Accueil / Développement / L’heure de vérité a sonné pour la Grèce

L’heure de vérité a sonné pour la Grèce

L’heure de vérité a sonné pour la Grèce

Auncun dirigeant politique ou économique ne souhaite de «Grexit». La population grecque non plus.

Le sort de la Grèce sera-t-il finalement scellé? Les dirigeants européens se réunissent d’urgence ce lundi soir à Bruxelles pour tenter d’éviter le «Grexit», c’est-à-dire la sortie du pays de la zone euro. L’Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone, se réunira déjà à la mi-journée.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ne souhaitent toutefois pas négocier les détails d’un accord. La chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et le président de la Commission Jean-Claude Juncker ont tous trois exigé, lors d’une conférence téléphonique dimanche avec le premier ministre grec Alexis Tsipras, qu’un accord de principe soit déjà arrêté au niveau des experts. Resteront alors à négocier les termes d’un troisième programme d’aide pour la Grèce. Les deux premiers qui datent de 2010 et 2012 pour un montant de 240 milliards d’euros arrivent à échéance le 30 juin prochain.

Compromis

L’enjeu pour ce lundi est le déblocage de la dernière tranche de 7,2 milliards d’euros dont le pays a impérativement besoin pour rembourser des créances qui arrivent à échéance le 30 juin prochain. Sans cette aide, Athènes sera en situation de faillite. Les conséquences sont prévisibles: panique bancaire, mesures de contrôle des capitaux, recours à la planche à billets, retour à la drachme et, inexorablement, «Grexit».

Même si divers économistes affirment que l’Europe est prête à affronter un tel scénario, la réalité est que ni les dirigeants politiques, ni les responsables économiques européens et encore moins la population grecque ne souhaitent cette solution extrême. Le Wall Street Journal évoquait dimanche un effet de contagion aux pays d’Europe de l’Est ayant rejoint l’euro ces dernières années. Les Etats-Unis mettent aussi de la pression pour trouver une solution. Des banquiers américains, européens et suisses croient savoir qu’un compromis serait en vue.

Nouvelle proposition

Selon Kathimerini, un quotidien d’Athènes, le premier ministre grec a exposé dimanche matin les concessions qu’il entendait faire aux créanciers, notamment sur les retraites et la TVA, ce que son gouvernement a toujours considéré comme des vaches sacrées. Par la suite, il en a fait part à Angela Merkel, François Hollande et Jean-Claude Juncker. «Son gouvernement propose une solution qui mettra le pays sur la voie d’une croissance durable et qui ne se contentera pas de renvoyer le problème à plus tard», a-t-il dit, selon le journal.

A l’approche du jour J, les partis d’opposition grecs font aussi entendre leur voix. Antonis Samaras, chef de Nouvelle Démocratie (conservateur) et ancien premier ministre, a même déclaré à Kathimerini qu’il était prêt à prendre le relais et à négocier un accord avec les créanciers. Le centriste Stavros Theodorakis, chef de Potami, a appelé à une rencontre des dirigeants politiques grecs, ce qui pourrait représenter une sorte de soutien au gouvernement dans ses négociations. Enfin, Fofi Gennimata, la nouvelle cheffe du Pasok (sociaux-démocrates) appelle les créanciers à montrer de la solidarité et du respect pour la Grèce.

Ram Etwareea
letemps.ch

Aller en haut