Accueil / Tic & Telecoms / L’irrésistible ascension de Sundar Pichai

L’irrésistible ascension de Sundar Pichai

L’irrésistible ascension de Sundar Pichai

La nouvelle organisation couronne ce cadre très convoité de Google.

Le nouveau directeur général de Google est l’homme à qui rien ne résiste. Sa trajectoire est linéaire depuis son arrivée chez le géant américain, il y a plus de dix ans, et même depuis sa naissance en Inde, il y a quarante-trois ans. Issu d’une famille modeste de Chennai (ex-Madras), il a tiré son goût pour la technologie du travail de son père, ingénieur électrique chez GEC, le conglomérat britannique. Elève brillant, il est accepté à Stanford. Ses parents dépensent toutes leurs économies pour financer son billet d’avion et son installation. Ils ne le regretteront pas.

Car si le jeune Sundar Pichai prend des risques en rejoignant Applied Materials, un fabricant de semi-conducteurs de la Silicon Valley, avant même la fin des ses études, il reprend et achève néanmoins un MBA. Puis il part chez Mc Kinsey, avant d’être repéré par Google. Lors de son arrivée chez le géant, il travaille sur la barre d’outils Google, qui est alors intégrée aux navigateurs Internet Explorer et Firefox, pour faciliter l’accès au moteur de recherche. Très vite, il propose à ses supérieurs de créer ex nihilo un nouveau navigateur. Chrome vient de naître, Page et Brin sont séduits par l’audace de leur étoile montante.

Un homme à garder

L’ascension de Chrome sera celle de Pichai : le navigateur, bien aidé certes par une campagne de communication sans précédent, grignote peu à peu des parts de marché et s’impose comme le leader incontesté du secteur. Pichai gagne ses galons, se rapproche de Larry Page et impose sa marque de fabrique : des produits qui fonctionnent bien, proches des consommateurs. Avec Chromebook, il lance Google sur le chemin des systèmes d’exploitation pour PC, puis crée Chromecast, une clef pour lire des contenus sur la télévision… Lorsque Andy Rubin, le patron d’Android, quitte Google, Pichai prend la tête de l’entité et devient « Monsieur Mobile » chez Google. Il accélère alors la révolution mobile, rencontre tous les grands patrons de la tech, de Samsung à Microsoft… et attire l’attention. En 2011, déjà, Twitter avait tenté de le recruter. Microsoft se serait aussi intéressé à lui afin de remplacer Steve Ballmer… Larry Page voulait donc s’assurer que son protégé – et ses secrets de fabrication – n’iraient pas renforcer la concurrence. La rumeur veut même que la réorganisation de Google ait été construite sur mesure pour lui, certains l’envoyant de nouveau chez Twitter ces derniers jours…

Etape logique dans son ascension, cette promotion, accueillie sobrement par l’intéressé avec un « merci » sur Twitter, comprend pourtant des écueils. Ce fana de produits va notamment devoir monter au front face aux multiples feux cernant Google (sur la concurrence, la vie privée…) Mais il est aussi un fin diplomate, apprécié par l’ensemble du secteur.

Nicolas Rauline / Journaliste
lesechos.fr

Aller en haut