relance indirecte et risques financiers, le phénomène a des conséquences économiques contradictoires.

Bonne ou mauvaise chose, la chute du pétrole fait débat depuis la fin de l’année dernière. Pour certains, la baisse des prix reflète avant tout une trop faible demande, de mauvais augure pour la dynamique mondiale. Toutefois, ce sont surtout les nouvelles capacités de production (hausse de l’offre) qui provoquent une baisse des prix en partie volontaire de l’or noir, avec certaines conséquences positives à la clé.

Des gagnants et des perdants

Concernant l’aspect financier, Dorval Finance souligne que le « le contre-choc [pétrolier] est l’équivalent d’une baisse d’impôts pour tous les ménages ». Néanmoins, les marchés se sont déjà inquiétés des lourdes pertes constatées chez les pays exportateurs qui « souffrent d’autant plus que leurs fondamentaux sont déjà fragiles ».

Surtout, « la rapidité de la baisse du pétrole soulève des interrogations sur le secteur de l’énergie aux Etats-Unis dont le boom s’est financé par émission de dette et de prêts bancaires avec effet de levier ». Le simple maintien des prix aux niveaux actuels (baril à 50 dollars environ) pourrait pousser à des faillites en chaîne d’exploitations, avec de lourdes pertes à l’appui. Dorval Finance contrebalance néanmoins cette crainte en soulignant que « le secteur [pétrolier] n’est pas assez gros pour remettre en cause la trajectoire de la croissance américaine ».

Changement des projets des banques centrales

La chute du pétrole pourrait par ailleurs pousser les banques centrales à se montrer plus accommodantes.

Côté américain, « la baisse de l’inflation qui accompagne mécaniquement celle du pétrole fournit tous les arguments nécessaires pour retarder la hausse des taux aux Etats-Unis ». Dorval envisage que la Fed repousse la hausse des taux directeurs américains au-delà de septembre 2015, alors que le consensus table plutôt sur le milieu d’année. Le gérant souligne le fait que la remontée des taux pourrait désormais sembler trop agressive dans le contexte de désinflation que l’on peut attendre.

Côté européen, la baisse devrait accélérer le plan de « quantitative easing » (politique monétaire accommodante par injection indirecte de liquidités dans l’économie). La baisse du pétrole pourrait en effet entraîner des effets de second tour déflationnistes que la BCE ne veut surtout pas, puisque son objectif est de maintenir une inflation « en-dessous mais proche de 2% ». En déroulant la « planche à billets », la BCE tente de convaincre les agents économiques que l’inflation va revenir vers sa cible à moyen terme.

Boom asiatique en vue

Dans ce paysage contrasté, une chose est sûre : la baisse du pétrole profitera aux économies d’Asie en plein développement. « C’est dans les pays émergents importateurs nets de pétrole que la baisse du pétrole sera la plus favorable, à la fois en termes de désinflation et en terme de réduction des subventions de l’essence à la pompe (Inde, Turquie, Taiwan…) ».

La bonne dynamique à attendre des marchés d’Asie-Pacifique est désormais régulièrement soulignée par les gérants. C’était notamment ce qui ressortait de l’interview avec Frédéric Dodard (SSgA) ainsi que des conseils de Société Générale Private Banking.

En somme, pour Dorval, « l’impact net du pétrole sur la croissance mondiale sera positif mais il ne faut pas s’attendre à un effet phénoménal dès 2015 ».

X.Bargue
boursorama.com

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