lundi 21 octobre 2019
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Lithium: le futur contrat du LME fait des remous dans les salars

Lithium: le futur contrat du LME fait des remous dans les salars

Quel prix pour le lithium ? Le marché grandissant de ce métal blanc est tout sauf transparent. Pour y remédier, la bourse des métaux de Londres vient de faire des annonces sur un futur contrat, mais il est loin de faire l’unanimité.

Il y a des remous dans les salars de lithium ! À Santiago, la capitale du Chili, pays qui abrite les plus grandes réserves de ce métal blanc, se tient depuis deux jours une conférence consacrée au lithium et à cette occasion le London Metal Exchange, la Bourse londonienne des métaux, a donné des précisions sur un futur contrat dédié au lithium. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces annonces du LME n’ont pas fait que des heureux.

Pour les utilisateurs et les investisseurs

Il y a pourtant une vraie demande de transparence sur les prix du lithium. Depuis qu’il est sorti d’un usage confidentiel, dans la verrerie, pour devenir le métal des véhicules du futur, il est convoité par les fabricants de batteries et les constructeurs automobiles. Tous ces utilisateurs veulent avoir une visibilité sur le coût de leur approvisionnement, pour s’arbitrer, gérer leurs risques. Difficile quand il n’y a pas de prix de marché reconnu par tous, comme il y en a pour le cuivre. La seule information publique existante, est celle, mensuelle, des douanes chinoises, mais sans distinction des qualités de lithium, ni d’indication sur la date du contrat. Et Pékin a suspendu cette publication en avril…
Difficile aussi dans ces conditions de décider les banques, les investisseurs, à s’engouffrer dans ce marché.

Hostilité des grands producteurs miniers

Pourtant le nouveau contrat de la bourse londonienne des métaux est très controversé. D’abord sur le choix qu’a fait le LME de son prestataire : Fastmarkets, anciennement Metal Bulletin, est une agence d’information sur les prix qui a un large spectre de matières premières, mais qui n’est pas spécialisée dans le lithium.
Surtout les grands producteurs miniers sont plus que réticents à abandonner l’opacité de leurs contrats à long terme, pour s’aligner sur une cotation en temps réel. D’autant que cette cotation s’est effondrée, le carbonate de lithium a perdu plus de la moitié de sa valeur en un an. Malgré les perspectives florissantes à moyen et long terme pour le lithium, la demande à court terme s’est calmée, la substitution partielle par le nickel avance. Et l’offre minière de lithium a explosé en quelques mois. Il y a même une surproduction actuellement.

Pas une commodité ?

Le numéro un mondial, Albermarle, a tout de suite annoncé la couleur à Santiago : il ne participera pas au contrat du LME, il ne fournira pas d’informations sur les prix. L’argument du géant américain ? Le lithium est un composant chimique, et pas selon lui, une commodité.

Claire Fages

rfi

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