mercredi 20 mars 2019

Accueil / Bourse / L’inquiétude grandit à Wall Street

L’inquiétude grandit à Wall Street

L’inquiétude grandit à Wall Street

Incertitude grandissante sur la croissance, difficultés de lecture de la politique monétaire américaine et sourde menace sur la présidence même de la Réserve fédérale mettent, en cette fin d’année, les nerfs des marchés financiers à rude épreuve. Vendredi, Wall Street a encore terminé dans le rouge , l’indice Dow Jones reculant de 1,8 %. En une semaine, ce dernier a abandonné 6,87 % tandis que le Nasdaq a cédé 8,36 %. Du jamais-vu depuis la crise financière en 2008.

Avant la trêve de Noël, l’indice S & P 500 qui s’achemine vers un repli de plus 7 % cette année devrait signer le pire mois de décembre depuis 1931. Côté européen, le Stoxx 600 se dirige vers un repli annuel de l’ordre de 14 %. Le CAC 40 et le Footsie 100 accusent pour l’heure une baisse de 12 % sur l’ensemble de l’année, le Dax 30 ayant souffert plus encore (-18 %).

Tentative d’apaisement

Les explications de texte, vendredi, du numéro deux de la Réserve fédérale, John Williams, après le relèvement, la veille, des taux d’intérêt américains n’ont pas convaincu.

En une demi-heure d’interview sur CNBC, le patron de la Fed de New York a eu beau souligner à quel point la Fed était attentive à une large palette de données et qu’elle était prête à revoir sa copie à tout moment en fonction des conditions économiques, Wall Street est restée sourde au message d’apaisement.

Pour ne rien arranger, le président américain, Donald Trump, est venu une fois de plus créer la confusion. En début de semaine, il avait accusé la Fed d’être « folle » et « à côté de la plaque » en envisageant un nouveau tour de vis monétaire. Faisant fi de ses observations, la banque centrale américaine est passée à l’acte.

Fou de rage, Donald Trump aurait discuté en privé, selon Bloomberg et la chaîne CNN, de la possibilité de congédier Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale qu’il avait lui-même désigné. Donald Trump se serait informé auprès de ses conseillers sur la légalité d’une telle démarche.

Jerome Powell visé

La rumeur a été suffisante pour faire sortir du bois sur Twitter le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Dans un tweet, il a rapporté les propos du président après s’être entretenu avec lui. « Je suis en désaccord complet avec la politique de la Fed. Je pense que relever les taux d’intérêt […] est une chose absolument terrible à faire en ce moment, en particulier à la lumière de négociations commerciales importantes qui sont en cours, mais je n’ai jamais suggéré de congédier le président Jay Powell et je ne crois pas avoir le droit de le faire », aurait dit Trump.

Reste que le texte fondateur de la Réserve fédérale n’est guère explicite sur le sujet. Il fait référence à un éventuel départ anticipé des membres du comité à la discrétion du président, sans expliquer dans quelles circonstances exactes un tel départ pourrait intervenir.

En attendant, la dernière semaine de l’année pourrait encore être chahutée. Avec une administration américaine qui n’est plus en état de fonctionner correctement faute de crédit.

Richard Hiault
lesechos

Aller en haut