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Les réassureurs toujours sous haute pression tarifaire

Les réassureurs toujours sous haute pression tarifaire

Selon Standard & Poor’s, les prix devraient baisser entre 0 et 5 % en 2017.
La rentabilité du secteur devrait se dégrader.

 

Le bout du tunnel ne semble pas en vue pour les réassureurs, dont les tarifs sont sous pression depuis plusieurs années. Les premières discussions sur les prix de la réassurance pour les renouvellements du 1er janvier 2017, qui vont s’engager à partir de ce week-end à Monte-Carlo, lors des Rendez-vous de septembre, s’annoncent une nouvelle fois très délicates pour eux. « Le cycle sera baissier pour une période plus longue », soutient Lotfi Elbarhdadi, chez Standard & Poor’s, qui évoque une baisse des prix comprise globalement entre 0 et 5 % pour 2016 et 2017. « Malgré certains signes montrant que les pressions tarifaires se modèrent du côté [de la réassurance] des catastrophes naturelles, il est encore trop tôt pour dire que le bas de ce cycle a été atteint », confirme Moody’s. Pour Fitch Ratings aussi, les conditions tarifaires seront « toujours aussi difficiles » pour le secteur en 2017. « Les signes de stabilisation en 2016 doivent être considérés prudemment », estime l’agence de notation.

La survenance de catastrophes majeures peut évidemment changer le sens des négociations à venir. D’autant plus que « les discussions se terminent de plus en plus tard » en décembre, comme l’a rappelé cette semaine Denis Kessler, le PDG de SCOR, lors de la présentation du nouveau plan stratégique du réassureur français. Mais, pour l’heure, la donne est toujours la même. L’offre reste toujours supérieure à la demande, après avoir croulé sous un afflux de capitaux alternatifs apportés par des investisseurs en quête de rendements, au travers d’obligations catastrophe par exemple. Ces capacités surabondantes sont « le premier catalyseur de la baisse continue des prix », relève Moody’s.

L’étau se resserre

Dans le même temps, les assureurs ont eu tendance à retenir plus de risques sur leur bilan, parce qu’ils en avaient les moyens. « La baisse de la demande vue récemment semble s’être stabilisée en 2016, sans qu’il y ait d’augmentation en vue », note toutefois S&P. Dans ce contexte, « l’étau se resserre un peu plus » sur les réassureurs, conclut Lotfi Elbarhdadi. D’après S&P, la rentabilité du secteur devrait se dégrader, avec un ratio combiné (sinistres et frais rapportés aux primes) attendu en moyenne entre 97 % et 102 % pour 2016, et entre 100 % et 104 % pour 2017. Selon l’agence de notation, le rendement des fonds propres (RoE) devrait tomber aux alentours de 7 à 9 % en moyenne en 2016 et 2017, contre 10,7 % en 2015.

« Les réassureurs les mieux positionnés pour affronter le cycle actuel seront les rares compagnies qui sont capables d’arriver à des alignements stratégiques avec leurs contreparties assureurs », estime Moody’s. S&P fait observer pour sa part que les grands réassureurs ont été capables en 2016 de « repousser » les velléités des clients leur demandant d’assouplir leurs termes et conditions.

 

 

Laurent Thévenin / lesechos.fr

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