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Les révélations chocs qui déstabilisent la Fifa

Les révélations chocs qui déstabilisent la Fifa

L’audition et l’acte d’accusation de l’ex-dirigeant Charles Blazer mettent à nu un système de corruption généralisé.

Soupçonné et même vilipendé de longue date, le système de corruption au sein de la Fifa, la Fédération internationale de football association, est mis à nu avec les documents publiés mercredi – dans la soirée, heure française – par le Département de la Justice des Etats-Unis. Il s’agit de l’audition, recueillie le 25 novembre 2013, et de l’acte d’accusation de Charles Blazer, ancien secrétaire général d’avril 1990 à décembre 2011 de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et ex-membre du comité exécutif de la Fifa de 1997 à 2013. Cet imposant septuagénaire américain, riche et fantasque s’est franchement mis à table. Le résultat est édifiant. Petite synthèse de ses propos sur les éditions 1998 et 2010 de la Coupe du monde.

Mondial 1998

« Durant mon passage à la Fifa et à la Concacaf, parmi d’autres choses, moi même et d’autres [personnes, NDLR] ont accepté que moi-même ou un coconspirateur commettent au moins deux actes relevant du racket. Parmi d’autres choses, j’ai accepté avec d’autres personnes en 1992 ou autour de cette date de faciliter le versement d’un pot-de-vin pour la sélection du pays hôte de la Coupe du monde 1998. .

« Blazer était présent quand un représentant du comité de candidature marocain offrit un pot-de-vin au coconspirateur 1, en échange l’accord de coconspirateur 1 de voter au comité exécutif de la Fifa en faveur du Maroc. Coconspirateur 1 [son identité est connue du département de la Justice des Etats-Unis, NDLR] accepta l’offre. (…) Coconspirateur 1 indiqua à Blazer de contacter des représentants du comité de candidature marocain pour déterminer quand le paiement interviendrait. »

Mondial 2010

« De 2004 et jusqu’en 2011, moi et d’autres membres du comité exécutif de la Fifa acceptèrent des pots-de-vin en vue de la désignation de l’Afrique du Sud comme pays organisateur de la Coupe du monde 2010. »

« (…) Au Maroc, un représentant du comité de candidature marocain offrit de payer 1 million de dollar à coconspirateur 1 [en échange de son vote en faveur du Maroc, NDLR] (…) Blazer apprit de coconspirateur 1 que des représentants de la Fifa, le gouvernement sud-africain et le comité de candidature sud-africain étaient prêts à arranger le versement par le gouvernement sud-africain de 10 millions de dollars à l’organisation du football contrôlée par coconspirateur 1 pour soutenir la diaspora africaine. Blazer comprit l’offre comme étant un échange pour que coconspirateur 1, Blazer et coconspirateur 3 [son identité est également connue de la justice états-unienne, NDLR] votent pour l’Afrique du Sud plutôt que pour le Maroc. »

Cet extrait de l’acte d’accusation fait référence à l’enveloppe qu’aurait reçue l’ancien vice-président de la Fifa, Jack Warner, autre personnalité sulfureuse mise en cause par la justice américaine. Ce transfert, révélé par les médias américains, aurait été supervisé son secrétaire général, Jérôme Valcke. La Fifa avait démenti mardi toute intervention de ses dirigeants et l’Afrique du Sud niait tout marchandage. C’était quelques heures avant la démission de Joseph Blatter… Un jour avant la publication des révélations choc de « Chuck » Blazer.

Christophe Palierse
lesechos.fr

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