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Les télécoms béninois face au «SIM boxing»

Les télécoms béninois face au «SIM boxing»

Au Bénin, le secteur de la téléphonie mobile est touché par le phénomène du « SIM boxing ». C’est une fraude qui consiste à détourner et transformer les appels internationaux entrants en appels locaux. Les fraudeurs empochent la différence de taxation. Conséquence : une gêne pour les usagers et des pertes financières pour les opérateurs et l’Etat. Mais le gouvernement a adopté récemment une mesure qui va permettre de limiter la fraude.

Pour son travail, Romuald reçoit souvent des appels de l’étranger. Depuis quelques mois, voilà ce qui se passe : « C’est un numéro local qui apparaît sur mon téléphone et des fois je ne décroche pas, explique-t-il. Cela pose comme problème que, déjà, quand on m’envoie un mail en me disant qu’on m’a appelé et que je n’ai pas décroché, je comprends après l’impossibilité que j’ai à joindre quelqu’un sur le numéro local qui s’affiche. »

Ces appels sont détournés par des boîtes remplies de cartes SIM. Explication de Raoul Facounde, chef de la division revenu, assurance et fraude de Moov, l’un des opérateurs.

« Ces boîtiers SIM-box permettent de transformer des appels internationaux en appels locaux. Ces appels internationaux sont collectés depuis Internet et subissent une dégradation au niveau de la qualité d’écoute », dit Raoul Facounde.

Détecter les cartes SIM suspectes

Pour les opérateurs, l’impact est sérieux. Cela pose un problème de sécurisation et ils ont mis en place des outils de détection des SIM suspectes pour les désactiver. Il y a aussi d’importantes retombées financières.

« Pour l’opérateur, il gagne moins d’argent parce qu’il utilise son matériel qui devait terminer en appel international et qu’il termine en appel local. Il ne prélève donc que les frais d’un appel local. L’Etat, qui à l’entrée d’un appel international dans le pays doit percevoir des taxes, ne les perçoit pas », détaille Jean-Claude Akogbeto, responsable régulation et conformité à MTN, un autre opérateur.

Le phénomène, qui existait déjà, s’est accentué après l’augmentation en mars dernier des taxes sur les appels internationaux entrants, de 28 à 53 francs CFA la minute contre 5 francs CFA pour le local.

« Si vous avez des systèmes de taxation, qui imposent de façon élevée les appels internationaux, il y a un intérêt pour les gens de frauder. Des opérateurs peuvent avoir intérêt à le faire et bien sûr de connivence avec ces fraudeurs, analyse Hervé Guedegbe, secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste. Aujourd’hui, avec la loi des finances 2017, l’ensemble des taxes qui étaient prélevées sur le volume des trafics ont été éliminées. Donc, aujourd’hui, le Bénin vient d’apporter une réponse convaincante. »

Les principales sociétés de téléphonie pensent que le meilleur moyen de lutter contre le SIM boxing, c’est qu’il n’y ait plus d’écart entre les tarifs locaux et internationaux. Il faut aussi que le régulateur sanctionne les opérateurs peu scrupuleux.

rfi

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