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L’invité surprise du mois d’août est là pour le dessert… et ce n’est pas Trump

L’invité surprise du mois d’août est là pour le dessert… et ce n’est pas Trump

Si ce mardi s’annonce encore léger sur le plan des entreprises, on attend une seule statistique en Europe. Elle pourrait avoir son importance pour l’évolution de la parité euro-dollar, qui s’annonce comme le grand indicateur de la tendance de cette semaine en Bourse.

Donald Trump ? Non, pour une fois, on s’en passera un peu. D’ailleurs, il a été beaucoup moins prolifique en matière de tweets depuis ces derniers jours, sauf peut-être hier pour soutenir l’engagement des Etats-Unis à combattre le terrorisme en Afghanistan. Les résultats d’entreprises ? Pas plus, la saison étant maintenant terminée aux Etats-Unis et les quelques publications résiduelles au sein du Cac 40 ne sont pas programmées avant la semaine prochaine. Le pétrole ? Pas vraiment non plus, même si le brut a fini en baisse de 2% hier à New York, sur fond de montée en puissance de la production aux Etats-Unis. Le prochain rendez-vous sur ce plan est fixé à demain à 16h30 avec les statistiques hebdomadaires de stocks américains. Et encore, elles n’ont plus du tout le même impact en Bourse qu’il y a quelques mois.

Un euro « critique » à 1,20 dollar

Alors, avec le colloque économique de Jackson Hole qui se profile du 24 au 26 août, c’est la parité euro-dollar qui va revenir pleinement sur le devant de la scène. C’est déjà elle qui, avec Trump, était venue dicter la tendance en Europe au cours des dernières semaines. Ne serait-ce qu’hier, la devise européenne est doucement revenue au-dessus du seuil de 1,18 dollar, à partir de 1,1758 en tout début de matinée. Elle était encore sous la barre de 1,12 dollar le 26 juillet dernier, avant un plus haut de plus de 1,19 dollar le 2 août. Elle s’établit à 1,1791 dollar ce matin. Toute poussée du billet vert est synonyme de reflux en Europe car il pèse sur les grands exportateurs, secteur de l’aéronautique en tête. Et, depuis le début de l’année, l’euro a déjà repris plus de 12%. Ce n’est pas de bon augure pour les résultats des entreprises du Vieux continent aux troisième et quatrième trimestres si le mouvement se poursuit. D’autant que le seuil considéré comme critique de 1,20 dollar est proche.

Le phénomène n’a pas échappé, bien entendu, aux responsables de la Banque centrale européenne, qui se sont « inquiétés », dans leur dernier compte-rendu de politique monétaire, de tout emballement de l’euro en cas de resserrement des taux directeurs. C’est dans ce contexte que toute déclaration en provenance de Jackson Hole sera surveillée de près, Janet Yellen, présidente de la Fed, n’intervenant cependant que peu de temps avant la clôture des places européennes vendredi et Mario Draghi, son homologue de la BCE, dont on n’attend d’ailleurs rien de déterminant, plus tard dans la soirée.

« A ce stade, pas d’impact sur les entreprises »

« La BCE a beau garder un ton accommodant, vu la faiblesse de l’inflation, toujours bien inférieure à la cible, il n’empêche que l’anticipation de la fin du QE (en 2018), puis de la fin des taux négatifs (en 2019) contribue à soutenir l’euro, s’exprimait en début de semaine le cabinet Oddo BHF. (…) A ce stade, l’euro n’a pas d’impact négatif sur l’activité ou la confiance des entreprises. Il n’y a d’ailleurs pas de relation bien établie entre la confiance des entreprises et le niveau de l’euro. » On surveillera quand même l’indice ZEW du sentiment économique tel que perçu par les analystes en Allemagne et dans la zone euro ce matin à 11 heures. Ce sera le seul vrai rendez-vous du jour.

A une demi-heure de l’ouverture, le contrat future Cac 40 s’inscrit en progression symbolique de 20 points. Hier, Wall Street est restée très sage, les indices finissant non loin de leurs niveaux de clôture de la veille. En Asie, le Nikkei 225 a terminé en infime repli.

DENIS LANTOINE
lesechos

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