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Ligne ferroviaire Cotonou-Niamey : comment le groupe Bolloré a floué Petrolin

Ligne ferroviaire Cotonou-Niamey : comment le groupe Bolloré a floué Petrolin

Après avoir arraché illégalement la construction du réseau ferroviaire Cotonou-Niamey au groupe Petrolin, des manœuvres subreptices sont toujours en cours pour que la lumière ne soit jamais faite au sujet de cette affaire.

Des informations parues le 07 juin dernier sur le portail officiel du Bénin font croire tout le contraire de la réalité dans cette affaire où le groupe Bolloré a décidé, avec la complicité des Etats du Bénin et du Niger, de violer un accord qu’il a paraphé. Dans ce communiqué le groupe Petrolin rétablit la vérité par un élément chronologique assez cohérent.

1. Le réseau ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey a fait l’objet d’un Appel d’Offres International lancé par les deuxÉtats du Bénin et du Niger le 4 août 2008 (réf. n° 5498/MDCTTP-PR/MTAC/DC/SG/OCBN) auquel PETROLIN a soumissionné.

2. PETROLIN a été désigné adjudicataire par les deuxÉtats, le Bénin et le Niger, par lettre 001/2010/MTTA/MTTTATP/PR/CPC du 22 juillet 2010.

3. Le Bénin et le Niger ont demandé le 7 novembre 2013 à PETROLIN d’accepter Bolloré comme partenaire stratégique (opérateur) dans le corridor gagné par PETROLIN, l’adjudicataire de la concession, ce que PETROLIN a accepté

4. Au cours de la rencontre d’acceptation du Groupe Bolloré comme partenaire stratégique dans le réseau ferroviaire, gagné par PETROLIN, les parties présentes, à savoir le Bénin, le Niger, PETROLIN (l’adjudicataire) et Bolloré (opérateur) ont arrêté d’un commun accord la répartition du capital de la société d’exploitation ferroviaire (confère Convention Cadre) créée par PETROLIN comme suit:

a.État du Bénin 10%

b.État du Niger 10%

c. Petrolin (adjudicataire et Privé béninois) 20%

d. Privé du Niger (20%)

e. Bolloré opérateur 40%

5. Dans la logique de l’acceptation de Bolloré comme partenaire stratégique dans le corridor Bénin-Niger, le 13 janvier 2014 l’adjudicataire PETROLIN et son partenaire stratégique Bolloré ont signé un accord de confidentialité, l’Engagement de confidentialité et d’Exclusivité, aux termes duquel :

a. «Le Destinataire (Bolloré) ne participera pas, et s’engage à ce que ses Personnes Rattachées ne participent pas, de quelque manière que ce soit, au Projet sans l’accord préalable écrit de la Partie Divulgante » (PETROLIN).

b. «Le Destinataire s’engage […] à ne pas mener ou être engagé ou intéressé, et s’engage à ce que ses Personnes Rattachées ne conduisent pas, ne s’engagent pas ou ne soit pas intéressés, dans un projet ayant un objet similaire, ou qui, en tout ou en partie, entre en concurrence avec le Projet ».

c. «Sauf autorisation express écrite de la Partie Divulgante, le Destinataire n’entamera pas de discussion avec des représentants del’État en connexion avec tout ou partie du Projet»

6. Contre toute attente, Bolloré, sans respecter les dispositions de cet accord avec le privé béninois, concepteur, développeur et investisseur dans son projet d’infrastructure au Bénin connu sous le nom de ProjetÉpine Dorsale, a proposé auxÉtats du Bénin et du Niger un projet dénommé Boucle ferroviaire ouest-africaine (Abidjan-Ouagadougou-Niamey), une boucle qui concerne aussi d’autres pays comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, sans que ces derniers n’aient pris part aux réunions entre Bolloré, le Bénin et le Niger.

7. Des réunions et des manifestations à Paris, Cotonou, Niamey au titre de cette soit disant Boucle ferroviaire ont amené le Bénin, le Niger et le Groupe Bolloré à signer, à notre connaissance, les documents suivants :

a. Memorandum d’Entente entre la République du Bénin, la République du Niger et le Groupe Bolloré pour la mise en œuvre du projet de Réhabilitation, Construction et Exploitation de la ligne ferroviaire Cotonou-Parakou-Niamey, signé le 7 novembre 2013 ; et le

b. Memorandum d’Application entre la République du Bénin, la République du Niger et le Groupe Bolloré, signé le 20 février 2014,

et organiser plusieurs manifestations au Niger et au Bénin dont la dernière est celle de Cotonou, commenté sur le portail officiel du Bénin en termes totalement contraires à la réalité des engagements pris par le Bénin, le Niger dans l’appel d’offres international gagné par Petrolin.

8. En effet, sur le Portail Officiel du Gouvernement du Bénin il est dit : « Le Président de la République a assisté ce mardi 2 juin, à la pose des premiers rails du projet de la boucle ferroviaire. Avec cette cérémonie, les populations de Pahou et de Porto-Novo pourront bientôt rallier Cotonou par voie ferroviaire, et vice-versa.

Le Bénin signe son entrée de plein pied dans le projet de la boucle ferroviaire. Longtemps attendus, les premiers rails de ce méga projet ont été posés ce mardi, à la gare centrale de Cotonou, en présence du Chef del’État et du PDG du groupe Bolloré Vincent Bolloré, partenaire stratégique du projet. Cette première phase du projet concerne les axes Cotonou-Pahou et Cotonou-Porto-Novo, d’une longueur de 50 km.

“Nous avons décidé de commencer dès maintenant les 50 premiers kilomètres. Nous allons faire 30 kilomètres de Cotonou jusqu’à Porto-Novo et une vingtaine de kilomètres pour gagner Pahou”, indique Vincent Bolloré. Pour lui, l’intérêt de cette première phase, c’est d’ouvrir une ligne de transports passagers Cotonou-Pahou et Cotonou-Porto-Novo. “Nous allons vous proposer dès décembre une inter-cité. Nous allons acheter des autorails que nous pensons inaugurer avant décembre prochain», ajoute-t-il tout en évoquant la possibilité de prolonger la ligne Est jusqu’à la frontière du Nigeria. Il s’agit, précise-t-il d’un projet ambitieux de 2700 km qui vise à faciliter la circulation des personnes et des biens et renforcer l’intégration économique au sein des pays de la sous région, notamment ceux du Conseil de l’entente. “Nous avons déjà fait 150 kilomètres entre Niamey et Dosso pour un investissement de 60 milliards de francs Cfa. Si ce n’est pas pour rejoindre Cotonou, cela n’a aucun intérêt de faire une voie au milieu du désert. Il y a un long plan qui part de Cotonou à Dosso. Nous allons commencer des travaux entre Dosso et Parakou pour que les deux équipes se rejoignent”, soutient-il.

“Au-delà des interconnexions routières et énergétiques, nous accordons une place de choix à l’interconnexion des rails. Ce dont nous parlons ici, c’est de la boucle ferroviaire qui va rapprocher les peuples, les économies, avec toutes les retombées économiques que vous savez, une main d’œuvre locale à exploiter déjà formée, et des économies d’échelle à créer”, se réjouit Boni Yayi tout en pariant sur la rentabilité de l’investissement mis en place par le groupe Bolloré. “C’est un investissement rentable dans la mesure où il est prévu des trains aussi bien pour les personnes que les marchandises. Cela fera du Bénin un hub sous-régional de négoce et de services à forte valeur ajoutée”, assure le chef del’État.

Estimes à plus de 8 milliards de francs Cfa, les travaux vers Pahou vont consister à l’acheminement de 2 700 tonnes de rails neufs, 42 000 traverses en béton, 35 000 tonnes de ballast, au remplacement complet des rails, traverses et ballast. Il est également prévu la réhabilitation des gares de Cadjehoun Saint Jean, Godomey, Cococodji et Pahou. D’autres matériaux sont annoncés pour poursuivre les travaux sur Porto-Novo où il est également prévu la construction d’une nouvelle gare. Le rythme de travail indiqué est de 700 à 800 mètres de rails par jour »

Extrait de l’Engagement de confidentialité et d’Exclusivité, signé le 13 janvier 2014

petrolin publié par LNT

lanouvelletribune.info

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