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Les cours de l’or décrochent au plus bas depuis 2010

Les cours de l’or décrochent au plus bas depuis 2010

Les investisseurs vendent en masse les fonds adossés au métal précieux.

Après un répit en octobre, les marchés des matières premières sont de nouveau très chahutés. Et l’or n’est pas épargné. Le métal précieux a plongé la semaine passée à son plus bas niveau depuis novembre 2010. Le prix de l’once est allé jusqu’à glisser un instant, jeudi, sous 1.075 dollars. Exprimé en euros, il frôle désormais le seuil des 1.000 euros.

L’or va bientôt entrer dans une nouvelle ère, où son attrait va s’affadir un peu plus. La Réserve fédérale s’apprête en effet à relever prochainement ses taux d’intérêt. Une première depuis près de dix ans, qui marquera officiellement la fin d’une politique monétaire ultra porteuse pour les cours du métal précieux. Les cours du métal précieux sont extrêmement sensibles à l’évolution des taux, c’est même la corrélation (négative) la plus forte. L’or devient traditionnellement moins attractif lorsque ceux-ci augmentent car, en tant qu’actif, il ne rapporte rien.

En majorité, les opérateurs de marché parient que la banque centrale américaine se décidera au mois de décembre. A mesure que la date approche, les investisseurs fuient le métal jaune qui devrait signer en 2015 sa troisième année de recul consécutive. Les encours dans les fonds indiciels adossés à l’or sont au plus bas depuis plus de six ans. Quelque 9 milliards de dollars en ont été retirés depuis janvier, selon Bloomberg, après une baisse marquée au troisième trimestre.

Le fonds le plus important, le SPDR, n’a jamais été aussi maigre depuis septembre 2008, c’est à dire depuis la faillite de Lehman Brothers.

Les banques centrales continuent d’acheter de l’or

En revanche, les acheteurs d’or sont au rendez-vous. Entre juillet et septembre, lingots, pièces et bijoux ont enregistré leur plus forte demande depuis deux ans, dit le Conseil mondial de l’or (World Gold Council), organisation qui représente le secteur. Aux Etats-unis la seule demande de lingots et de pièces s’est envolée de plus de 200 %, à un niveau sans précédent depuis cinq ans.

En Europe, les achats ont été portés par les « inquiétudes continues liées à la crise financières grecque et aux tensions persistantes entre la Russie et l’Ukraine », dit l’organisation.

Les Chinois n’étaient pas en reste, le premier pays consommateur de la planète, « avec l’Inde, figure emblématique du marché aurifère mondial », a aussi profité de l’affaiblissement des cours de l’or, notamment en juillet. La banque centrale chinoise, en particulier, fait partie des institutions qui engrangent le plus cette année, avec la Russie et le Kazakhstan.

Ensemble, les banques centrales ont accumulé 175 tonnes au troisième trimestre : il s’agit du deuxième volume le plus important jamais enregistré.

Muryel Jacque / Journaliste au service Marchés
lesechos.fr

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