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Les grandes ambitions automobiles de l’Iran

Les grandes ambitions automobiles de l’Iran

Téhéran veut exporter 1 million de voitures à l’horizon 2025, grâce à des coentreprises avec les constructeurs étrangers. PSA et Renault sont en première ligne.

 

Un rectangle de sept kilomètres sur deux dans la lointaine banlieue de Téhéran, au pied des montagnes séparant la capitale iranienne de la mer Caspienne. C’est depuis cette usine géante qu’Iran Khodro veut prendre un nouvel élan. Via les accords passés avec Renault et PSA, les 30.000 salariés du site assembleront bientôt des Peugeot 208 et 301, entre autres – soit des modèles bien plus sophistiqués que leur production actuelle. Pour servir son marché intérieur (et exporter), le premier constructeur iranien souhaite doubler sa production en dix ans, et atteindre 1,1 million d’unités en 2025.

Le rêve d’Iran Khodro colle de près avec celui des autorités iraniennes, son actionnaire à 14%. Avec Saipa, l’autre « régie » nationale, tous entendent profiter de la levée progressive des sanctions internationales pour faire de l’Iran un point névralgique de l’automobile mondiale.

Multiplication des coentreprises

En clair, Téhéran vise une production de 3 millions de véhicules d’ici à 2025, presque deux fois plus que le pic historique de 2011 (1,6 millions de véhicules), et quatre fois plus qu’en 2013, au plus fort de l’embargo international. Malgré une profonde récession, l’Iran était classé au 16e rang mondial des pays producteurs en 2014, juste derrière la Turquie.

Les autorités locales veulent également devenir un centre d’exportation, avec pour objectif d’écouler 1 million de voitures à l’extérieur de ses frontières en 2025. Ces huit dernières années, le pays a exporté environ 200.000 véhicules vers l’Irak, la Syrie, la Russie, voire l’Algérie ou le Venezuela. Pour y parvenir, le gouvernement iranien compte multiplier les coentreprises avec les constructeurs étrangers, et « réserver 50 % du marché aux marques locales », détaille Thomas d’Haussy, chez PSA. Si les constructeurs allemands ne semblent pas encore vraiment lancés, Nissan et Hyundai ne veulent pas rater l’occasion, aux côtés des français – PSA a lancé son retour dans le pays en février dernier et Renault vient de signer un accord pour s’y installer… « On veut des joint-ventures pour apprendre, pour acquérir un savoir-faire en design et en plate-formes », souffle un cadre de Saipa.

Un niveau de production déjà élevé

« Ils sont bons, même s’ils manquent de pièces », confirme Patrick Koller, le directeur général de PSA. Il existe bien un millier de fournisseurs locaux, mais ceux-ci sont assez fragmentés. Résultat, quelques éléments manquent à l’appel, comme les échappements, les pneus ou les faisceaux non filaires. « Ils ont raison de vouloir se positionner comme un centre important dans la région. Leurs opérateurs sont bien formés, et leurs ingénieurs parlent anglais », note José-Vincente De Los Mozos, le directeur industriel de Renault.

JULIEN DUPONT-CALBO / lesechos.fr

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