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Les déboires des entreprises sud-africaines au Nigéria relancent le débat …

Les déboires des entreprises sud-africaines au Nigéria relancent le débat …

Les déboires des entreprises sud-africaines au Nigéria relancent le débat sur l’intérêt d’y investir

Les investisseurs sud-africains s’interrogent désormais sur l’opportunité d’investir au Nigéria, alors que le groupe de télécommunication MTN, basée à Johannesburg, est sous le fait d’une sanction de 5,2 milliards $ infligée à sa filiale nigériane depuis la mi-octobre dernier.

Attiré par un marché très large et le potentiel de croissance qu’offre la première économie d’Afrique, la plupart des directeurs généraux sud-africains ont toujours considéré que, s’il est admis que l’expansion de leurs activités est nécessaire pour réduire la seule dépendance vis-à-vis du marché sud-africain, aucune de ces expansions n’est vraiment cohérente sans une présence au Nigeria.

Pour certains, l’aventure est positive, malgré certains défis. C’est le cas de Stanbic IBTC, le groupe financier, filiale locale du groupe sud-africain Standard Bank qui occupe une place de choix sur le marché bancaire nigérian. Au terme du troisième trimestre 2015, il a déclaré sur les 9 premiers mois de l’année s’achevant au 30 septembre 2015, un bénéfice net positif et en hausse de 13,5 milliards de nairas

Pour plusieurs autres cependant, l’aventure a souvent viré au cauchemar. Siphiso Dabengwa, récemment encore DG de MTN, se souviendra encore longtemps de son aventure nigériane. Son incapacité à obtenir un accord avec le régulateur nigérian du secteur des télécommunications l’a poussé vers la sortie, selon de nombreux observateurs du marché.

Un autre Directeur Général a subi le même sort, mais pour des raisons différentes, c’est Peter Matlare, qui dirigeait le groupe agro-alimentaire Tiger Brands. Ce dernier avait dû ajuster à la baisse la valeur de ses actifs nigérians de près de 1 milliard de rands, en raison des contreperformances de Dangote Flour Mills, acquise il y a deux ans pour près de 1,6 milliard de rands (pour 63%) et qui tarde toujours à générer de la profitabilité. Les investisseurs à Johannesburg s’interrogent sur le sérieux de l’analyse pré-achat qui avait été effectuée.

Telkom, le troisième opérateur de télécommunication en Afrique du sud, avait aussi en son temps plié bagage, après avoir concédé une perte de près de 10 milliards de rands, suite à un investissement de 2,8 milliards de rands au sein de l’entreprise Multilink. En 2004, Vodacom avait elle aussi quitté le Nigéria après avoir signé un contrat de 5 ans pour la gestion d’Econet Wireless. Des questions de gouvernance avaient été évoquées dans ce cas.

Certains analystes rencontrés à Johannesburg, pensent qu’il serait indiqué pour les groupes sud-africains qui veulent aller sur le marché nigérian, de s’allier avec des partenaires locaux qui ont une meilleure compréhension des régulations, des contraintes et aussi des difficultés spécifiques que peut présenter le Nigéria.

Siphiso Dabengwa l’aura appris à ses dépens : parfois, au Nigéria, une poignée de main n’est amicale qu’en fonction des circonstances. En même temps que le régulateur le frappait sa filiale d’une amende qui représente près de deux ans de résultat net, celle-ci obtenait de nouveau une prolongation de sa licence pour cinq années supplémentaires. Des contradictions parfois difficiles à assimiler pour les Sud-africains.

Idriss Linge
agenceecofin.com

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