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Les valeurs pétrolières américaines en plein doute

Les valeurs pétrolières américaines en plein doute

Le secteur pétrolier chute à Wall Street depuis le début de l’année, alors que l’ouragan Harvey pourrait causer d’importants dégâts.

C’est une mauvaise nouvelle de plus pour le secteur énergétique aux Etats-Unis. L’ouragan Harvey pourrait avoir causé des dégâts importants dans les installations pétrolières de la région et notamment sur les centres de stockage ou les raffineries. Plusieurs raffineries ont dû fermer leur porte et interrompre leur production. On en compte rien qu’une dizaine à proximité de Houston et de Corpus Christi. Il faudra plusieurs jours pour pouvoir dresser un premier bilan matériel. Mais les autorités évoquent déjà une « tragédie prenant des proportions épiques ».

Un évènement climatique d’ampleur qui intervient alors que le secteur énergétique souffre en Bourse depuis le début de l’année. Hormis une hausse de 2,44 % en juillet, l’indice S&P 500 Energy s’apprête à enregistrer en août son septième mois de repli depuis le début de l’année. Le mois d’août a été particulièrement difficile puisque l’indice recule de 6,45 %, son pire mois depuis décembre 2015 (-10 %).

L’indice est au plus bas depuis avril 2016. A l’époque le baril de pétrole WTI valait 35 dollars. Le baril est ensuite remonté jusqu’à 54 dollars, mais depuis le début de l’année, il a reperdu du terrain (-13,9 %), entraînant dans son sillage les valeurs du secteur. Elles ont d’ailleurs tendance à amplifier cette baisse, puisque l’indice plonge de 17,4 % depuis le 1er janvier.

Des résultats en nette hausse

Le plus surprenant est que les valeurs pétrolières ont fortement augmenté leurs résultats au deuxième trimestre. Selon Thomson Reuters I/B/E/S, le secteur a enregistré la plus forte croissance des profits de tous les secteurs à Wall Street : +537,4 %. Il faut dire que les entreprises partaient de loin après une « annus horribilis » en 2016. Au deuxième trimestre, les profits des valeurs énergétiques du S&P 500 devraient se monter au total à 7,9 milliards de dollars, contre 1,2 milliard seulement un an plus tôt. Et les analystes restent confiant pour le troisième trimestre, puisqu’ils anticipent 9 milliards de profits au troisième trimestre, contre 3,9 milliards pour la même période de 2016. Sachant que dès le début de 2018, l’effet de base ne sera plus aussi favorable.

Or l’incapacité du prix du baril à se redresser au-dessus des 50 dollars n’augure rien de bon non plus pour les groupes pétroliers, et notamment les producteurs de pétrole de schiste qui pourraient commencer à réduire la voilure. Le reflux des prix du pétrole n’incite pas d’ailleurs les investisseurs à revenir sur le secteur, surtout à l’approche de la réunion de l’Opep en novembre prochain qui décidera notamment du sort de l’accord de réduction de la production de pétrole.

Une question de dividende

Conséquence, la visibilité s’est réduite sur le secteur. « Il est difficile pour les compagnies pétrolières de fournir une indication précise sur leurs investissements dans les 5 prochaines années ou leurs perspectives de rentabilité », constate Aurel BGC. « La priorité est donc de réduire au maximum les coûts et d’assurer le rendement aux actionnaires, en ayant recourt parfois à l’endettement ». Un vrai casse-tête, selon Barclays, pour qui les douze prochains mois seront « une période critique pour ces compagnies ». Elles devront se préoccuper de ce double défi : réduire les coûts pour dégager suffisamment de cash-flow pour couvrir leurs dividendes, tout en réduisant leur dette.

Paul Y Cheng chez Barclays considère malgré tout qu’il y a « toujours de la valeur » sur les plus grandes compagnies pétrolières, en raison de leur capacité à réduire leur prix de revient. Sa préférence va notamment à des entreprises comme Conoco et Exxon aux Etats-Unis, deux valeurs qui ont perdu plus de 13 % en Bourse cette année.

PIERRICK FAY
lesechos

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