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Les cours du caoutchouc au plus haut depuis cinq ans

Les cours du caoutchouc au plus haut depuis cinq ans

Les inondations en Thaïlande, premier producteur au mon- de, font craindre une chute des récoltes.

Un gain de 26 % en un mois. En janvier, les cours du caoutchouc ont connu une envolée sans précédent depuis près de trente ans sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom), la principale place de cotation de la matière première. Après des années de soupe à la grimace, les cours ont renoué avec leurs niveaux de septembre 2011.

Il y a un an à peine, les prix s’affichaient au plus bas depuis sept ans. Mais de graves inondations en Thaïlande ont changé la donne. Les plantations d’hévéas du premier producteur mondial de caoutchouc naturel ont été noyées pendant plusieurs semaines dans l’une des régions les plus productrices, au sud du pays. La récolte a donc dû être interrompue, en pleine saison, faisant craindre une chute de la production thaïlandaise. Certains observateurs ont rapidement évoqué une perte potentielle de 20 % sur janvier. L’autorité thaïlandaise du caoutchouc a estimé, de son côté, que la baisse de production pourrait atteindre 7,6 % sur l’année. De quoi inquiéter le marché : 40 % environ de la production mondiale de caoutchouc naturel provient de Thaïlande, dont 60 % sert à l’industrie du pneu.

Des stocks suffisants

Anticipant des problèmes d’approvisionnement, les investisseurs n’ont donc pas attendu et se sont rués sur les contrats à terme à la Bourse de Tokyo. Lors des dernières séances de janvier, la hausse des prix s’est accélérée, les cours ont bondi de 18 %. Préoccupé par ces « mouvements », le Tocom a alors voulu calmer le jeu et demandé aux courtiers d’indiquer les positions prises par leurs clients. L’effet a été immédiat : des investisseurs ont pris leur bénéfice et les cours ont plongé de 15 % au cours des cinq séances suivantes. Parallèlement, les exportateurs thaïlandais se sont voulus rassurants, indiquant que les stocks de caoutchouc étaient suffisants pour limiter les perturbations des livraisons.

Pour autant, les cours du caoutchouc à Tokyo restent deux fois plus élevés qu’il y a un an. Car, au-delà des inondations en Thaïlande, les investisseurs parient sur une demande solide, surtout en provenance de la Chine, où les ventes de voitures ont atteint des sommets fin 2016. Pour la première fois depuis des années, certains fabricants de pneus, comme Michelin, ont augmenté leurs prix pour répercuter la hausse des coûts de la matière.

Muryel Jacque
Les Echos

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