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Les entreprises chinoises nous apportent l’espoir

Les entreprises chinoises nous apportent l’espoir
Le 4 septembre 2014, le président zimbabwéen Robert Mugabe a participé à la cérémonie d'inauguration d'un programme hydraulique financé par la Chine au sud du lac Kariba

 

Aujourd’hui encore, toute la population africaine ne peut pas jouir de la vie moderne apportée par l’accès à l’électricité. On estime qu’à peu près 635 millions de personnes en Afrique subsaharienne ne sont pas couvertes par le réseau électrique. La réalisation de l’électrification dans cette région nécessite de grands investissements. Selon un rapport d’évaluation publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les entreprises chinoises jouent un rôle de plus en plus important dans le développement du secteur de l’électricité en Afrique subsaharienne.
Un rôle clé
De nombreux pays africains sont confrontés à l’insuffisance de l’alimentation en électricité. Par exemple, au Kenya, la lampe à pétrole reste encore le principal moyen d’éclairage dans beaucoup de foyers. D’après des données de la Banque africaine de développement, moins de 40 % des pays africains seraient en mesure de réaliser la couverture complète de l’électricité d’ici 2050.
Récemment, un séminaire en ligne a été organisé par Paul Simons, directeur exécutif adjoint de l’AIE, et David Bénazéraf, responsable du programme de cet établissement en Chine, lors duquel on a publié un rapport intitulé L’électrification de l’Afrique subsaharienne : la participation de la Chine, qui indique que la Chine tient véritablement un rôle clé dans la promotion du développement énergétique local.
Le rapport montre que la Chine a augmenté son investissement en Afrique ces dernières années, en participant à la construction locale des infrastructures électriques, d’une manière active sans précédent. La Chine a également accru sa participation dans d’autres domaines. Pour le moment, plus des trois quarts des pays subsahariens ont signé un contrat avec la Chine pour de nouvelles constructions électriques. Au cours des années 2010-2015, les investissements de la Chine en Afrique subsaharienne ont atteint 13 milliards de dollars. Que ce soit dans l’installation des fils électriques transfrontaliers entre l’Éthiopie et le Kenya ou dans la construction du réseau de distribution d’électricité entre l’Angola et la Guinée équatoriale, on peut témoigner de la participation active des entreprises chinoises. Par ailleurs, celles-ci ont offert des équipements d’énergie solaire aux régions rurales de quelques pays, tels que le Rwanda ou les Comores.
D’après David Bénazéraf, auteur principal du rapport, 56 % des programmes de la Chine en Afrique sont basés sur l’énergie renouvelable, essentiellement sur l’hydroélectricité. La Chine projette de lancer, au cours des années 2010-2020, plus de 200 programmes concernant l’électricité en Afrique subsaharienne, avec 17 GW de capacité installée, qui représentera 10 % de la capacité totale installée dans la région.
« Les pays africains ont besoin du soutien de la Chine en matière de développement du système électrique, pour assurer leur croissance économique et améliorer le niveau de vie de leurs peuples », remarque Paul Simons.
Une aide pratique
David Rogers, expert en changement climatique du Fonds pour l’environnement mondial, montre que le continent africain, qui dispose de riches ressources renouvelables, doit « transplanter » les technologies et les expériences de la Chine sur son sol, et que l’investissement de la Chine donnera une aide considérable à l’Afrique en matière de production d’électricité propre et durable. En fait, la Chine est déjà devenue un partenaire sûr et fiable pour les pays africains au cours de leur processus de développement et de modernisation.
En Tanzanie, la proportion de l’utilisation civile de l’électricité n’est que de 19,8 %, ce qui entrave largement le développement socio-économique local. Pour résoudre ce problème, le gouvernement tanzanien a lancé un programme ciblé. Au mois de juillet 2013, Shanghai Electric Power Co., Ltd et Tanzania Electric Supply Company (TANESCO) ont signé un mémorandum d’entente sur ce programme. Au mois d’octobre de la même année, avec le témoignage du premier ministre tanzanien Mizengo Pinda, elles ont créé une société à capitaux mixtes baptisée la SARL de production d’électricité Shang-hai-Tanzanie, qui se charge du financement, de la construction et de la gestion du programme. On estime que ce programme peut fonctionner pendant 20 ans, avec une capacité qui atteindra 600 MW.
« En tant que la plus grande centrale électrique à gaz en Tanzanie, ce programme représentera 18 % de la capacité totale installée dans le pays après sa mise en service, tout en créant plus de 200 emplois, ce qui peut non seulement soulager la situation de pénurie d’électricité en Tanzanie et économiser sur le coût de production de l’électricité, mais également promouvoir le développement de l’économie nationale », présente Shao Shengxin, directeur général de la SARL de production d’électricité Shanghai-Tanzanie.
Selon Humphrey Moshi, professeur d’économie à l’université de Dar es-Salaam, l’industrialisation que le gouvernement tanzanien s’évertue à stimuler nécessite l’augmentation du niveau d’approvisionnement en électricité. Cependant, du fait que le pays manquait d’expérience en matière de construction, d’entretien des équipements ainsi qu’en contrôle et gestion des centrales électriques, il n’y avait pas une garantie fondamentale pour son développement industriel. Par exemple à Dar es-Salaam, on était obligé de subir chaque semaine une coupure d’électricité d’une vingtaine d’heures. « Maintenant, les entreprises chinoises nous apportent l’espoir. Avec l’avancement du programme de la SARL de production d’électricité Shanghai-Tanzanie et du programme des lignes de transmission et de transformation de l’électricité entre Dar es-Salaam et Arusha, notre vie ne sera plus affectée par la coupure d’électricité, notre industrialisation sera assurée, et le développement socio-économique de la Tanzanie commencera à s’accélérer », indique-t-il.
Responsabilité sociale
Le 1er août 2016, les travaux du programme d’interconnexion des réseaux électriques Éthiopie-Kenya ont commencé. Ils sont entrepris par China Electric Power Equipment and Technology Co., Ltd, qui relève de State Grid Corporation of China (SGCC), et sont appelés « l’autoroute de l’électricité en Afrique de l’Est ». Ceci est non seulement un programme intergouvernemental clé entre les deux pays, mais également l’un des programmes majeurs de l’est de l’Afrique dans le domaine de l’interconnexion des réseaux électriques. En tant que passage important de l’exportation de l’électricité depuis l’Éthiopie, sa mise en service sera bénéfique pour accélérer l’interconnexion des réseaux électriques entre les régions du nord et du sud de l’Afrique, pour réaliser le développement harmonieux entre les infrastructures électriques et l’interconnexion des réseaux électriques de l’est de l’Afrique, ainsi que pour fournir l’apport de l’électricité dans le développement économique régional.
« Nous attachons une haute importance à ce programme, et nous espérons qu’il pourra devenir un bon modèle de programme transnational », déclare Rong Hulin, responsable des travaux du programme d’interconnexion des réseaux électriques Éthiopie-Kenya. Réputé comme le « château d’eau de l’Afrique de l’Est », l’Éthiopie possède une bonne capacité de production hydroélectrique, tandis que le Kenya est désireux d’importer des énergies propres pour assurer son approvisionnement en électricité.
Dans les préparatifs du programme, les gouvernements des deux pays demandent que les infrastructures soient sécuritaires, économes et pratiques, ainsi China Electric Power Equipment and Technology Co., Ltd a fait plusieurs essais sur les équipements. « Une tour électrique possède neuf modes, nous avons testé et ajusté chaque mode dans le but de satisfaire les besoins des propriétaires. Ainsi, le travail sur une tour électrique nécessite à peu près une semaine, explique Rong Hulin. En fait, la longue durée des travaux et la forte intensité du travail sont acceptables pour nous. Ce qui est le plus ardu, c’est qu’il est parfois dangereux de travailler en zone dépeuplée au sud de l’Éthiopie. Au cours de la prospection du site, nos travailleurs ont été menacés par des organisations extrémistes comme l’Al-Shabbaab. »
Selon M. Rong, étant donné que l’Éthiopie adopte les standards italiens et allemands dans le domaine de la conception et de la construction, les entreprises de supervision qu’elle engage venant naturellement de ces deux pays se montrent méfiantes sur les standards chinois. Par des communications répétées et des explications sur les standards chinois, China Electric Power Equipment and Technology Co., Ltd a finalement obtenu l’approbation de ses interlocuteurs. S’en tenant à l’idée statuant que “la réalisation d’un projet dans une région doit apporter le bonheur aux habitants locaux”, l’entreprise met activement en œuvre sa responsabilité sociale, en protégeant et renforçant l’amitié sino-éthiopienne. Elle déploie des efforts afin que ce programme devienne un modèle de coopération économique sino-éthiopienne.
« L’Ethiopian Electric Power Corporation (EEP) et la SGCC entretiennent de bonnes relations collaboratives. Les technologies et les capacités de la SGCC sont fiables et peuvent aider l’Éthiopie à élever le niveau de son industrie électrique, apporter de riches expériences et un esprit de coopération amicale, ainsi que constituer un bon exemple pour d’autres travaux de construction en Éthiopie en matière de gestion, de standards, de qualité et de coopération de bonne foi », déclare un représentant de l’EEP.
Jouissant de riches ressources hydrauliques, éoliennes et solaires, les pays africains recherchent tous une transformation vers des programmes d’exploitation d’énergies propres qui s’adaptent à leur situation nationale. En plus, le mode de financement se transforme graduellement de la garantie du gouvernement en un partenariat public-privé (PPP). « Ces dernières années, le prix des marchandises de grande consommation reste bas, les monnaies des pays africains ont été dévaluées de manière considérable, le déficit public augmente, et le mode de financement appuyé sur la garantie du gouvernement manque de durabilité », indique Wang Wenbin, représentant en chef de la Banque industrielle et commerciale de Chine sur le territoire africain. Le rapport de l’AIE souligne que les pays africains sont ravis de coopérer avec les entreprises chinoises, avec un prix de revient de la construction relativement bas et une durée des travaux plus courte.

 

Par WANG YURAN, journaliste au Quotidien du Peuple accrédité en Afrique du Sud, et WANG YUAN, journaliste au Quotidien du Peuple accrédité en France.
(Extrait publié le 8 août 2016 au Quotidien du Peuple)

china.org.cn

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