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Les leaders de la gestion d’actifs ont souffert en 2015

Les leaders de la gestion d’actifs ont souffert en 2015

Pour la première fois depuis 2011, le montant des encours sous gestion a diminué en 2015 à 76.700 milliards de dollars. Les Etats-Unis dominent, mais les gestionnaires français ont su tirer leur épingle du jeu sur un marché compliqué.

C’est une première depuis 2011. Les géants de la gestion de fonds ont enregistré une baisse de leurs actifs sous gestion en 2015, selon l’étude réalisée par Willis Towers Watson et le magazine américain Pensions & Investments. La baisse est sensible, compte tenu des montants en jeu : le total de l’encours de gestion, toutes régions confondues, a reculé de 1,7%, soit l’équivalent de 1.400 milliards de dollars (plus que la capitalisation de la Bourse de Paris ou le PIB de l’Espagne). Les 500 plus gros gestionnaires d’actifs au monde veillent encore sur 76.700 milliards de dollars. Le trio de tête reste inchangé. BlackRock conservait fin 2015 son statut de numéro un mondial de la gestion d’actif, et ce pour la sixième année consécutive (avec 4.645 milliards d’actifs sous gestion), devant Vanguard Group (3.398 milliards) et State Street Global (2.244 milliards). Dans le Top 5, Fidelity Investments (2.035 milliards) prend la place au pied du podium au détriment d’Allianz Group (1.926 milliards).

« Le déclin des actifs mondiaux est révélateur de l’impact qu’ont les conditions d’investissement difficiles et les fluctuations des devises sur les gestionnaires du monde entier », explique Pierre Wendling chez Willis Towers Watson, alors que « le ralentissement économique a pesé sur les performances des investissements ». La forte baisse des taux d’intérêt dans le monde et la piètre performance des marchés actions en 2015 (-2,74 % pour le MSCI World) ont pu peser aussi sur la performance de certains gérants, alors que la montée du dollar notamment face à l’euro a pénalisé les gérants européens dans ce classement en dollars. Mais ce déclin illustre aussi le ralentissement de ce marché perçu déjà en 2014, avec une croissance de seulement 2,4 %, la plus faible depuis 10 ans.

Concentration dans le Top 20

Un autre aspect plus technique a aussi pu réduire la taille des actifs gérés selon Pierre Wendling : «les gestionnaires d’actifs repensent leurs modèles économiques, les plus grands internalisant leurs capacités de gestion et ceux de taille plus modeste se regroupant ce qui n’est pas sans incidence sur les flux de capitaux dans le secteur », surtout dans un contexte d’évolution de la réglementation vers plus de contrainte. Ce qui pourrait encore peser sur les encours en 2016. La concentration se poursuit d’ailleurs, puisque les 20 plus gros gestionnaires concentrent 41,9 % des actifs, à 32.100 milliards (-1 %), contre 41,6 % fin 2014.

Sans surprise, les Etats-Unis restent le pays dominant en matière de gestion d’actifs avec un total de 44.000 milliards de dollars (soit 57 % du total), mais il n’échappe pas au reflux, avec un recul de 1,1 %. La baisse est surtout sévère pour le continent européen : -3,3 % à 25 .100 milliards de dollars, sachant que, dans cette zone, le Royaume Uni limite son repli à 2 % à 6.600 milliards.

Huit américaines dans le Top 10

Cette domination des Etats-Unis se retrouve dans le classement des plus grosses sociétés de gestion au monde. Le pays place huit de ses entreprises dans le top 10 (69 % des actifs gérés) dont les quatre plus grosses et près d’une entreprise sur deux dans le Top 50 est américaine. La France tire son épingle du jeu avec Axa Groupe, huitième mondiale et deuxième européenne derrière Allianz Group (propriétaire de Pimco), alors que BNP Paribas grimpe à la 12ème place (+ 2) juste derrière Deutsche Bank. Amundi reste à la seizième place alors que Natixis perd une place (21ème). Le top 20 est d’ailleurs marqué par une assez nette stabilité, puisqu’une seule société apparaît dans ce classement : Wells Fargo, passé en un an de 643 milliards d’actifs sous gestion à 890 milliards de dollars.

Si la plupart des sociétés de gestion ont enregistré une légère baisse de leur encours, selon Willis Towers Watson, à l’image de State Street Global (- 203 milliards) et Allianz (-263 milliards), certaines ont gagné des parts de marchés, tels Vanguard (+ 250 milliards), Goldman Sachs (+74 milliards ) et BNP Paribas (+81 milliards). En pourcentage des actifs gérés, Aegon Group (+22,5 %), Sumitomo Mitsui (+15,9 %) et Legal & General (+14,4 %) sont les trois gérants à avoir affiché la plus forte croissance.

Gestion passive à la peine

L’étude montre aussi le net repli de la gestion passive en termes d’encours, -5,5 % à 5.216 milliards de dollars. Un coup d’arrêt alors qu’elle pesait moitié moins en 2011 (2.533 milliards) et que depuis dix ans, elle avait tendance à progresser plus vite (11,4 % par an en moyenne contre +3,6 % par an pour l’ensemble des 500 plus gros fonds). Globalement, la part de la gestion passive a peu progressé depuis 2011, sa part de marché étant passé de 20,3 % à 21,7 % des encours Enfin, si les actions et les obligations représentent encore 78,2 % des portefeuilles, elles ont enregistré une forte baisse de 7,1 % en 2015, au profit surtout des actifs alternatifs (+25,1 %). « L’augmentation des actifs alternatifs prouve que dans un contexte de rendements atones et d’incertitude accrue, les investisseurs se doivent de trouver d’autres sources de diversification et de rendement supérieur », rappelle Pierre Wendling. .

Pierrick Fay
lesechos

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