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Les financements privés à la rescousse des pays en développement

Les financements privés à la rescousse des pays en développement

La barre des 1.000 milliards de dollars investis dans les investissements liés au climat dans les pays en développement a été franchie. Le secteur des énergies renouvelables y prend des airs d’Eldorado.

Le chiffre donne le tournis, même s’il n’est qu’un avant-goût des « montagnes financières » que les pays en développement vont devoir déplacer si l’on veut mettre au pas le réchauffement de la planète. Le marché des investissements « climato-compatibles » y dépasse le billion de dollars – autrement dit plus de 1.000 milliards de la monnaie américaine -, selon une toute récente étude de l’International Finance Corporation (IFC).

Mais il en faudra beaucoup plus à ces pays pour arriver à se mettre être en ligne avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat. Les experts de cette filiale de la Banque mondiale estiment que ce sont des « milliers de milliards » qu’il va leur falloir parvenir à lever auprès des investisseurs privés.

La tâche est titanesque mais pas insurmontable. « Le secteur privé a toutes les cartes en main : l’innovation, le financement et les outils », considère Philippe Le Houérou, le PDG d’IFC. « Mais le déclenchement de ses interventions demande des réformes et des business models innovants propres à faire émerger de nouveaux marchés », prévient-il.

L’eau en tête des secteurs les plus porteurs

L’Egypte vient d’en fournir l’exemple. Il y a une semaine, les dirigeants du pays signaient un accord pour réaliser une tranche d’ un des plus grands parcs d’énergie solaires au monde : 13 centrales d’une capacité totale d’environ 752 MW, pouvant alimenter plus de 350.000 personnes. Un projet estimé à 823 millions de dollars sur lequel l’IFC a engagé 202 millions, entraînant dans son sillage un kyrielle de bailleurs de fonds privés pour plus de 450 millions de dollars. Les réformes prises au niveau gouvernemental ont été décisives, assure le staff de l’IFC.

De telles opportunités d’investissement, pour peu qu’on les facilite, seraient légion. Dans le secteur des énergies renouvelables, il y en aurait pour 11.000 milliards de dollars d’ici à 2040, estiment les experts de la Banque Mondiale. Le bâtiment, lui, pourrait générer 3.400 milliards de marchés d’ici à 2025, dès lors que les pays du sud se dotent de normes de qualité plus strictes et décident d’accorder les encouragements financiers nécessaires.

Le marché de l’adduction d’eau et de l’assainissement bat tous les records. L’IFC lui prédit un « chiffre d’affaires » de 13.000 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. Mais encore faut-il que les Etats concernés jouent le jeu. Primo, en fixant un mode de tarification compatible avec les capacités d’emprunt des investisseurs. Secondo, en facilitant les partenariat pubic-privé dans ce secteur.

L’agrobusiness, un peu moins prometteur

Les secteurs les plus dificiles à cerner en termes d’ «investissement climat » sont les transports urbains. L’étude estime tout de même à des « milliers de milliards de dollars les sommes susceptibles de devoir être mobilisés dans la décennie à venir », pour adapter les infrasctures et rendre les réseaux plus performants. Les besoins en capitaux de l’agro-business sont du même ordre de grandeur.

Joël Cossardeaux
lesechos

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