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L’Inde va acheter 36 Rafale “prêts à voler” à la France

L’Inde va acheter 36 Rafale “prêts à voler” à la France

Un accord entre la France et l’Inde sur la vente de 36 Rafale a été annoncé ce vendredi.

La France et l’Inde ont conclu un accord visant à acheter au plus vite 36 Rafale, soit deux escadrons. Cette annonce a été faite à l’Élysée par le Premier ministre indien, Narendra Modi, en présence du président de la République François Hollande. La négociation sur la vente de 126 Rafale prévue dans le cadre du contrat MMRCA va se poursuivre. Au moment où Narendra Modi arrivait en France, le journal indien The Hindustan Times affirmait déjà que New Delhi envisageait “sérieusement l’achat de jusqu’à 40 Rafale” en raison de “nécessités opérationnelles”.

“J’ai demandé au président (François Hollande) la fourniture de 36 Rafale prêts à voler à l’Inde”, a annoncé Narendra Modi lors d’une conférence de presse commune avec le chef de l’Etat français. Le Premier ministre, qui s’exprimait en hindi, a précisé que les termes et conditions du contrat n’étaient pas finalisés. “Nos fonctionnaires vont discuter de ces aspects plus en détail et poursuivre les négociations”, a-t-il précisé, selon la traduction de son intervention.

Concrètement, New Delhi et Dassault Aviation vont devoir dans les prochains mois finaliser la négociation financière et juridique du contrat. Dans ce cadre, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se rendra rapidement en Inde à cet effet, a précisé François Hollande. Dassault Aviation, qui fournit les Forces aériennes indiennes depuis plus de soixante ans, “est honoré de la confiance réitérée du gouvernement indien et se félicite de son intention de finaliser une acquisition de 36 Rafale à des conditions qui permettront de satisfaire rapidement les besoins de sécurité de l’Inde”, a expliqué l’avionneur dans un communiqué publié ce vendredi.

Poursuite des négociations sur les 126 Rafale

C’est un incroyable flash-back. En février 2007, Dassault Aviation, qui ne croyait pas à l’appel d’offre des 126 avions de combat, avait remis, en marge du salon Aero India de Bangalore, au ministère de la Défense indien une proposition non sollicitée portant sur la vente de gré à gré de 40 Rafale. Huit ans plus tard, l’histoire semble bégayé. François Hollande a indiqué à quelques heures de sa rencontre à l’Élisée avec le Premier ministre indien qu’il espérait “avancer” sur le dossier de la vente d’avions de combat Rafale à l’Inde alors que Narendra Modi a estimé que la France et l’Inde “devraient être en mesure d’avancer sur des bases mutuellement acceptables”, à l’occasion de sa visite en France.

Cet accord est séparé des négociations exclusives entamées il y a trois ans (janvier 2012) pour la livraison de 126 Rafale à New Delhi, dont 108 devaient être fabriqués en Inde. Les négociations sont en cours depuis plus de trois ans afin de surmonter des divergences portant entre autres sur le prix et la responsabilité sur les appareils. L’appareil français avait été préféré au Typhoon du consortium européen Eurofighter. Les négociations extrêmement techniques avec un transfert massif de technologies durent encore. Paris et New Delhi se sont entendus aussi sur la poursuite du travail concernant le transfert de technologies en Inde.

Pourquoi l’Inde veut se réarmer

New Delhi doit remplacer une partie de sa flotte d’avions de combat, aujourd’hui obsolète, notamment ses vieux Mig 21, un avion à la fois rudimentaire et performant mais qui date de la guerre froide (le plus produit au monde 11.000). Les premiers MiG-21 sont entrés en service dans l’armée de l’air indienne en mars 1963. Puis, ils ont été fabriqués en Inde sous licence entre 1977 et 1984 et 125 d’entre eux ont été modernisés en 2000. Entre 2003 et 2013, l’armée de l’air indienne (Indian Air Force), quatrième puissance aérienne mondiale, a perdu 38 MiG-21. C’est en grande partie pour cela que l’Inde a lancé en 2009 un appel d’offre baptisé MMRCA (126 avions de combat + une tranche optionnelle de 64 à 74 avions) pour renouveler une partie de sa flotte de combat.

Pour protéger ce pays immense, New Delhi doit également renforcer ses systèmes de défense face à son vieil ennemi de toujours, le Pakistan, et surtout face à la montée en puissance militaire de la Chine, considérée comme une menace à moyen-long terme (notamment à la frontière nord où les Chinois les avait déjà attaqués en 1960). D’ailleurs les Etats-Unis misent depuis plusieurs années sur l’Inde avec un renforcement des liens entre les deux deux pays après une période froide. Pour Washington, l’Inde est une tête de pont avancé contre la Chine.

Michel Cabirol
latribune.fr

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