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Les défis économiques de l’Angola après Dos Santos

Les défis économiques de l’Angola après Dos Santos

Les résultats définitifs des élections générales en Angola sont attendus pour cette semaine, le 6 septembre 2017, selon ce qui avait été promis par la commission électorale. Malgré la contestation de l’opposition comme de la société civile (ou des rares activistes encore capables de s’exprimer), le MPLA devrait sortir vainqueur et son candidat, Joao Lourenço, devenir président. L’Angola vit une crise sans précédent, frappé par la récession, face à la baisse du cours du prix du pétrole mais aussi en raison du détournement massif de fonds publics et la mauvaise gestion. Un nouveau président après 38 ans de Jose Eduardo Dos Santos. Quels sont les chantiers et les défis auxquels le nouveau président devra-t-il faire face ?

C’est interdit en Angola, mais personne ne s’aventure cette année à changer de l’argent ailleurs qu’au marché noir. 100 dollars rapportent 36, parfois même jusqu’à 38 000 kwanzas, la monnaie locale. A la banque ce n’est pas le même tarif :

« Au marché officiel, 16 000 kwanzas. Il y a beaucoup de problèmes, pas d’argent, pas de travail. Il n’y a pas de devises étrangères. »

Pour obtenir des euros ou dollars en Angola, il faut une autorisation spéciale du parti-Etat, le MPLA. Le Portugal aurait admis, selon une source diplomatique, avoir 2 milliards de dollars de transfert qui n’ont pas été honorés par l’Angola. Ce chiffre dépasserait les 5 milliards au niveau européen. Beaucoup de sociétés ont renoncés à faire de l’import–export avec Luanda. Le volume des importations françaises a par exemple baissé de 60% l’an dernier. L’une des priorités pour les partenaires de l’Angola, c’est de dévaluer le Kwanza. En plein centre de Luanda, les locaux de ce cabinet d’architecture 100% angolais sont vides. La crise a durement touché ce jeune entrepreneur :

« On est pragmatiques, on gère au jour le jour. On essaie de voir, il y a des jours c’est bien et des jours où ce n’est pas bien. En ce moment c’est surtout pas bien. Je me suis penché plus sur comment indemniser mes employés qui ont travaillé pendant 10 ans ici pour certains, comment payer mes impôts… »

L’Angola n’avait pas l’an dernier une croissance nulle, mais était en récession de 3,6%, un chiffre de l’institut national de statistiques gardé secret en cette année électorale. Mais pour l’économiste et patron du magazine économique angolais l’Expansion, Carlos Rosado, il est vital pour Luanda de rétablir sa crédibilité et cela passe pour lui par un recours au Fond monétaire international (FMI) :

« Nous avons déjà fait un accord avec le FMI en 2008 et 2009. C’était du point de vue de la transparence. C’était la meilleure période de l’Angola depuis l’indépendance. C’est trop important pour donner de la crédibilité de l’Angola dans les marchés financiers. Nous avons besoin d’investissements étrangers. »

Le principal problème de l’Angola, deuxième pays producteur de pétrole d’Afrique, ce n’est pas la baisse du prix du baril. Ce choc extérieur n’a rendu que plus flagrant, deux travers selon les experts, la mauvaise gestion, mais surtout l’absence de diversification et le désintérêt de la classe dirigeante pour des activités à moindre rendement ou revenus.

rfi

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