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Les politiques des banques centrales en question au FMI

Les politiques des banques centrales en question au FMI

Réunion des ministres des Finances du G20, vendredi, à Washington. La volatilité des monnaies est au centre des débats.

L’évolution des politiques monétaires des grands pays industrialisés et les conséquences sur leurs monnaies respectives seront l’un des thèmes abordés, dès ce vendredi, par les ministres des Finances du G20. Réunis en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, à Washington, les grands argentiers évalueront les risques induits par la valse des taux de change au cours de ces derniers mois. La question ne sera pas tant la guerre des changes larvée que l’impact des variations du billet vert et des devises qui lui sont attachées, notamment le yuan chinois, sur l’économie mondiale.

Dans l’anticipation d’un resserrement monétaire de la part de la Réserve fédérale (Fed) consécutif à la solide reprise aux Etats-Unis, le taux de change réel du dollar s’est apprécié d’environ 10 % depuis le mois d’octobre. L’euro et le yen, eux, en raison des politiques d’assouplissement quantitatif agressives de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon , ont perdu 7 % de leur valeur. Lors de son point presse, jeudi, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a rappelé que les réunions de ce week- end sont justement l’occasion de discuter « derrière des portes closes » d’un renforcement du système monétaire international. Pour l’heure, les variations de change vont plutôt dans le bon sens en soutenant la reprise économique au sein de la zone euro et au Japon. Mais la tentation actuellement répandue de ne compter que sur une dépréciation du taux de change pour relancer l’économie pourrait exacerber les tensions au sein de la communauté internationale, a mis en garde Christine Lagarde.

Probable resserrement monétaire américain

Les ministres des Finances auront à cœur d’écouter la présidente de la Fed, Janet Yellen. Car le probable resserrement monétaire américain – en juin ou en septembre – pourrait donner lieu, non seulement à une nouvelle appréciation du dollar mais aussi à une nette remontée des taux d’intérêt. « Une plus grande appréciation du dollar couplée avec une hausse soudaine des taux d’intérêt américains […] pourrait renforcer la pressions sur les devises et les marchés des pays émergents », avertit le FMI.

L’inquiétude est d’autant plus prononcée qu’un grand nombre d’entreprises cotées de ces pays émergents se sont endettées en dollars. Une déstabilisation des marchés de capitaux des pays émergents n’est pas à exclure. De son côté, le président de la BCE devrait démontrer les bienfaits de sa politique d’achats d’actifs. Si le FMI se montre satisfait de cette politique, il n’en souligne pas moins ses dangers. Un environnement prolongé de faibles taux d’intérêt pourrait menacer la solvabilité de certaines compagnies d’assurances. Une fois de plus, les ministres des Finances devraient se voir conseiller d’entreprendre des réformes structurelles.

Car l’autre grand sujet sur la table sera centré sur une croissance mondiale trop faible pour résorber le chômage . D’où la demande insistante du FMI et de la Banque mondiale d’accroître les dépenses d’investissement pour augmenter le taux de croissance potentiel de l’ensemble des pays. Que ce soit par une dérégulation du marché du travail, une hausse des dépenses d’infrastructure, une facilitation du commerce international ou la formation et l’éducation. Sinon, la communauté internationale risque de se complaire dans une « nouvelle médiocrité », selon Christine Lagarde.

Richard Hiault / Grand reporter
lesechos.fr

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