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L’ex-patron de Volkswagen touche 3.100 euros de retraite… par jour

L’ex-patron de Volkswagen touche 3.100 euros de retraite… par jour
La Une de Bild - Les Echos / Jean-Philippe Lacour

Le quotidien populaire allemand Bild ouvre ce mercredi sur l’opulente retraite touchée par Martin Winterkorn, l’ex-patron du groupe Volkswagen.

L’ancien président du directoire de Volkswagen, Martin Winterkorn, qui a quitté la tête du groupe automobile à l’automne 2015 dès l’éclatement du scandale des moteurs diesels truqués, touche depuis ce mois de janvier une retraite de près de 3.100 euros … par jour. C’est le calcul effectué par le Bild, qui en fait sa « Une » ce mercredi.

L’ancien patron déchu de 69 ans a obtenu un droit annuel à une pension de retraite d’entreprise d’1,1 million d’euros par an, explique le quotidien populaire. De plus, il va bénéficier d’une voiture de fonction à vie. Selon l’association d’actionnaires minoritaires FSW, un ancien patron du « DAX », l’indice des 30 plus grands groupes cotés en Allemagne, touche en moyenne environ 630.000 euros de retraite par an.

Surnommé « Wiko » outre-Rhin, l’ex-patron autrefois le mieux payé l’Allemagne reste associé au « dieselgate ». Il avait quitté ses fonctions le 25 septembre 2015 à peine quelques jours après l’éclatement de l’affaire. Mais son contrat de travail s’est poursuivi jusqu’au 31 décembre 2016.

Droits à la retraite de 28,6 millions d’euros

Ainsi, même sans avoir travaillé durant toute l’année 2016, l’ex-dirigeant devrait avoir touché son salaire fixe supérieur à 1,2 million d’euros. S’ajoute à cela 30% de son intéressement au titre de l’année 2015 et qu’il n’avait pas encore perçu, soit 1,7 million d’euros dont le versement avait été reporté à fin décembre 2016, selon le Bild. Cela est d’ailleurs mentionné explicitement dans le rapport annuel du groupe pour l’exercice 2015, publié en milieu d’année passée.

Selon le même document, il est indiqué que Martin Winterkorn a accumulé à fin 2015 des droits à la retraite d’une valeur de 28,6 millions d’euros. Le million qu’il va toucher cette année n’en est donc qu’une fraction. Ni Volkswagen ni l’intéressé n’ont voulu répondre aux sollicitations du journal.

Pour se tirer financièrement du « dieselgate », le groupe automobile aux douze marques payera le plus lourd tribut aux Etats-Unis en raison des amendes à payer et du remplacement de centaines de milliers de véhicules. La facture dans le monde devrait dépasser les 20 milliards de dollars . Et ce sans connaître l’issue de plaintes judiciaires encore en cours, notamment en Allemagne (lire encadré). Le constructeur a par ailleurs annoncé 30.000 départs de salariés parmi plus de 600.000 dans le monde, un plan social qui va principalement frapper sa marque phare Volkswagen.

Première plainte de conducteurs lésés contre VW en Allemagne
C’est une nouvelle tentative par des clients lésés de Volkswagen d’obtenir justice en Europe. Le cabinet d’avocats américain Hausfeld a déposé une plainte contre Volkswagen devant le tribunal de Brunswick (Basse-Saxe) au nom de l’association allemande de défense des droits des consommateurs myRight. Ils demandent le remboursement d’un modèle diesel Eos acheté en 2010 pour une valeur de 41.000 euros. Il s’agit d’un cas devant servir de référence. Si les plaignants obtiennent la réparation demandée, des millions d’autres plaintes pourraient suivre en Allemagne et dans toute l’Europe, ce qui pourrait être fatal pour le groupe aux douze marques. Il a provisionné déjà 18,2 milliards d’euros à ce jour, notamment pour indemniser les propriétaires de voitures diesel aux Etats-Unis. Or cette somme n’inclut aucune indemnité à verser en Europe, où il s’en tire pour l’heure avec une modique réparation à effectuer au garage pour retirer le logiciel de trucage des tests d’émissions de CO2.

L’argument de MyRight, qui a rassemblé plus de 100.000 propriétaires de VW via son site internet : aucun client n’aurait acheté de véhicules du groupe s’il avait eu connaissance qu’il étaient équipés d’un logiciel interdit par la réglementation de l’Union européenne. L’association basée à Hambourg veut donc forcer VW à racheter les voitures au prix d’origine. Le groupe dit de son côté que les logiciels au coeur du scandale des émissions polluantes n’enfreignent pas la législation européenne et a refusé de commenter l’action intentée par myRight.

Jean-Philippe Lacour
lesechos

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