vendredi 22 mars 2019

Accueil / Tic & Telecoms / Les jeux vidéo vont devenir de moins en moins chers

Les jeux vidéo vont devenir de moins en moins chers

Les jeux vidéo vont devenir de moins en moins chers

Le « cloud gaming » pourrait permettre à l’industrie vidéoludique de toucher davantage de joueurs. Le marché du jeu vidéo poursuivra sa croissance dans les années à venir.

Loin des yeux, près du coeur. A croire les professionnels, la transition de la console de salon vers des services de jeu vidéo exécuté à distance depuis des centres de données pourrait d’abord profiter aux joueurs, et in fine, à l’ensemble du marché. « Le prix d’entrée dans le jeu vidéo va chuter car il n’y aura plus besoin de s’offrir une console ou un ordinateur dernier cri », parie Emmanuel Freund, le PDG de Blade. La société française en hypercroissance revendique 65.000 abonnés à son service d’ordinateurs en ligne, dont une grande majorité de joueurs très passionnés.

« Le nombre de joueurs pourrait augmenter de 10 % », indiquent, sans donner d’échéance, des analystes de Morgan Stanley. Dans une note parue en novembre dernier, ils anticipent une bataille entre fabricants de console et éditeurs de jeu qui tenteront de capter cette audience grandissante. Les seconds seront moins dépendants des premiers si les consoles perdent de leur importance.

Dans le détail, Morgan Stanley prédit que la valeur du marché du matériel pourrait se réduire à 8 milliards de dollars en 2025, contre 18 milliards en 2018. En revanche, le marché des services d’abonnements pour le jeu vidéo pourrait, lui, être multiplié par dix en sept ans et peser 19,5 milliards de dollars à cette échéance. Au total, le marché mondial du jeu vidéo devrait voir ses ventes augmenter de 5 % par an jusqu’en 2025.

Microtransactions

En passant d’une logique où prévalait l’achat régulier de jeux divers, à un modèle de plate-forme où un jeu capitalise dans le temps sur une communauté de fans en ligne, les éditeurs contribuent aussi à réduire les barrières à l’entrée. Plutôt que de dépenser plusieurs dizaines d’euros pour commencer à s’amuser sur un nouveau titre, les joueurs payent maintenant de petites sommes au fil du temps pour enrichir une expérience initialement gratuite.

Néanmoins, l’industrie vidéoludique cherche encore son modèle sur ce sujet. Les éditeurs rivalisent d’ingéniosité et d’appâts pour inciter l’achat de petit bonus en cours de jeu. Parfois, ils vont trop loin. Certains titres se sont révélés très chers pour les joueurs les plus accrocs qui ont pu dépenser des fortunes en microtransactions de ce type. L’an dernier, une polémique a éclaté dans de nombreux pays à propos des « loot boxes ». Certains assimilaient ces pochettes-surprises de biens virtuels dont le contenu est généré aléatoirement à une forme de pari qu’il conviendrait selon eux de réguler.

Abonnement plutôt qu’achat à l’unité

De leur côté, les fabricants de consoles consolident l’offre d’éditeurs partenaires dans des offres d’abonnement, à l’image du Game Pass de Microsoft, du PlayStation Now ou du Switch Online de Nintendo. Pour quelques euros par mois, les joueurs ont accès à une sélection d’une centaine de titres, régulièrement mise à jour. Auparavant, il aurait fallu débourser entre 20 et 60 euros pour chaque jeu…

Sur ce modèle, reste à savoir si la logique de revenus récurrents sur un temps long mise en place par les éditeurs sera suffisamment efficace pour bien rémunérer les créateurs.

Florian Dèbes
lesechos

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut