lundi 30 novembre 2020
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L’investissement étranger a un rôle essentiel à jouer dans la croissance économique de l’Afrique : nous devons faire ce que nous pouvons pour l’encourager (Par NJ Ayuk)

L’investissement étranger a un rôle essentiel à jouer dans la croissance économique de l’Afrique : nous devons faire ce que nous pouvons pour l’encourager (Par NJ Ayuk)

Par NJ Ayuk, président, Chambre africaine de l’énergie (www.EnergyChamber.org)

Malgré la pandémie de la COVID-19, toutes les nouvelles économiques en Afrique n’ont pas été négatives. Nous continuons de constater des développements prometteurs.

Regardez l’industrie pétrolière et gazière de l’Ouganda. À la suite de multiples découvertes de pétrole dans l’Albertine Graben, les investissements étrangers ont atteint près de 20 milliards de dollars. Les projets qui en résultent comprennent une raffinerie en cours de construction par la compagnie pétrolière nationale ougandaise en partenariat avec quatre entreprises italiennes et mauriciennes. Par le biais d’une autre coentreprise, en l’occurrence avec la Tanzania Petroleum Development Corp. et Total, la compagnie pétrolière nationale ougandaise construit aussi un pipeline de 1445 kilomètres vers le port maritime tanzanien de Tanga, qui représente de nombreuses opportunités de création d’emplois et de croissance économique.

Les découvertes pétrolières ont également abouti à de nouvelles activités de chaîne d’approvisionnement alimentaire, d’équipement et de logistique et au développement d’un aéroport dans le district de Hoima. Et le gouvernement envisage d’utiliser les revenus pétroliers pour stimuler d’autres secteurs, notamment l’agriculture, la santé et l’éducation. En raison de la croissance des entreprises liées au pétrole dans la région de Bunyoro, de nouvelles routes, centres de santé et écoles ont déjà été développés.

Et c’est l’un des nombreux exemples. Au Sénégal, le président Macky Sall a annoncé fin septembre que son pays était sur le point de connaître une croissance économique à deux chiffres, 13,7%, d’ici 2023, grâce au développement de nouveaux gisements de pétrole et de gaz. De plus, le Sénégal a récolté les fruits d’un partenariat de longue date avec l’Allemagne, qui a débouché sur un financement de plus d’un milliard d’euros, dont un soutien important aux petites centrales électriques et aux projets d’énergie renouvelable.

Les nouvelles sont également prometteuses au Rwanda, où les efforts du gouvernement pour attirer les investissements étrangers portent leurs fruits, y compris de plus en plus d’investissements par des entreprises turques. Le plus gros investissement de la Turquie au Rwanda, par Hakan Mining and Electricity Generation Inc., consiste à construire une centrale électrique de 80 mégawatts dans le sud du pays.

Ces événements encourageants ont un thème récurrent : grâce aux investissements étrangers et aux partenariats, ces pays africains exploitent stratégiquement leurs ressources pétrolières et gazières pour apporter des améliorations durables à leur population. Ils renforcent la croissance économique et répondent au besoin d’un accès généralisé à l’électricité.

L’Afrique a besoin de plus de cela.

C’est pourquoi la Chambre africaine de l’énergie travaille si dur pour renforcer l’activité d’investissement. C’est pourquoi nous avons créé cette année un comité sur les affaires réglementaires dans le but de rendre les pays africains plus compétitifs pour les investissements mondiaux. C’est pourquoi nous avons élaboré des directives de bon sens pour maintenir l’activité de production des compagnies pétrolières internationales (CPI) en Afrique pendant la pandémie. C’est pourquoi, en août, nous avons co-organisé le webinaire « Les relations économiques entre l’Allemagne et l’Afrique : faire des affaires après le COVID-19 » avec Eleni Giokos de CNN pour mobiliser davantage d’investissements allemands dans le secteur énergétique africain. Les investissements sont essentiels à la croissance économique de l’Afrique. Ils peuvent entraîner des transferts de technologie précieux entre les pays. Ils nous aident à lutter contre la pauvreté énergétique et aboutissent à des projets qui mènent à des revenus locaux, à des emplois, à des possibilités de formation et à l’esprit d’entreprise.

Nous abordons la valeur de l’activité d’investissement dans nos prochaines Perspectives énergétiques en Afrique 2021 (Africa Energy Outlook 2021). « Des investissements sont nécessaires pour convertir les ressources du sol en revenus et en valeur », indique ainsi notre rapport a paraître le 10 novembre prochain. « Les investissements représentent des emplois et des affaires pour une pléthore de fournisseurs de services sur les champs pétrolifères et constituent donc une mesure importante pour le niveau d’activité plus large de l’industrie pétrolière et gazière. »

Alors que ce rapport décrit des baisses généralisées des dépenses en capital dans l’industrie pétrolière et gazière du continent, il note qu’elles se produisent, principalement, à cause du COVID-19. Un rebond des investissements est possible après la pandémie, si les prix du pétrole dépassent les attentes actuelles.

Bien que nous ne puissions pas faire grand-chose pour influencer les prix du pétrole, il y a des mesures tangibles que les pays africains peuvent et devraient prendre pour augmenter les chances d’investissements indispensables dans leurs projets énergétiques. Il s’agit notamment de travailler à une plus grande transparence, d’adopter une législation qui protège le caractère sacré des contrats et de mettre en œuvre des régimes fiscaux plus compétitifs. Nous devons travailler sur ces mesures maintenant. C’est ainsi que nous ferons une différence durable en Afrique. C’est ainsi que nous donnerons aux gens les moyens de développer les compétences nécessaires pour décrocher des emplois bien rémunérés. C’est ainsi que nous allons promouvoir la stabilité.

La réglementation des changes de la CEMAC tue l’emploi et l’investissement

La réglementation des changes de la BEAC, dont une nouvelle taxe qui doit entrer en vigueur en janvier 2021, est un exemple classique de ce que nous ne devrions pas faire en Afrique. Les bureaucrates n’écoutent pas parce qu’ils sont à l’aise avec l’argent des contribuables et tuent les entreprises et les investissements.

Si les bureaucrates de la BEAC, du FMI et de la Banque mondiale veulent vraiment dire ce qu’ils disent pour aider l’Afrique et les pays de la CEMAC à se remettre de la Covid 19, ne devraient-ils pas écouter ce que les dirigeants d’entreprise ont à dire sur la création d’emplois ? Après tout, les entreprises emploient 80% de la main-d’œuvre du secteur privé de la région et représentent plus de 99% de ses employeurs.

Lorsque plus des deux tiers des créateurs d’emplois, en particulier les entreprises du secteur de l’énergie, nous disent comment créer des emplois dans une économie qui en a désespérément besoin, les bureaucrates et les politiciens ne doivent pas seulement écouter, ils doivent faire quelque chose ou s’écarter et laisser les affaires fonctionner. L’Afrique ne doit pas se concentrer sur l’aide au développement en échange de réglementations qui détruisent les emplois et les investissements. Nous pouvons faire mieux que cela. Les marchés libres, le gouvernement limité, la réduction des formalités administratives et la liberté individuelle sont toujours un bien meilleur pari que de demander des renflouements et de l’aide étrangère.

Les investissements nous permettent d’adresser nos plus grands besoins

La lutte contre la précarité énergétique est un domaine dans lequel les investisseurs peuvent avoir un impact considérable. Le besoin est criant. À l’heure actuelle, environ 595 millions de personnes en Afrique subsaharienne, soit 55% de la population de la région, n’ont pas accès à l’électricité. La vice-présidente de la Banque mondiale, Rachel Kyte, a bien résumé le problème lorsqu’elle a déclaré que l’accès à l’énergie est fondamental dans la lutte contre la pauvreté. « C’est l’énergie qui allume la lampe qui vous permet de faire vos devoirs, qui maintient la chaleur dans un hôpital, qui éclaire les petites entreprises où la plupart des gens travaillent », dit-elle. « Sans énergie, il n’y a pas de croissance économique, il n’y a pas de dynamisme et il n’y a pas d’opportunité. »

C’est là que les CPI peuvent vraiment faire la différence, et ce sur plusieurs fronts. En investissant dans des projets pétroliers et gaziers, elles créent des opportunités de revenus qui peuvent être canalisées vers des infrastructures énergétiques nouvelles et améliorées. Et, en participant à des projets de gaz naturel en amont, en intermédiaire et en aval, les investisseurs contribuent à créer une voie pour de précieux projets de production de gaz à l’électricité.

Nous avons besoins d’investisseurs pour monétiser notre gaz

Pendant des années, lorsque j’ai appelé à exploiter stratégiquement les ressources pétrolières de l’Afrique pour apporter la prospérité et la stabilité aux Africains, j’ai discuté de l’importance de monétiser nos vastes ressources en gaz naturel. Au lieu de brûler du gaz ou d’exporter tout le gaz, les pays africains devraient l’utiliser pour diversifier leurs économies et établir de nouvelles sources de revenus, de la fabrication de produits pétrochimiques et d’engrais aux usines de gaz naturel liquéfié (GNL). En partenariat avec des investisseurs étrangers, davantage de pays africains pourraient construire des infrastructures intermédiaires et en aval, des pipelines et des ports aux raffineries. Chacun de ces projets, à son tour, générerait plus de revenus et ouvrirait la porte à des efforts de diversification encore plus importants. Les investisseurs jouent un rôle important dans ce processus. Non seulement pourraient-ils établir des partenariats avec les pays sur le développement des infrastructures, mais en investissant dans le renforcement des capacités et le contenu local, ils pourraient permettre aux individus et aux entreprises de se qualifier pour les emplois et les opportunités de contrat qui en découlent. Cela créera une monétisation qui profitera vraiment aux économies locales.

Les transferts de connaissances contribuent à la croissance à long terme

Non seulement le continent a besoin d’investissements étrangers permanents, mais il a également besoin des connaissances techniques et de l’expertise que la communauté internationale des affaires peut fournir. Les transferts de connaissances permettent aux entreprises locales – y compris les fournisseurs de l’industrie pétrolière et gazière, les entreprises de services et les entreprises pétrolières et gazières locales – de cultiver les compétences et les technologies nécessaires pour prospérer dans un secteur en constante évolution.

De plus, le partage des connaissances joue un rôle précieux en éliminant le besoin d’aide étrangère. Nous nous rendons compte que, avec la pandémie du COVID-19 qui ravage les économies africaines, on parle de plus en plus de programmes d’aide pour répondre aux besoins de base. Et si les dons et l’aide sont appréciés et précieux lors de crises comme celle que nous vivons actuellement, ils ne peuvent que servir de filet de sécurité temporaire. Plutôt que de faire des choses « pour aider les Africains », j’aimerais voir davantage de gouvernements et d’entreprises étrangers s’associer à des pays africains pour apporter des changements durables pour le mieux. Équiper les pays africains pour qu’ils prospèrent est un moyen très efficace d’y parvenir. Les transferts de connaissances contribuent à des économies plus fortes, à une activité entrepreneuriale accrue et à la création d’emplois.

Comment nous y parviendrons

Il ne fait aucun doute que les investissements étrangers sont bénéfiques et nécessaires pour les pays africains. Mais pour ce qui est d’attirer les investissements des CPI, nous n’en sommes pas encore là où nous devons être.

Alors, comment pouvons-nous encourager plus d’investissements, maintenant et après la pandémie ? Comme je l’ai dit, les pays africains doivent s’employer à créer un environnement favorable.

Pour faciliter les affaires avec leurs pays, les dirigeants gouvernementaux devraient examiner leurs cadres fiscaux afin que les investisseurs puissent être sûrs que leur travail acharné produira des dividendes équitables. Ils devraient chercher des moyens d’éliminer la bureaucratie, de mettre en œuvre de meilleurs régimes fiscaux et d’assurer la transparence. Et tandis que les pays devraient mettre en place des politiques de contenu local au profit des particuliers dans les entreprises, ils devraient s’efforcer de créer des politiques équitables et non contraignantes pour les CPI. De plus, les gouvernements doivent adopter une législation garantissant le caractère sacré des contrats afin que les investisseurs sachent que leurs accords seront respectés.

Parallèlement à ces efforts, les promoteurs et les propriétaires de projets pétroliers et gaziers ont leur propre rôle à jouer pour attirer les investisseurs. Il est devenu de plus en plus important pour les projets pétroliers et gaziers d’adopter des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) solides. Bien que ceux-ci varient selon les projets, des exemples pourraient inclure la réduction des émissions de carbone et l’efficacité énergétique opérationnelle dans le domaine de l’environnement. Les normes sociales pourraient inclure des mesures de santé et de sécurité et des relations avec les fournisseurs locaux et les entreprises de services. Des exemples de politiques de gouvernance pourraient inclure la diversité du leadership et la transparence des rapports. Les investisseurs envisagent l’ESG et les développeurs de projets doivent faire de même.

Les opportunités d’investissement étranger joueront un rôle important dans le soutien de la croissance économique et l’élimination de la pauvreté énergétique en Afrique pour les années à venir. C’est pourquoi la Chambre africaine de l’énergie continuera d’œuvrer pour aider les pays africains à devenir plus attractifs pour les investisseurs et à sensibiliser les investisseurs potentiels aux nombreuses opportunités que leur offre l’Afrique. Cela vaut un autre type d’investissement de notre part en tant qu’Africains, des investissements en temps et en efforts.

Le résultat final ? Des développements plus prometteurs comme ceux qui émergent au Sénégal, au Rwanda et en Ouganda. Des pays africains économiquement dynamiques. Des ménages et entrepreneurs africains prospères. De la croissance et de l’espoir.

Distribué par APO Group pour African Energy Chamber.

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