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Les marchés sous la baguette de la dévaluation chinoise

Les marchés sous la baguette de la dévaluation chinoise

La dévaluation du yuan continue de secouer les marchés, incitant les investisseurs à privilégier les obligations au détriment des actifs à risque. Les 19 indices sectoriels Stoxx Europe 600 reculent, à commencer par le luxe, l’automobile et les ressources de base.

Les marchés européens accusent leur plus forte baisse depuis six semaines, plombés par la nouvelle dévaluation du yen. Particulièrement exposés à la Chine, les grands exportateurs du Vieux Continent comme les constructeurs automobiles et les principaux groupes de luxe sont les plus touchés par les incertitudes concernant la croissance de la deuxième économie mondiale. Les matériaux de base comme le cuivre et les matières premières comme le pétrole pâtissent pour leur part des craintes d’excédents, d’autant que l’Opep a relevé son estimation concernant la production des pays non membres du cartel.

Reflet de la défiance des investisseurs pour les actifs à risque, l’emprunt allemand à deux ans a touché un plus bas historique à -0,2911%, contre -0,2772% hier soir, tandis que le 10 ans américain évolue sur des niveaux inédits depuis début mai. A contrario, l’euro fait preuve de fermeté, la monnaie unique ayant touché 1,1151 dollar ce matin, son meilleur niveau depuis le 10 juillet. La dévaluation du yuan incite certains cambistes longs sur le dollar à prendre une partie de leurs bénéfices.

A 12h25, le Cac 40 recule de 2,50% à 4.971,69 points, signant ainsi sa plus forte baisse depuis le 27 juillet (-2,57%) et son premier passage sous le seuil des 5.000 depuis le 29 juillet. Le volume d’affaires est relativement étoffé avec 1,95 milliard d’euros traités sur les valeurs de l’indice. Ailleurs en Europe, le Footsie londonien perd 1,36%, le Dax de la Bourse de Francfort 2,34% et l’Euro Stoxx 50 des principales valeurs de la zone euro 2,58%. Préservé hier par la perspective d’un troisième plan de sauvetage, l’ASE de la Bourse d’Athènes baisse de 1,51%. Le contrat future septembre sur indice Dow Jones plie de 0,97%.

Fed : la Banque centrale chinoise prend les devants

Après avoir abaissé hier de 1,9% le point médian de fluctuation de sa devise face au billet vert, la PBOC l’a à nouveau réduit de 1,6% à 6,3306 pour 1 dollar, son plus bas niveau depuis octobre 2012. Cette décision, qui fait craindre une relance de la guerre des devises, pourrait inciter la Fed à temporiser en matière monétaire face au risque de déflation importée. La probabilité d’une hausse des taux aux Etats-Unis en septembre est désormais évaluée à 40%, selon les contrats futures sur Fed funds, soit une baisse d’environ 14 points de base en deux jours.

Sur le Vieux Continent, la production industrielle de la zone euro s’est contractée de 0,4% en juin et affiche une croissance de 1,2% sur un an, contre respectivement -0,1% et +1,7% anticipés par Bloomberg. Au Royaume-Uni, le taux de chômage est resté stable à 5,6% de la population active sur les trois mois à fin juin. Aucun indicateur majeur n’est attendu aux Etats-Unis, mais William Dudley, le président de la Fed de New York, pourrait alimenter le débat sur le prochain tour de vis monétaire de la Réserve fédérale à l’occasion d’une intervention prévue à 14h30.

Le luxe perd de son éclat, nombreuses notes d’analystes

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les indices Stoxx Europe 600 du luxe et de l’automobile accusent les plus fortes baisses avec des replis de respectivement 3,48% et 2,96%. Valeo abandonne 4,89% à 114,80 euros, Faurecia 4,31% à 34,20 et LVMH 3,70% à 158,70.

Airbus Group recule de 3,94% à 61,75 euros, pénalisé par le rebond de l’euro face au dollar.

L’Oréal lâche 3,51% à 167,50 euros alors que Goldman Sachs a retiré le titre de sa liste de valeurs préférées (conviction buy), tout en maintenant son opinion à « achat ». Le même intermédiaire a abaissé son objectif de cours sur Danone (-2,59% à 60,28 euros) à 49 euros. Parmi les autres notes d’analystes, Citigroup a réduit ses cours cibles sur Crédit Agricole (-1,78% à 12,72) et sur Société Générale (-2,25% à 46,83).

Enfin, Lagardère baisse de 1,28% à 25,88 euros. Sa filiale Travel Retail s’apprête à acquérir Paradies, l’un des leaders du commerce aéroportuaire en Amérique du Nord, pour 485 millions d’euros, payables en numéraire. L’opération donnera naissance au numéro deux du secteur sur le continent nord-américain, avec un chiffre d’affaires cumulé proche de 730 millions d’euros.

A LIRE EGALEMENT, la revue des recommandations d’analystes.

John Wiburg (@JohnWiburg)
lesechos.fr

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