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Les valeurs moyennes ont encore battu les stars du CAC 40

Les valeurs moyennes ont encore battu les stars du CAC 40

Les PME cotées font mieux que leurs aînées pour la 5 e année de suite.
La rotation sectorielle a un peu freiné leur ascension au dernier trimestre.

Pour la cinquième année d’affilée, les petites et moyennes valeurs ont battu les grandes du CAC 40. Mais en 2016, il s’en est fallu de peu. L’indice CAC Mid & Small a gagné 7,19 % contre +4,86 % pour le CAC 40. C’est l’écart le plus faible depuis 2012. Le mouvement de rotation sectorielle initié en septembre a en effet permis aux grandes valeurs de combler une partie de leur retard, dans le sillage notamment des valeurs financières, quasi absentes des indices small et midcap. « Le rebond des marchés a été assez brutal depuis l’élection de Donald Trump et lorsque les investisseurs souhaitent investir rapidement sur les actions, dans un premier temps ils achètent d’abord les grandes valeurs, beaucoup plus liquides », constate Pascal Boiteau, directeur général de Portzamparc. Entre octobre et décembre, l’indice CAC 40 a ainsi gagné 9,31 % contre 4,75 % pour le CAC Mid et Small. « La rotation sectorielle a un peu ralenti la performance, mais le mois de décembre a été exceptionnel, avec de nombreux rattrapages de valeurs cycliques. Il représente à lui seul l’essentiel de la performance de l’année ! » ajoute Régis Lefort chez Talence Gestion.

Terrain de chasse privilégié

Chasser le naturel et il revient au galop. « La croissance des résultats va rester le principal moteur des marchés, ce qui sera plus favorable aux valeurs moyennes qu’aux grandes qui, par nature, évoluent peu ou prou en fonction de la croissance économique », poursuit Pascal Boiteau. En 2016, la croissance des BPA a été de 12 % contre 0 % pour les grandes valeurs du CAC. « Le différentiel de croissance est significatif », constate Régis Lefort. Pour 2017, le consensus table encore sur une croissance de 14 % des bénéfices par action, « comme pour les grandes valeurs », ajoute le gérant de Talence Gestion, « mais celles-ci sont plus susceptibles de faire l’objet de révision en baisse. Les sociétés de plus petite taille sont plus flexibles, capables de tirer parti d’opportunités, d’adapter rapidement leur organisation et d’aller chercher la croissance. »

La classe d’actifs a aussi profité des opérations financières qui se sont multipliées en 2016. « Les valeurs moyennes sont le terrain de chasse privilégié des entreprises qui cherchent à faire de la croissance externe ou des fonds en quête d’actifs à restructurer », explique Régis Lefort. Il y a eu une trentaine d’opérations en 2016 sur des entreprises comme Cegid, Octo, Ausy, Saft, Gameloft… Cela devrait continuer en 2017.

Les valeurs moyennes et petites semblent aussi bien placées pour conserver leurs avantages dans un contexte où « la conjoncture européenne s’améliore et où l’euro faible devrait aussi être favorable », selon Régis Lefort. Ce dernier ne voit pas d’ailleurs « de sous-performance à venir liée à la rotation sectorielle, ni d’impact négatif des élections en France en 2017 ». Pour Pascal Boiteau, les élections ne seront pas non plus « un problème vu de France, parce qu’on ne voit pas les extrêmes arriver au pouvoir, mais les investisseurs étrangers sont, eux, beaucoup plus craintifs que nous. L’impact éventuel d’une incertitude sur les élections à venir serait sans doute beaucoup plus fort sur les grandes valeurs ». La raison ? Ce qu’il appelle les « artifices des marchés. Sur les petites et moyennes valeurs, il n’y a moins de “short”, de stratégie de couverture, de trading haute fréquence, car la liquidité est plus faible. Elles sont donc moins sensibles, moins volatiles dans ces périodes de tension. Avec les valeurs moyennes, on investit dans l’économie réelle, c’est plus visible, transparent ». Ces dix dernières années, l’indice CAC Small and Mid n’a sous-performé le CAC 40 qu’en 2007, 2008 et 2011, toutes des années difficiles pour les actions françaises.

Pierrick Fay, Les Echos

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