dimanche 25 août 2019
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Les marchés financiers ballotés par la guerre commerciale

Les marchés financiers ballotés par la guerre commerciale

Les anticipations d’une entrée en récession de l’économie américaine dans les douze prochains mois n’ont jamais été aussi élevées depuis 2009. Les investisseurs s’attendent à de nouveaux épisodes de volatilité.

La tempête provoquée début août par l’escalade dans la guerre commerciale entre Washington et Pékin a laissé des traces sur les marchés. Les investisseurs, qui redoutent par dessus tout un ralentissement de la croissance mondiale, ont les nerfs à vif.

Les tensions politiques en Argentine et à Hong Kong, en alimentant ces inquiétudes, ont fait remonter l’aversion au risque d’un cran à cette semaine. Après une brève accalmie, le VIX, l’indice de volatilité le plus regardé à Wall Street souvent considéré comme l’« indice de la peur », est même repassé au-dessus de 20 points. Et les valeurs refuge en ont profité : l’once d’or a touché 1.535 dollars et les rendements obligataires ont poursuivi leur chute . Le taux américain à 30 ans a flirté avec son plancher historique de 2016 (2,098 %) et en Europe, le rendement du Bund est descendu encore plus loin en territoire négatif (jusqu’à -0,619 % en séance).

La spirale baissière qui menaçait de se ré-enclencher a été interrompue par les annonces de report des surtaxes américaines sur certains produits électroniques en provenance de Chine ce mardi. Les droits de douane supplémentaires, initialement annoncés pour septembre, n’entreront finalement en vigueur qu’en décembre. En soi, la nouvelle ne change pas réellement la donne mais elle redonne un peu d’espoir aux investisseurs sur la suite des négociations. « Il n’est pas rare que le milieu de l’été soit agité, d’autant que la liquidité est faible. Les tensions politiques à Hong Kong, en Argentine, en Italie et au Royaume-Uni sont de nature à occuper les marchés », commente Tangi le Liboux, stratégiste chez Aurel bgc.

Enquête auprès des investisseurs

La plupart des investisseurs parient d’ailleurs sur de nouveaux épisodes de volatilité à court terme. Depuis 2009, ils n’ont jamais été aussi nombreux à anticiper une entrée en récession de l’économie américaine dans les douze prochains mois. La dernière enquête de Bank of America Merrill Lynch auprès des gestionnaires d’actifs révèle qu’ils sont désormais près d’un tiers à tabler sur ce scénario. Pour eux, la chute des taux d’intérêt est appelée à se poursuivre. 43 % d’entre eux s’attendent à une baisse des rendements obligataires à court terme ces douze prochains mois. Une proportion au plus haut, là aussi, depuis 2008.

Par ailleurs, les conséquences de la guerre commerciale commencent à se faire sentir. Notamment pour les pays très dépendants des échanges internationaux. A Singapour, le gouvernement a ainsi été contraint de revoir son scénario économique et il prévoit désormais une stagnation pour cette année.

Mais paradoxalement, la diminution de l’appétit pour le risque et la détérioration de l’environnement économique n’annoncent pas forcément le pire pour les marchés actions . Plus les taux baissent, plus, en relatif, ceux-ci paraissent attrayants.

Sophie Rolland
lesechos

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