mardi 07 avril 2020
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L’Europe en état d’urgence économique

L’Europe en état d’urgence économique

La crise sanitaire a pris un tour dramatique ce week-end en Europe avec les mesures drastiques de confinement prises par les gouvernements pour endiguer la propagation du virus. Ils doivent aussi agir aussi vite pour limiter la casse économique.

Après l’Italie, l’Espagne, la France, ont décidé ce week-end de fermer tous les lieux publics, à l’exception des commerces de bouche, des pharmacies et des stations essence. Le Luxembourg, les Pays-Bas suivent aussi cette voie. Cette paralysie soudaine sonne comme un arrêt de mort pour les plus fragiles. Les auto-entrepreneurs avec un loyer à payer, les patrons de PME avec des stocks et des employés sur les bras, et bien sûr les grandes entreprises en détresse, en particulier dans le secteur du transport. Certains analystes parlent déjà de la pire crise économique depuis celle des années 1930. Impossible d’en évaluer l’ampleur, une chose est sûre, estiment quatre anciens économistes en chef du FMI, dont le français Olivier Blanchard: la récession est déjà là, pas la peine d’attendre les chiffres officiels pour en avoir la confirmation.

Les gouvernements proposent tous des interventions massives pour soutenir leurs économies

Ce sont des plans d’urgence pour empêcher les faillites des entreprises et des particuliers. Berlin dit avoir sorti son bazooka avec 93 milliards d’euros à disposition des entreprises. C’est environ quatre fois plus que le plan annoncé il y a quelques jours par l’Italie. Paris devrait détailler aujourd’hui un plan à plus de 30 milliards d’euros. Et les demandes urgentes affluent déjà sur la table des gouvernements. La compagnie scandinave SAS est en détresse, la Lufthansa, Air France-KLM ont aussi besoin du soutien public. Le chômage partiel financé par l’État a été mis en place en Allemagne et en France. En Italie, les particuliers et les entreprises sont autorisés à suspendre le remboursement de leurs emprunts. Les gouvernements européens sont donc prêts à financer un soutien massif à leurs économies respectives, quel qu’en soit le prix.

Les dogmes budgétaires de l’Union européenne sont-ils abandonnés ?

Plutôt suspendus pour un temps indéfini. En fait, il existe déjà une clause de circonstance exceptionnelle permettant de dépenser plus sans comptabiliser cet effort dans le calcul du déficit. Si cela ne suffit pas, les Vingt-Sept peuvent activer la clause de crise générale ajoutée au pacte de stabilité et de croissance après 2008. Cette question pourrait être soulevée aujourd’hui même lors de la réunion en visioconférence des ministres des Finances des Vingt-Sept. Ils vont déjà avaliser le gonflement de l’enveloppe dédiée émanant de la commission, elle passe de 25 à 37 milliards d’euros pour financer la santé et le chômage partiel.

Cette nuit, la réserve fédérale a réduit ses taux et annoncée qu’une action concertée était menée avec d’autres banques centrales

La mobilisation est générale. Cette action concertée des banques centrales est bienvenue. Il manque encore une coordination entre les gouvernements. La détermination individuelle des États est sans faille, mais ils agissent encore en ordre dispersé. Une action collective gagnerait en puissance. Les Européens corrigent le tir. Après le cafouillage sur les masques, ils ont pris des mesures au niveau de la commission. La présidente de la commission Ursula Von der Leyen pousse les 27 à jouer la solidarité. On attend aussi plus de coordination des pays les plus riches. La visioconférence du G7 prévue aujourd’hui à l’initiative du président Macron apportera un premier élément de réponse.

rfi

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