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Les matières premières propulsées par la chute du billet vert

Les matières premières propulsées par la chute du billet vert

Le baril de pétrole américain dépasse 65 dollars pour la première fois depuis 2014. L’or a touché son plus haut niveau depuis dix-huit mois.

« Un dollar plus faible, c’est bon pour nous ». Ce commentaire du secrétaire d’Etat au Trésor américain, Steven Mnuchin, lâché mercredi au Forum économique de Davos, n’en finit pas de faire monter les marchés des matières premières. Pour la plupart libellées en devise américaine, celles-ci ont en effet une corrélation inverse à son évolution.

Après un gain de 1,47% dans la foulée des propos de l’ex-banquier de Goldman Sachs, l’indice Bloomberg Commodity, qui regroupe une vingtaine de ressources cotées, montait encore jeudi, à des niveaux sans précédent depuis octobre 2015.

En tête, le pétrole s’enflamme. Avec des volumes d’échanges particulièrement importants sur le WTI, le brut américain. Le baril a dépassé les 66 dollars : un pic depuis décembre 2014. L’annonce d’une nouvelle baisse des stocks de brut aux Etats-Unis , pour la dixième semaine consécutive, a joué également. Mais moins qu’à l’accoutumée, constatent les analystes. « Ces statistiques n’ont eu qu’un rôle subordonné dans la hausse des prix », affirme-t-on ainsi chez Commerzbank. De son côté, le Brent vaut désormais plus de 71 dollars, c’est là aussi un plus haut depuis plus de trois ans.

Les investisseurs se ruent sur l’or

L’or est l’autre matière première à profiter pleinement du nouvel affaiblissement du billet vert provoqué par les propos de Steven Mnuchin. L’once a été propulsée à plus de 1.366 dollars, , avant de redescendre légèrement. Et, à l’instar du pétrole, les volumes d’échanges sur le marché à terme ont été deux fois plus élevés qu’en moyenne. Les investisseurs se sont en outre précipités sur les ETC (pour exchange traded commodities) adossés à l’or, dont les encours sont à présent au plus haut depuis mai 2013.

« Le dollar s’est massivement déprécié en réponse [aux commentaires du secrétaire d'Etat], donnant en échange un puissant coup de pouce aux métaux précieux, relate Commerzbank. Et cette ascension est due presque uniquement à la faiblesse du dollar, preuve en est que l’or libellé en euros n’a enregistré qu’un gain modeste et reste sous les 1.100 euros l’once. »
Nickel, zinc, toujours plus haut

Les métaux industriels ont également réagi au net repli du dollar. L’indice LME a grimpé à son niveau le plus important en près de cinq ans. Déjà à des sommets de plusieurs années, le nickel, le zinc , le plomb ont encore accéléré leur gains.

Les investisseurs ont en outre pris en compte les indications du président américain Donald Trump, mercredi, concernant le programme d’infrastructures, qui pourrait nécessiter, a-t-il assuré, des investissements de 1.700 milliards de dollars au cours des dix années à avenir. Soit bien davantage que les 1.000 milliards annoncés au départ.

Même si, pour l’heure, le marché attend encore des détails sur ce grand plan dans les jours qui viennent.

lesechos.fr

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