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Les yeux rivés sur Trump et le dollar, la Bourse de Paris vire au rouge

Les yeux rivés sur Trump et le dollar, la Bourse de Paris vire au rouge

Les difficultés de Donald Trump dans le dossier Obamacare pèsent sur les marchés financiers, alors qu’on entre dans la saison des résultats trimestriels. Goldman Sachs et Bank of America sont sanctionnées. Netflix s’envole.

Voilà la Bourse de Paris revenue sous les 5.200 points, niveau qu’elle avait quitté mercredi 12 juillet. Les résultats trimestriels n’y sont pas pour grand-chose, puisque c’est la semaine prochaine que plus de la moitié du Cac 40 doit passer sur gril (26 publications !). La baisse est plutôt imputable au dollar américain, et plus largement à la politique américaine. Le refus, annoncé cette nuit par deux sénateurs républicains, de soutenir la réforme de l’Obamacare voulue par Donald Trump, rend la position du président américain encore plus compliquée dans ce dossier, et jette de nouveaux doutes sur sa capacité à mettre en œuvre son programme.

Les investisseurs en oublient presque le rebond du prix du pétrole, qui profite du repli du dollar mais aussi d’une information du consultant Petroleum Policy Intelligence selon laquelle l’Arabie saoudite envisage de nouvelles réductions de production pouvant atteindre 1 million de barils par jour. Le baril de Brent de la mer du Nord a touché 49,41 dollars, niveau inédit depuis le 4 juillet.

Wall Street achète Netflix et vend les banques

Aux Etats-Unis, Goldman Sachs a fait état d’une chute de 17% de ses revenus de trading au deuxième trimestre, et de 40% pour ceux provenant plus spécifiquement du marché obligataire. Les marges d’intérêt de Bank of America ont également déçu. Les deux banques cèdent entre 1 et 2% en première partie de séance, à New York.
A l’inverse, l’action Netflix s’envole de plus de 10% après avoir fait état, hier soir, d’une hausse de 5,2 millions de son nombre d’abonnés au deuxième trimestre. Les analystes attendaient une progression de 3,2 millions en moyenne. « Selon nous, la croissance rapide du catalogue, tirée par des contenus originaux qui, au total, ont amassé 91 nominations au Emmy awards la semaine dernière, est la raison de ce nombre important de nouvelles signatures », avance-t-on chez Morgan Stanley. La barre symbolique des 100 millions d’utilisateurs a été franchie, dont plus d’un sur deux hors du territoire américain. « C’était un bon trimestre », a sobrement noté la société dans sa lettre aux actionnaires.

Toujours à Wall Street, l’action Tesla rebondit après que son dirigeant a tenu des propos inquiétants la veille. L’emblématique Elon Musk a effrayé les investisseurs, hier, en déclarant lors d’une conférence politique que « le prix de l’action est plus haut que ce que nous sommes en droit de mériter. » Il s’est rapidement fendu d’un tweet pour adoucir ses propos, ce qui n’a pas empêché le titre de perdre 2,5%. Tesla Motors rebondit de plus de 1% ce mardi.

« Je devrais clarifier : l’action Tesla est évidemment haute si on se base sur le passé et le présent, mais basse si l’on croit au futur de Tesla. Placez vos ordres en conséquence… »
A New York, seul le Nasdaq se maintient (fébrilement) dans le vert. Le Dow Jones et le S&P 500 perdent entre 0,1 et 0,5%. Le Cac 40 termine la séance en repli de 1,09% à 5.173,27 points, dans un volume d’affaires toujours faible d’environ 3,22 milliards d’euros. Ailleurs en Europe, le Footsie londonien perd 0,19% et le Dax de la Bourse de Francfort 1,25%.

Les télécoms affectés par le suédois Ericsson

La tendance est par ailleurs affaiblie par la dégradation plus marquée que prévu du moral des investisseurs allemands en juillet, l’indice établi par l’institut ZEW ayant reculé à 17,5, son plus bas niveau depuis mars, contre 18,6 en juin et 18 attendu par le marché, ainsi que par les résultats décevants du suédois Ericsson, numéro un mondial des équipements de réseaux. Plus forte baisse du Cac 40, Nokia pâtit de cette annonce, d’autant que le suédois prévoit un ralentissement du marché des réseaux. Ericsson décroche de 14% à Stockholm, du jamais vu depuis octobre dernier.
Gecina baisse également. La foncière a annoncé une augmentation de capital d’environ 1 milliard d’euros en vue de financer en partie l’acquisition d’Eurosic.
Parmi les notes d’analystes, Société Générale a dégradé Bouygues de « conserver » à « vendre ». Morgan Stanley a abaissé Sodexo de « surpondérer » à « pondération en ligne ».

Enfin, Air France-KLM recule dans le sillage de Lufthansa, qui a pourtant relevé sa prévision de résultat opérationnel pour 2017. La compagnie allemande table par ailleurs sur un repli séquentiel de son revenu unitaire au second semestre. Les analystes parlent d’un mouvement de prises de bénéfices alors que Lufthansa a gagné près de 69% cette année, et Air France-KLM 157%.

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