dimanche 29 novembre 2020
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L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE MAROCAINE MET LE CAP SUR LES MARCHÉS AFRICAINS

L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE MAROCAINE MET LE CAP SUR LES MARCHÉS AFRICAINS

Avec 32 unités industrielles, 50 distributeurs et plus de 11 000 pharmacies, l’industrie pharmaceutique marocaine, qui produit près de 400 millions d’unités, occupe le second rang sur le continent africain. Grâce à d’importants investissements, des ressources humaines qualifiées, une expertise en phase avec les standards internationaux, l’industrie pharmaceutique a pu s’assurer une évolution exponentielle. 700 millions de Dhs est le montant moyen d’investissements annuels réalisés par le secteur, qui emploie un effectif de 9155 personnes et crée une valeur ajoutée de l’ordre de 4,6 milliards de Dhs.

Classé Zone Europe par l’OMS, le secteur couvre environ 70% de la demande intérieure et exporte près de 10% vers l’Afrique subsaharienne, des pays européens, et des pays du Golfe, réalisant un CA annuel d’environ 12 milliards de dirhams. COOPER MAROC, MAPHAR, SANOFI MAROC, SOTHEMA, Pharma 5, LAPROPHAN, Galenica, …font partie des principaux acteurs du secteur.

Evolution honorable

Fort de cette progression, le secteur déploie de nombreux efforts pour conquérir de nouveaux marchés, l’objectif étant d’augmenter la part des exportations pour atteindre 40%.

L’Afrique de l’Ouest, qui compte environ 350 millions d’habitants, représente une véritable manne pour cette industrie. Plusieurs laboratoires disposent déjà d’échanges très dynamiques avec ces pays. C’est le cas de Sothéma, qui a inauguré son unité de fabrication de médicament au Sénégal en 2013. Une enveloppe de 6,5 millions d’euros a été nécessaire pour monter l’usine qui s’étend sur 2 hectares. Ou encore Pharma 5, qui compte parmi les poids-lourds du secteur à l’international. Une performance qu’il doit au développement du SBB 40 anti-hépatite C 100 % marocain. Le groupe qui écoule ses produits dans 36 pays en Afrique, ambitionne s’attaquer à l’Afrique anglophone et l’Europe de l’Est.

Par ailleurs, un mémorandum d’entente a été signé, à l’occasion de la dernière tournée du Roi en Afrique, entre le gouvernement ivoirien et la société COOPER PHARMA Maroc pour la réalisation d’une unité industrielle de production de médicaments, en Côte d’Ivoire.

« Nous avons déjà obtenu les autorisations pour la Côte d’Ivoire, le Mali, le Gabon et le Sénégal », affirme Yasmine Lahlou-Filali. Le marché africain a une place centrale dans la stratégie de l’entreprise marocaine, qui espère porter de 20 % à 50 % la part des exportations dans son chiffre d’affaires. Pour conquérir ces marchés, Pharma 5 devrait d’ailleurs bientôt annoncer la construction d’une unité pharmaceutique dans un pays d’Afrique de l’Ouest. Le laboratoire marocain Laprophan réalise également de de bonnes performances dans les pays africains entend s’investir davantage dans les pays de l’Afrique de l’Est.

Soutien de l’Etat

L’ambition de l’industrie pharmaceutique marocaine s’inscrit dans la stratégie nationale pour renforcer les liens économiques entre le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne.

«Notre continent a besoin de se serrer les coudes pour pouvoir, à terme, atteindre l’autosuffisance dans bien de domaines. Pour y arriver, le ministère va accompagner les opérateurs du secteur qui souhaitent avoir une dimension panafricaine.», avait déclaré Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économique numérique, à l’occasion des Assises du médicament, organisé en 2016.

Ce secteur est appelé à connaitre une grande transformation, selon le ministre. Pour ce faire, à l’instar d’autres secteurs, l’industrie pharmaceutique s’est dotée d’une politique publique, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI), mise en place par le département de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique. Quatre écosystèmes sont concernés. Le développement des biotechnologies et bio-similaires, les essais cliniques, les médicaments et les dispositifs médicaux. Dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle (PAI), l’aide du Fonds Hassan II a été étendue au secteur des ICP. Ce Fonds accorde une contribution financière à hauteur de 15% du montant total de l’investissement, plafonnée à 30 millions de dirhams.

Ces deux dispositions viennent compléter les dispositifs du contrat-programme pour le développement du Secteur de l’industrie pharmaceutique 2013-2023, signé entre la tutelle et les industriels, lequel ambitionne porter, à l’horizon 2023, le CA à l’export à 16,6 MMDH. Il a pour principal objectif d’inverser la balance.

Par ailleurs, deux conventions de partenariat ont été signées dans le domaine de la santé, pour la mise en place de centres de prise en charge et d’insertion des enfants autistes et trisomiques, ainsi que la réalisation d’unités médicales d’hémodialyse, au Gabon.

Leila Ouazry / lnt.ma/

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