jeudi 28 janvier 2021
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L’industrie du diamant à l’arrêt

L’industrie du diamant à l’arrêt

Des mines au commerce des pierres brutes et à leur polissage, l’industrie mondiale du diamant est encore largement paralysée par le Covid-19. Géant du secteur, De Beers cherche à relancer les ventes ailleurs que dans la capitale du Botswana, qui vient de se re-confiner.

Les sessions de présentation de diamants aux clients internationaux de De Beers ont été annulées en avril et en mai à Gaborone et elles ne sont pas près de redémarrer : les autorités du Botswana ont maintenu les frontières fermées et viennent d’imposer un nouveau confinement strict à la capitale après l’apparition de nouveaux cas probablement importés de Covid-19.

Une quinzaine d’années après avoir installé la commercialisation de ses pierres brutes au Botswana, De Beers cherche des alternatives pour relancer ses dix ventes annuelles au plus vite, quitte à rapprocher son produit de ses principaux clients en Belgique et en Inde.

Baisse de la production minière de 16 %

En Inde, où l’activité de la taille du diamant est loin de repartir. À Surat, où sont normalement taillés 90 % des diamants du monde entier, les ateliers sont quasiment vides, malgré le déconfinement décidé par les autorités indiennes. Et pour cause : les employés sont repartis dans leurs régions d’origine et ce sont eux, plus que les locaux du Gujarat, qui sont les plus qualifiés. L’industrie indienne de la taille songe même à se déplacer dans les villages.

La certification des pierres s’est arrêtée à Anvers en Belgique, de même que le polissage et le commerce du diamant à Tel-Aviv, en Israël… Depuis le mois de mars, toute la filière est paralysée, les mines ont fonctionné au ralenti en Afrique australe, la Russie diminue la voilure dans sa mine géante de Lomonosov, la production mondiale de pierres brutes pourrait chuter de 16 % cette année, estime Rapoport.

Chute de 25 % de la demande en 2020

Une offre restreinte qui ne fait pas grimper les prix de gros, ils devraient chuter de 10 % cette année selon Gemdax, les bijoutiers ayant fermé boutique dans les pays confinés. Le rebond de la consommation en Chine sera-t-il suivi ailleurs et en particulier aux États-Unis, où ont lieu la moitié des ventes ? On peut en douter avec l’impact qu’aura le coronavirus sur l’économie mondiale, le géant français du luxe LVMH a encore quelques semaines pour renégocier le prix de rachat de l’Américain Tiffany.

Car la demande de diamant devrait chuter de 25 % cette année selon Gemdax. L’industrie opère un virage accéléré vers le numérique pour sortir du modèle traditionnel des boutiques où se font encore 90 % des ventes.

rfi

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