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Les fintech veulent s’imposer dans les services bancaires aux entrepreneurs

Les fintech veulent s’imposer dans les services bancaires aux entrepreneurs

La néobanque allemande N26 lance une offre de banque mobile pour les autoentrepreneurs et projette de s’adresser aux entreprises.

 

Les accrocs entre banques et TPE nourrissent les espoirs de nombreuses fintech qui s’aventurent sur le terrain des services bancaires à ces petites entreprises. Après avoir fait ses gammes auprès des clients particuliers, la néobanque allemande N26 – pionnière de la banque sur smartphone – inaugure ainsi, ce mercredi, son compte N26 Business. Conçu sur le modèle de son compte 100 % mobile pour les particuliers, celui-ci sera disponible dans un premier temps pour les seuls autoentrepreneurs des 17 pays dans lesquels N26 opère. « D’autres fonctionnalités dédiées aux clients professionnels arriveront plus tard cette année », explique Valentin Stalf, fondateur de N26 qui entend bien s’attaquer aussi aux comptes des personnes morales…

En France, des initiatives similaires émergent. Adossés à des établissements de paiements qui réalisent les transactions et endossent la responsabilité des contrôles anti-blanchiment, des start-up veulent concurrencer les banques auprès des clients entrepreneurs et TPE. C’est le cas de la fintech Qonto qui a vu le jour au printemps 2016 avec l’ambition de devenir la banque des start-up mais aussi de Monaize qui doit lancer une première version de son offre de banque mobile pour les TPE dans les prochaines semaines.

Plus de transparence

Tous sont persuadés qu’ils peuvent apporter de la transparence dans le maquis des tarifs des banques traditionnelles, faire baisser les prix jugés excessifs vis-à-vis des clients entreprises et fluidifier les processus tels que l’ouverture de compte. « L’enrôlement des clients entreprises peut se révéler extrêmement complexe puisque la banque doit avoir connaissance des bénéficiaires effectifs de la société. Mais toutes les entreprises ne sont pas aussi complexes à traiter. Nous voulons créer un processus de connaissance de nos clients sur-mesure pour faciliter l’entrée en relation », explique Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur d’Ibanfirst. Cette plate-forme de services financiers pour les PME et les entrepreneurs ambitionne de son côté d’imbriquer des services bancaires grâce à des technologies API pour concurrencer les banques traditionnelles sur différents métiers (le change, les transferts internationaux, etc.)

Contrairement aux tarifs bancaires appliqués aux clients particuliers, ceux dont doivent s’acquitter les entreprises n’ont pas fait l’objet d’un encadrement strict des régulateurs. C’est donc logiquement la carte du prix que veulent jouer ces nouveaux entrants. Adeptes du « freemium », Ibanfirst offre ainsi l’accès au code IBAN et aux transactions en euros. Reste une différence de taille entre les banques traditionnelles et ces nouveaux acteurs : ces derniers n’ouvrent pas l’accès à de précieuses lignes de crédit. Monaize envisage, par exemple, de mettre en relation ses clients avec des acteurs du « crowdfunding ». Une manière d’éviter de se lancer dans des analyses de risques poussées susceptibles d’augmenter les risques et de renchérir les coûts.

Sharon Wajsbrot,
Les Echos

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