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Les groupes de négoce préoccupés par les nouvelles règles européennes.

Les groupes de négoce préoccupés par les nouvelles règles européennes.

Le secteur craint une hausse des coûts du trading de matières premières.

Enrayer la spéculation excessive sur les matières premières. C’est devenu le cheval de bataille des régulateurs, aux Etats-Unis comme en Europe. Mais la volonté de Bruxelles de renforcer la régulation de ces marchés contrarie fortement les grands négociants basés en Europe. En particulier, l’idée qu’a l’Union européenne d’imposer des limites de position sur les dérivés que les traders peuvent détenir sur des produits.

Jusqu’à présent, les maisons de négoce ont été soumises à une régulation beaucoup moins contraignante que les établissements financiers occidentaux. Mais la directive MIF 2, destinée à rendre les marchés financiers plus transparents, pourrait changer la donne, en leur imposant des règles identiques.

« Cette dispense va expirer et, à moins qu’elle soit prolongée, le secteur du négoce devra se conformer à la directive sur les exigences de fonds propres, exactement comme les banques », souligne Trafigura dans un rapport publié récemment. Or, pour la société, qui est l’un des plus grands négociants de pétrole et de métaux au monde, « il y a peu, voire aucune justification » à cela car, contrairement aux banques, il est improbable que les groupes de négoce posent un risque systémique pour l’économie.

Les producteurs pénalisés

En revanche, « cela augmenterait les coûts du négoce de matières premières, pas uniquement au détriment des seules maisons de trading, mais aussi des producteurs et des consommateurs », assure Trafigura, qui expose ses arguments en une soixantaine de pages.

La préoccupation est la même chez Louis Dreyfus Commodities, géant du commerce de produits agricoles. « La nourriture n’a jamais été aussi peu chère qu’aujourd’hui, mais pour combien de temps ? » a prévenu Margarita Louis-Dreyfus, en marge de la publication des résultats de Louis Dreyfus Commodities, fin mars. En effet, la présidente de Louis Dreyfus Holding craint que, à terme, une hausse des coûts pour l’ensemble des acteurs agricoles (qui utilisent les marchés à terme pour couvrir leurs risques) ne finisse par limiter leur volonté de produire plus. Et fasse en conséquence grimper les prix des denrées alimentaires. « La régulation en soi ne nous pose pas de problème, c’est davantage la façon dont elle se fait », a-t-elle regretté.

Par Muryel Jacque
lesechos.fr

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