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Les marchés obligataires redoutent la fin de trente-cinq ans de hausse

Les marchés obligataires redoutent la fin de trente-cinq ans de hausse

C’est la grande peur qui hante en ce moment les investisseurs. Les politiques des banques centrales montrent leurs limites.
La remontée des taux pourrait provoquer beaucoup de remous.

99 % des professionnels de la finance ne connaissent que lui : le « bull market » obligataire. Autrement dit, un environnement économique et monétaire favorable aux obligations. Cela fait trente-cinq ans que les marchés vivent sous ce régime. C’est particulièrement flagrant sur les taux à 10 ans américains qui, entre 1981 et aujourd’hui, ont subi un déclin irrémédiable, passant de 16 % à 1 % (le point bas). Cette ère exceptionnellement longue serait-elle en train de toucher à sa fin ? C’est la grande crainte qui hante les marchés depuis quelque temps. La remontée des taux, ces dernières semaines , en témoigne. En toile de fond : la perspective d’un resserrement monétaire aux Etats-Unis à partir de la fin d’année, les interrogations sur l’avenir du programme d’achat d’actifs de la Banque centrale européenne (BCE) – interrogations qui n’ont pas trouvé de réponses ce jeudi -, et la relative incompréhension suscitée par les dernières annonces de la Banque du Japon . Mais cette peur, qui n’est pas nouvelle, est aussi nourrie par un changement de rhétorique au niveau mondial.

Limites atteintes

« Si les intervenants du marché obligataire sont si inquiets aujourd’hui, c’est parce qu’ils sentent qu’un changement décisif est dans l’air concernant le “policy-mix” [répartition des rôles entre la politique monétaire et la politique budgétaire, NDLR]. Les banques centrales et le FMI exhortent depuis longtemps les gouvernements à prendre le relais pour stimuler la croissance, car ils constatent que la politique monétaire a atteint ses limites », résume Albert Edwards, stratégiste chez Société Générale. De fait, on voit d’un côté des hommes politiques qui commencent à remettre en cause le dogme de l’austérité budgétaire ou la règle maastrichtienne des 3 % (les candidats républicains français, mais aussi Theresa May, la Première ministre britannique…). De l’autre, des banques centrales qui ont déployé des politiques exceptionnelles de soutien à l’économie mais qui n’ont pas atteint leurs objectifs et sont à cours de recettes. C’est le cas de la BCE. L’intervention de Mario Draghi, ce jeudi, a montré l’embarras dans lequel est plongée l’institution. Celle-ci semble avoir du mal à se projeter et en appelle une fois de plus aux dirigeants européens.

Isabelle Couet
les echos

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